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Le coordinateur national de LFI prône «une police de proximité», estimant qu’un armement accru ne permet pas de réduire la délinquance.
Passer la publicité Passer la publicitéUne police municipale sans armes. C’est la nouvelle mesure du maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard a défendu, ce vendredi matin sur France Info, cette décision, prônant un désarmement progressif.
« Ce n’est pas parce que la police est plus armée qu’il y a moins de délinquance », a-t-il affirmé, plaidant pour une approche centrée sur «une police de proximité» visant à « rétablir le lien entre la police et les citoyens ». Le député insoumis nuance : «une police municipale ne doit pas se substituer à une police nationale». Et d’ajouter, avec ironie: « Sinon, vous n’avez qu’à donner des chars d’assaut à la police municipale. »
Manuel Bompard insiste sur une méthode progressive. «Le maire s’inscrit dans une démarche progressiste. C’est une première étape», a-t-il expliqué, précisant qu’une évaluation des équipements serait menée «pour déterminer ceux qui sont pertinents» dans le cadre d’une concertation. «Il ne s’agit pas d’imposer, mais de discuter», a-t-il souligné.
«Une urgence sociale»
Mercredi, Bally Bagayoko a détaillé sa ligne en matière de sécurité, évoquant un désarmement prioritairement ciblé sur les lanceurs de balles de défense (LBD), jugés «très peu contrôlables et aux conséquences parfois dramatiques». Concernant les armes à feu, l’édile se montre plus prudent, évoquant un processus graduel fondé sur l’élaboration d’une «doctrine».
Présentée comme relevant d’une « urgence sociale », cette orientation suscite néanmoins de vives réactions: près des deux tiers des policiers municipaux de la commune envisageraient de demander leur mutation. Par ailleurs, selon les données du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), publiées ce jeudi, les faits de délinquance enregistrés à Saint-Denis, demeurent bien supérieurs à la moyenne nationale, et même à celle de la Seine-Saint-Denis. En 2025, le taux de narcotrafic y atteint par exemple 4,6 pour mille habitants (684 faits recensés), soit près de six fois la moyenne nationale et deux fois celle du département.


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