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À l’occasion d’Octobre rose, le mois de sensibilisation au cancer du sein, trois Fransaskoises installées à Regina et Saskatoon témoignent de leur parcours de guérison face à cette maladie. Elles racontent leurs difficultés, leurs inquiétudes, mais aussi l’importance d’être soutenues pendant cette période.
À la fin de l’été 2024, le diagnostic tombe. La Fransaskoise Martine Noël-Maw est atteinte d’un cancer du sein.
C'était un choc. C’était tellement surréaliste. Il n’y a aucun historique du cancer du sein dans ma famille. J’ai toujours fait mes mammographies tous les deux ans. Il n’y avait jamais rien eu de suspect. Tout à coup, boum, on m’annonce une grosse masse cancéreuse, ça ne me rentrait pas dans la tête, confie la Fransaskoise, les yeux embués.
Mais avant d’apprendre la terrible nouvelle, le parcours de cette Saskatchewanaise, installée à Regina depuis 33 ans, a été semé d’embûches. Il y a eu deux mois d’attente pour effectuer une mammographie, puis changer de province pour faire une biopsie.
J’ai dû me rendre dans une clinique à Calgary pour effectuer la biopsie. Le rendez-vous pouvait avoir lieu en seulement deux semaines contre trois à quatre mois ici à Regina, explique-t-elle.
La Réginoise avait du mal à comprendre cette situation difficile, car elle habite à seulement cinq minutes de plusieurs centres de santé de la capitale provinciale.

Martine Maw-Noël a appris qu'elle était atteinte du cancer du sein à l'été 2024.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Simonnot
À Calgary, j’ai rencontré des patientes venues de Saskatchewan qui étaient obligées de faire l’aller-retour dans la journée parce qu’elles ne peuvent pas prendre de jour de congé au travail, pas de moyen de garde d’enfants, continue-t-elle.
Au cours de son traitement, Martine Noël-Maw a aussi dû se déplacer à Yorkton et Moose-Jaw. Une autre difficulté rencontrée pendant sa maladie était de trouver des professionnels de santé francophones.
Ça ajoute du stress. Je devais en plus gérer tout ça dans une langue qui n’était pas ma langue première. Heureusement que mon mari anglophone m’accompagnait lors de mes rendez-vous médicaux. Il posait des questions. Moi, j’étais complètement perdue, se remémore-t-elle.
La Fransaskoise déplore aussi un suivi compliqué pendant sa maladie. D’un rendez-vous à l’autre, je rencontrais de nouveaux oncologues, explique-t-elle.
Aujourd’hui,en rémission, Martine Noël-Maw décide de partager son histoire parce que le pire est derrière elle. Elle tient toutefois à rappeler l’importance de se faire dépister.
Moi, j’ai perdu trois amies du cancer du sein. Une à 32 ans et les deux autres à 38 ans. Deux résidaient à Regina. Il ne faut pas attendre d’avoir l’âge minimum pour se faire dépister pour faire les examens, rappelle la Fransaskoise.
J’appelle ça l'Aventure du cancer
Francine Proulx-Kenzle, elle, a fait face au cancer du sein, il y a 20 ans, alors qu’elle avait 48 ans. Cette maladie avait touché plusieurs personnes de son entourage.
Dans ma famille paternelle, il y a eu beaucoup d’incidences du cancer du sein. Des cousines et même mon père l’ont eu. Je n’étais donc pas vraiment surprise d’être atteinte moi aussi, raconte la Saskatchewanaise.
Elle se souvient qu’il y a une vingtaine d’années, le dépistage du cancer du sein n’était pas aussi populaire qu’aujourd’hui. Une fois le diagnostic effectué, la Fransaskoise a effectué une mastectomie avant de commencer un traitement de chimiothérapie.
Ça a pris 12 semaines avant que je ne sois auscultée par un oncologue. Et ça, j'ai trouvé ça tellement pénible. Parce que je savais que j’avais des cellules cancéreuses qui se promenaient et puis je me disais OK, il faut faire quelque chose, ajoute Francine Proulx-Kenzle.

La Fransaskoise Francine Proulx-Kenzle a combattu le cancer du sein, il y a 20 ans.
Photo : Radio-Canada / Leslie Garrido-Diaz
À l’issue de son traitement, la Fransaskoise décide d’effectuer une mastectomie et de retirer son autre sein.
Je voulais m’assurer que ça ne pouvait pas recommencer. J’ai dû attendre un an pour le faire. C’était difficile parce que je ne me sentais pas en équilibre, rapporte-t-elle.
Aujourd’hui, avec du recul, Francine Proulx-Kenzle reconnaît que cette maladie l’a changée. Cette période difficile lui a permis de faire le point sur sa vie, de prendre davantage soin d’elle et de profiter de chaque instant.
J’appelle ça l'aventure du cancer. Ça a changé ma vie et je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui si je n’avais pas vécu cette expérience. Mais je ne le souhaite vraiment à personne, confie-t-elle.
Un soutien émotionnel indispensable face au cancer
Dans la Ville des Ponts, à 260 kilomètres au nord de Regina, Rana Mustafa a elle aussi souffert d’un cancer du sein agressif. Plus de quatre ans après, les émotions sont toujours présentes quand elle évoque cette maladie.
Le temps d'attente est terrible. Il est facile de savoir qu’on a le cancer, mais il est tellement difficile d’attendre les résultats. J’ai vécu ça pendant un mois. Je ne savais pas quel genre de cancer et à quel stade, confie-t-elle. Je pense que la dernière chose à laquelle on veut penser, quand on a le cancer, c’est de réfléchir et de savoir si on pourra recevoir le traitement à temps.
Même si elle a dû attendre six mois avant d’effectuer une mammographie, Rana Mustafa se dit reconnaissante du suivi médical dont elle a bénéficié à Saskatoon. Dès que j’ai su que j’avais un cancer, j’ai pu avoir tous les soins nécessaires très rapidement, explique-t-elle.

Rana Mustafa est une survivante du cancer du sein.
Photo : Fournie par Rana Mustafa
Aujourd’hui, Rana Mustafa conseille à toutes les femmes atteintes de cette maladie d’être accompagnées et de trouver un soutien.
Pour survivre, c’est primordial de parler. Moi, j’ai été accompagnée par l'équipe de bateaux-dragon Busting Energy de Saskatoon. Ça m'a redonné espoir, parce qu’il y a une vie après le cancer, rassure-t-elle le sourire aux lèvres.
Contactée, l’Autorité de la Santé de la Saskatchewan (SHA) n’a pas encore répondu à nos demandes concernant les données relatives au cancer du sein dans la province.


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