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Des villes québécoises certifiées «amies des oiseaux»

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La ville de Mont-Saint-Hilaire vient d’obtenir la certification Ville amie des oiseaux octroyée par Nature Canada, à l’instar de quatre municipalités ontariennes, dont Ottawa. Elle devient ainsi la cinquième ville du Québec, après Saint-Laurent, Gatineau, Dorval et Hudson, à recevoir cette mention qui reconnaît les efforts déployés par une ville pour protéger la faune aviaire. À ce jour, 41 municipalités canadiennes ont décroché cette attestation.

Créée pour faire face au déclin des populations aviaires d’Amérique du Nord, qui ont chuté de plus de 25 % au cours des 50 dernières années — « on compte aujourd’hui trois milliards d’oiseaux en moins qu’il y a 50 ans » —, cette certification vise à inciter les municipalités à adopter des mesures visant à réduire les menaces qui pèsent sur les oiseaux et à préserver les habitats qu’ils fréquentent, voire à les restaurer. En protégeant les oiseaux, on soutient ainsi les rôles essentiels qu’ils jouent dans les écosystèmes : pour la pollinisation, la dispersion des graines, le contrôle des espèces nuisibles (insectes ravageurs et rongeurs), le nettoyage de l’environnement (charognards qui se nourrissent de carcasses susceptibles de répandre des maladies), fait valoir Nature Canada.

Parmi les principales menaces visées par la certification figure la prédation par les chats, qui sont responsables de la mort de 100 à 350 millions d’oiseaux annuellement au Canada, dont 59 % par des chats errants et 17 % par des chats domestiques en milieu urbain.

Par ailleurs, on estime que de 25 à 42 millions d’oiseaux meurent chaque année au pays, voire près de 70 000 par jour en période de migration saisonnière, après avoir percuté des surfaces vitrées (fenêtres de résidences, de grands bâtiments, de garde-fous, etc.).

La destruction et la contamination — par des pesticides — d’habitats propices à la survie et à la reproduction des espèces ailées en raison de l’urbanisation contribuent également au déclin de cette faune.

La ville de Mont-Saint-Hilaire est devenue Ville amie des oiseaux en grande partie parce que plus de 42 % de son territoire fait l’objet de mesures de protection. « Il y a bien sûr la réserve naturelle Gault [propriété de l’Université McGill depuis 1958], sur la montagne, qui est également reconnue par le fédéral depuis 1960 comme refuge d’oiseaux migrateurs, mais la montagne ne compte que pour la moitié des habitats qu’on protège. L’autre moitié se compose notamment de propriétés acquises par la municipalité avec notre partenaire Connexion Nature, [tout autour de la montagne qui ont été aménagées en zones tampons]. Chaque propriété acquise est grevée d’une servitude qui assure la protection des habitats des oiseaux à perpétuité et qui ne pourra pas être changée par exemple par un règlement municipal. [D’autres espaces sont soumis à] des règlements municipaux qui visent à protéger les habitats, etc. », fait valoir Marc-André Guertin, qui a été élu maire de la municipalité pour son projet de « transition socioécologique ».

Par exemple, Mont-Saint-Hilaire a adopté un règlement municipal qui encadre le ramonage des cheminées des résidences dans le but de protéger le martinet ramoneur, une espèce en péril qui niche dans les cheminées en pierre ou en brique. Cet oiseau qui consomme plus de 1000 insectes par jour ne pose « aucun risque d’incendie dans les cheminées où il a élu domicile ». « On encadre les périodes où les résidants peuvent ramoner leur cheminée. On accompagne aussi ceux qui rénovent leur toiture ou leur cheminée afin qu’ils puissent le faire tout en protégeant l’habitat du martinet ramoneur », souligne M. Guertin.

Un autre règlement rappelle qu’il faut éviter d’utiliser des pesticides, d’autres encore encadrent la coupe du bois et le type d’habitation qu’on peut aménager. « Chaque année, Mont-Saint-Hilaire réduit un peu plus les superficies fauchées de ses terrains pour promouvoir des habitats [propices à la faune ailée] », ajoute-t-il.

