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Des voyants rouges s’allument pour les PME du Québec

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Malgré leur importance dans le tissu économique de la province, des voyants rouges s’allument sur le tableau de bord des petites et moyennes entreprises québécoises (PME). Une étude dresse le constat d’un « métabolisme économique » plus lent pour les PME du Québec, qui se traduit par un renouvellement entrepreneurial au ralenti, une transition technologique difficile et un faible repreneuriat.

Réalisé par la firme Illo pour le compte de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ce portrait des PME du Québec révèle que ce type de sociétés compte pour 48 % du PIB de la province. On y apprend aussi que les PME forment 98 % des entreprises du Québec et fournissent 52,8 % des emplois, contre 24,1 % pour le secteur public et 23,6 % pour les grandes entreprises.

Mais derrière ces chiffres flatteurs, des voyants rouges s’allument, selon Audrey Azoulay, autrice principale du rapport.

L’économiste souligne entre autres un ralentissement du renouvellement entrepreneurial, en pointant le taux de création d’entreprises plus faible au Québec (1,3 %) qu’au Canada (1,7 %). « Quand on compare avec les autres provinces, ça bouge moins au Québec. On peut parfois l’associer à l’idée que les entreprises au Québec sont plus établies, plus stables, et que c’est une bonne chose dans une certaine mesure. Mais il faut aussi que l’économie s’adapte à toutes sortes de changements, qui passent par la création de nouvelles entreprises et la fermeture d’entreprises qui peut-être n’ont plus leur place », illustre Mme Azoulay.

L’étude constate également la diminution du nombre de travailleurs autonomes dans la province, de l’ordre de 5 % sur une décennie. « C’est un bassin de travailleurs qui offre une certaine flexibilité du fait de leur mobilité, etc. C’est aussi potentiellement des futurs employeurs, des futurs investisseurs », se désole l’économiste.

Virage technologique

Le rapport révèle également un décalage entre petites et moyennes entreprises quant au virage technologique. Plus de la moitié (57,6 %) des entreprises de 50 employés et plus ont investi dans les technologies d’automatisation au cours des trois dernières années, contre seulement 26,7 % pour les entreprises de 4 à 19 employés.

« Tous les entrepreneurs savent qu’avoir des équipements plus modernes qui facilitent le travail ou permettent d’avoir des produits de meilleure qualité, c’est bien pour leur business. Mais dans le choix d’investir ou pas, il y a toutes sortes de contraintes », indique Audrey Azoulay, qui précise que petites et grandes entreprises n’ont pas la même capacité d’y répondre.

L’analyse revient également sur l’enjeu de la relève entrepreneuriale et du repreneuriat. En 2022, un sondage de la FCEI montrait que 58 % des entrepreneurs de la province prévoyaient quitter leur entreprise d’ici cinq ans. Parmi eux, le cinquième (21 %) anticipait devoir mettre la clé sous la porte, faute de successeur.

« C’est une perte sèche d’actifs économiques, prévient Mme Azoulay à propos de la fermeture d’entreprises sans repreneur. Ç’a un impact direct sur l’emploi, sur le dynamisme local. C’est très important d’être d’avoir une planification à long terme pour faire les évaluations nécessaires et éviter une perte d’actifs dans les régions où l’économie locale pourrait être touchée. »

Malgré tout, l’économiste refuse de voir ces indicateurs comme des « signaux d’alarme », mais les considère plutôt comme des avertissements. « Regardons-les dès maintenant et non lorsqu’on aura vraiment perdu en termes de dynamisme entrepreneurial. On a tout intérêt à prendre en main ces réalités le plus tôt possible. »

Pour François Vincent, vice-président québécois de la FCEI, ces maux demandent un double remède : un allègement du fardeau fiscal des PME et une simplification de la bureaucratie. « Le changement qu’on demande de la part du gouvernement du Québec, c’est d’appuyer le contexte d’affaires en réduisant les barrières pour les petites entreprises et en les aidant à se concentrer sur ce qu’elles font de mieux, c’est-à-dire créer de l’emploi et de la richesse à travers le Québec. »

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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