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Des rivières du Bas-Saint-Laurent sans eau d’ici 2070?

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Les bassins versants de la rivière Kamouraska et de la rivière Verte pourraient en venir à manquer d’eau dans les prochaines décennies, selon l’Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR).

Dans un contexte de changements climatiques où on s’attend à ce qu’il y ait de moins en moins d'eau à l'automne et à la fin de l’été, je pense que ça peut devenir un problème, affirme Antoine Plourde-Rouleau, le directeur général d'OBAKIR, en entrevue à l'émission Info-réveil.

On pourrait observer des étiages de plus en plus sévères et de plus en plus longs, c'est-à-dire des niveaux d’eau très bas dans certains de ces cours d’eau en été, qui s’ajoutent aux pressions des nombreux usagers qui prélèvent de l’eau, selon l’Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup.

Dans son nouveau Plan directeur de l’eau 2024-2034 de la zone Kamouraska-L’Islet-du-Loup dévoilé mardi, l’organisme identifie trois enjeux prioritaires pour la région : la qualité des eaux de surface et souterraines, l’approvisionnement en eau, ainsi que la détérioration des milieux humides et hydriques.

L’agriculture occupant une part importante du territoire, l’évolution de l’industrie et de sa consommation en eau pour l’irrigation et le bétail représente un facteur à considérer pour assurer une bonne gestion de la ressource , peut-on lire dans le PDE.

Rue principale bordée de maisons à Mont-Carmel.

Alors que la disponibilité de l’eau de surface est appelée à diminuer, une demi-douzaine de municipalités s'y approvisionnent en eau potable sur le territoire, dont Mont-Carmel (sur la photo) et Saint-Pascal-de-Kamouraska. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Veronique Duval

Appel à la prévention

Le portrait est un peu différent pour les gens qui s’approvisionnent à des puits souterrains, note le directeur de l’OBAKIR, alors que les eaux souterraines puisées ne sont pas nécessairement dépendantes de la quantité de précipitations reçues.

Le manque de connaissance concernant l’impact des changements climatiques sur l’eau souterraine ne permet toutefois pas de dresser une trajectoire précise sur la disponibilité future de la ressource, précise le PDE.

Les zones de recharge en eau souterraine sur le territoire couvert par l’OBAKIR se trouvent principalement dans le haut pays, tandis que les points de consommation d’eau sont situés davantage sur la côte.

La grande question, c’est de savoir ça prend combien de temps à cette eau-là pour migrer dans le sol et venir rejoindre nos points de consommation, explique Antoine Plourde-Rouleau.

Face à ces risques, il faut protéger les ressources en eau, mais aussi réfléchir aux usages qui devraient être permis dans ces zones de recharge, soutient-il, pour s’assurer d’un approvisionnement durable en eau sur le territoire, tant pour les citoyens, que pour les municipalités et les producteurs agricoles.

L'eau stagnait dans le ruisseau avant le projet de renaturalisation.

La dégradation des milieux humides est aussi un enjeu identifié par l’OBAKIR dans son PDE. (Photo d'archives)

Photo : Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR)

À cet effet, le Plan directeur de l’eau, qui vient tout juste de recevoir l’approbation finale du ministère de l’Environnement, est un document de planification permettant d’assurer la conservation de la ressource et des milieux qui y sont associés, expose le directeur de l’OBAKIR.

En se basant sur les données scientifiques et les indicateurs disponibles pour poser un diagnostic, le document a été élaboré de manière concertée avec tous les secteurs de l’activité humaine, explique le directeur, afin qu’ils puissent partager leurs préoccupations.

Qu’en est-il de la qualité de l’eau?

Le PDE dénote une amélioration de la qualité de l’eau aux niveaux bactériologique et physicochimique, c’est-à-dire au niveau des concentrations de coliformes fécaux, nitrites-nitrates, azote, phosphore ou de matières en suspension.

On a de l’eau qui est relativement de bonne qualité ou de qualité satisfaisante pour la plupart de nos rivières, excepté peut-être la rivière Fouquette et de petits cours d’eau sur la côte.

L’état des communautés d’algues microscopiques appelées diatomées, qui tapissent le fond des cours d’eau, peut offrir une indication complémentaire sur la dégradation de l’habitat aquatique. Puisque ces organismes sont très sensibles à la pollution, elles permettent de capter les effets indirects d’autres polluants, comme les médicaments, les PFAS et les pesticides, entre autres, explique le directeur.

Selon cet indicateur, l’eau serait de mauvaise qualité dans les rivières du Loup et Fouquette.

Les rives de la rivière Ouelle.

Les eaux des rivières Kamouraska et Ouelle seraient de qualité précaire. (Photo d'archives)

Photo : Organisme des bassins versants de Kamouraska, L'Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR).

Le Plan directeur de l'eau 2024-2034 liste une vingtaine d’objectifs et des actions pour agir sur les trois problématiques jugées prioritaires, dont l’aménagement durable de cours d’eau agricoles ou la sensibilisation des propriétaires de puits privés à la nécessité de faire analyser leur eau.

L’équipe compte aussi organiser des séances d’information citoyennes pour présenter le plan directeur et répondre aux interrogations de la population.

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