Un règlement interdit les chats errants : ainsi, tout chat qui se trouve à l’extérieur du terrain de son propriétaire doit être tenu en laisse. « On invite nos concitoyens à penser au bien-être de leurs animaux domestiques, et à les garder à l’intérieur, car il y a des pékans [à Mont-Saint-Hilaire]. Or, on sait que ces animaux peuvent manger des chats. », affirme M. le maire, tout en précisant qu’il s’agit de « la mesure la plus épineuse, celle qui crée le plus de controverse ».

Comme le recommande le programme de certification, la Ville a mis sur pied, avec la Société d’ornithologie de la Vallée du Richelieu et Connexion Nature, des projets de science citoyenne, où l’on invite les citoyens à faire des inventaires des oiseaux qu’ils observent. « Ces observations nous fournissent une connaissance toujours mise à jour qui oriente nos efforts de protection », fait remarquer M. Guertin.

Près de 200 espèces d’oiseaux fréquentent cette région de la Montérégie à un moment ou l’autre de l’année, parmi lesquels le faucon pèlerin, l’engoulevent d’Amérique, l’engoulevent bois-pourri, le merlebleu de l’Est, la paruline noir et blanc et l’urubu à tête rouge.

Toutes ces mesures de conservation adoptées par la Ville de Mont-Saint-Hilaire lui ont valu le niveau de certification le plus élevé, souligne avec fierté le maire.

L’arrondissement de Saint-Laurent a pour sa part décroché la certification Ville amie des oiseaux en mars 2025. Il est ainsi devenu le premier arrondissement de la Ville de Montréal à se doter de règlements visant spécifiquement à protéger les populations d’oiseaux qui fréquentent ce quartier pourtant très urbain, puisque 70 % du territoire est consacré à des activités industrielles et commerciales (qui forment le deuxième technoparc industriel du Québec). Néanmoins, Saint-Laurent comprend plusieurs milieux naturels, boisés et parcs que fréquentent plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs et résidents, dont six à statut précaire (l’hirondelle rustique, le martinet ramoneur, la grive des bois, le petit chevalier, le pioui de l’Est, le quiscale rouilleux). Des rapaces, tels que l’épervier de Cooper, la petite nyctale, le faucon émerillon, la buse à épaulettes et la chouette rayée, ainsi que cinq espèces de pics-bois ont aussi été observés dans l’arrondissement. Des ornithologues amateurs ont également signalé la présence de la bécasse d’Amérique dans le Technoparc de Montréal, qui est « l’un des meilleurs endroits de la province pour observer la parade nuptiale du mâle à la brunante au début du mois d’avril », relate Marc-Olivier Fritsch, responsable des communications de l’arrondissement.

Saint-Laurent a pu recevoir le titre de Ville amie des oiseaux grâce à l’instauration de diverses mesures. L’arrondissement a adopté un règlement visant à réduire les collisions d’oiseaux avec les surfaces vitrées des bâtiments. « Le verre transparent est interdit pour les garde-fous, seul un verre opaque, givré, fritté ou comprenant des marqueurs visuels peut être utilisé. »

La municipalité a également mis en application un règlement qui « encadre et limite la pollution lumineuse sur le domaine privé (industries, commerces, grandes constructions résidentielles) ». Et 90 % de l’éclairage du domaine public a été converti en diode électroluminescente (DEL).

On a installé des nichoirs et des perchoirs dans certains parcs et espaces verts. On interdit l’usage des pesticides de synthèse et on promeut la plantation de plantes indigènes. « On adapte les interventions, telles que la tonte et la gestion des parcs et milieux naturels, afin d’éviter de perturber la nidification » de certaines espèces d’oiseaux.

On a amélioré la connectivité entre les espaces naturels, comme le boisé du parc Marcel-Laurin, le boisé Cavendish–Raymond-Lasnier–Beaulac–Poirier, les parcs-nature du Bois-de-Liesse et du Bois-de-Saraguay, ainsi que le ruisseau Brook, afin de créer un « corridor de biodiversité » qui permet le déplacement de la faune, la flore.

Cette municipalité sait qu’il était vital de procéder à de tels encadrements pour protéger la riche faune ailée qu’elle héberge étant donné l’implantation de cinq stations du REM, qui s’est accompagnée d’importants ensembles immobiliers. Elle devra donc redoubler d’ardeur pour conserver sa certification, qui est réévaluée périodiquement par Nature Canada.

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