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Vous avez tendance à passer cinq minutes de plus sur les réseaux sociaux au lieu de changer vos draps et la procrastination vous exaspère? Une récente étude japonaise, à base d'expériences sur des macaques, offre enfin une explication scientifique à cette «flemme» souvent plus forte que nous. Elle montre que la procrastination pourrait s'expliquer par le fonctionnement d'un circuit cérébral: les chercheurs ont en effet identifié une connexion neuronale qui retarde les activités déplaisantes, même si elles offrent une récompense claire.
L'étude, menée par Ken-ichi Amemori, neuroscientifique à l'université de Kyoto (Japon), et dont le magazine américain Wired se fait l'écho, analyse les mécanismes du cerveau qui réduisent la motivation à effectuer une tâche désagréable, qui provoque du stress ou de l'inconfort. L'expérience se déroule en deux phases, après une période où les macaques sont privés d'eau. Dans la première phase, on leur propose de choisir entre deux leviers sur lesquels appuyer, l'un offrant une quantité d'eau plus importante que l'autre. Une fois la nuance comprise, naturellement, les singes assoiffés appuient sur le levier qui donne davantage d'eau.
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Cet exercice permet aux scientifiques de comprendre comment la valeur de la récompense influence la motivation du singe. Il est donc temps d'ajouter un élément déplaisant dans l'expérience: c'est la deuxième phase. Les singes ont alors le choix entre boire une quantité d'eau modérée sans conséquence négative, ou boire une grande quantité à la condition de recevoir une bourrasque d'air en pleine face. La récompense est plus grande, mais vient avec un inconfort. Et sans surprise, la motivation des macaques s'en est vue considérablement amoindrie.
Ce changement comportemental est observable dans le cerveau. Les chercheurs ont identifié un circuit neuronal qui agit comme un frein sur la motivation lorsque le cerveau anticipe un événement désagréable. Pour être précis, c'est la connexion entre le striatum ventral et le pallidum ventral qui est en jeu. Ces deux noms barbares désignent des structures situées dans les ganglions de la base du cerveau, connues pour réguler le plaisir, la motivation et le système de récompense.
Des enseignements utiles pour comprendre la dépression et la schizophrénie
Dans ces situations désagréables, même s'il y a une récompense au bout, le striatum ventral s'active et envoie un signal inhibiteur au pallidum ventral, qui est normalement responsable de l'intention d'effectuer une action. C'est cette communication qui annule la motivation et crée donc la procrastination.
Dans leur enquête sur cette connexion, les chercheurs de l'université de Kyoto ont utilisé un médicament spécialisé qui a temporairement perturbé ces deux régions du cerveau. Les macaques ont alors retrouvé leur motivation à accomplir ces tâches, même celle qui leur envoyait une bourrasque en pleine figure. Ce qui montre que le circuit neuronal en question ne gère pas toute la motivation, mais sert seulement à la supprimer dans le cas d'un futur inconfort. L'apathie face à une action désagréable monte à mesure que la communication entre les deux régions s'intensifie.
Mais n'imaginez pas avaler un comprimé de ce médicament avant un bon nettoyage de printemps. Ce circuit neuronal assure une fonction protectrice essentielle. «Trop travailler est dangereux, cette connexion nous protège contre le burn-out», explique Ken-ichi Amemori. Toute tentative de modifier artificiellement ce mécanisme doit se faire avec d'infinies précautions. D'autant plus que nous n'en savons pas encore assez pour éviter de perturber d'autres processus essentiels du cerveau.
Cette molécule et cette étude expliquent toutefois pourquoi nous résistons inconsciemment aux tâches ménagères ou autres devoirs désagréables. Surtout, la découverte pourrait nourrir de plus amples recherches sur la dépression ou la schizophrénie, les patients souffrant de ces maladies ressentant souvent de grosses chutes de motivation.





























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