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Des universitaires contre le projet de terminal gazier à Baie-Comeau

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En ce début de campagne électorale provinciale, trente universitaires publient une lettre ouverte dans La Presse pour s’opposer au projet de Marinvest, qui se nomme maintenant Kino Aski GNL. Les signataires sont d’avis que le projet est incompatible avec la science climatique et les trajectoires de réduction des gaz à effet de serre.

L’entreprise, qui a formé un partenariat avec la Nation atikamekw, souhaite construire un terminal gazier à Baie-Comeau visant l’exportation de gaz naturel vers l’Europe. Le projet inclurait la construction d’un gazoduc de plusieurs centaines de kilomètres sur le territoire québécois.

Le Québec a déjà conclu, après des années d’analyses, que ce type de projet ne répond pas aux impératifs climatiques. Rien, dans la version actuelle, ne modifie ce constat.

Un des cosignataires de la lettre, le professeur à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM Éric Pineault, explique que le projet implique une augmentation de l’extraction de gaz par fracturation hydraulique dans l’Ouest canadien. Une technique très polluante, selon le professeur qui s’inquiète aussi que l’hydroélectricité de la province serve à alimenter le projet.

Éric Pineault indique que cette énergie pourrait plutôt permettre de décarboner le transport et les industries du Québec. On s'en sert pour exporter des énergies fossiles. C'est un non-sens complet, lance-t-il.

Éric Pineault devant sa bibliothèque.

Éric Pineault est professeur au Département de sociologie à l'Institut des sciences de l’environnement de l'UQAM.

Photo : Gracieuseté Éric Pineault

Le professeur ne croit pas non plus que le projet servirait le développement économique de la région, puisque le nombre d’emplois créé serait négligeable, selon lui.

Il met en garde contre les risques financiers pour la Nation atikamekw qui pourrait, selon lui, se retrouver propriétaire d’infrastructures terrestres dévaluées, pendant que les partenaires étrangers exploitent des usines flottantes mobiles.

On parle de trois structures de 25 étages de 500 mètres de long et de 80 mètres de haut par-dessus l'eau, lance le professeur en précisant que cela changerait considérablement le paysage de la baie des Anglais.

La chercheuse principale à Chaire de gestion du secteur de l’énergie du HEC Montréal Johanne Whitmore, qui est aussi cosignataire de la lettre, admet que la société aura encore besoin d’énergies fossiles comme le pétrole pendant plusieurs années. Cependant, ne construisons pas de nouvelles infrastructures qui vont rendre notre économie dépendante à ce modèle désuet, s’exclame-t-elle.

Oui, l’économie, mais pas au détriment de la santé de notre collectivité et de la planète.

Les candidats locaux appelés à se positionner

Le candidat pour Québec solidaire dans René-Lévesque, Philippe C. Boudreau, estime également que le projet ne tient pas la route. On ne devrait même pas prendre le temps de l’étudier, on gaspille du temps et de l’argent à étudier ce genre de projet qu’on sait être inacceptable dès le départ , s’exclame-t-il.

Philippe C. Boudreau sourit devant la caméra

Le candidat pour Québec solidaire dans René-Lévesque, Philippe C. Boudreau s'oppose au projet de Kino Aski GNL.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

De son côté, la candidate du Parti québécois, Odette Lavigne, explique que son parti est ouvert à l'analyse de tout projet énergétique.

[­­­...] À l’heure actuelle, le projet demeure embryonnaire et incomplet à plusieurs égards. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas été convaincus par les promoteurs [...], affirme Odette Lavigne dans une déclaration écrite.

De son côté, le député sortant et candidat pour la Coalition Avenir Québec, Yves Montigny, n’a pas donné suite à notre demande. En février, il avait déclaré que le projet méritait d’être écouté.

Le PCQ et le PLQ, quant à eux, n'ont pas encore annoncé officiellement de candidat dans la circonscription de René-Lévesque.

De son côté, l’entreprise Kino Aski GNL explique ne pas avoir de nouveaux éléments à communiquer à ce stade-ci. Elle assure que le projet suivra l’ensemble des processus réglementaires applicables, et que de nouvelles informations seront communiquées au fur et à mesure que le projet franchira les étapes de ces processus.

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