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Des réflexions sur la possession d’armes à feu après la fusillade à Tumbler Ridge

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À la suite des événements tragiques qui ont eu lieu à Tumbler Ridge, où huit personnes ont été tuées, des questions se posent sur la possession des armes à feu, et sur leur utilisation par des mineurs. Pour certains, la fusillade de mardi démontre la nécessité de changer l’encadrement de la possession d’armes au Canada.

Jesse Van Rootselaar, qui a tué sa mère et son demi-frère avant de tuer six autres personnes à l’école secondaire de Tumbler Ridge, a utilisé une arme longue et un pistolet modifié, rapporte la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

La GRC affirme avoir trouvé ces deux armes à l’école secondaire, mais aucune de ces armes n’était enregistrée au nom de Jesse Van Rootselaar.

La tireuse de 18 ans avait un permis d’armes à feu qui a expiré en 2024, d’après la police.

Il y a deux ans, des armes à feu avaient été saisies à la maison familiale de Jesse Van Rootselaar, en vertu du Code criminel. La GRC rapporte que le propriétaire légitime des armes avait ensuite demandé leur restitution.

Quelqu’un qui est mineur ne peut pas posséder une arme à feu, donc la personne qui l'accompagne est en théorie le propriétaire de l'arme à feu, indique Francis Langlois, chercheur associé à la chaire Raoul-Dandurand et spécialiste de la question des armes à feu.

Est-ce que les armes [appartenaient] à la mère ou à un autre adulte dans l'environnement?, se demande-t-il.

Comme ça arrive dans plusieurs foyers canadiens, une personne dans une maison peut avoir un permis de possession ou d'utilisation d'armes, mais les autres membres de la famille ne l'ont pas, souligne M. Langlois.

Ceci étant dit, la loi canadienne est très claire sur l'entreposage de ces armes-là : elles doivent être mises dans un coffre-fort avec un cadenas qui s'installe sur la gâchette de l'arme, et les armes doivent être déchargées, précise le chercheur.

S’ils le veulent, les jeunes de 12 à 17 ans peuvent soumettre une demande de permis pour mineur. Le permis leur permet d’emprunter des armes à feu sans restriction pour des usages approuvés : apprendre à utiliser des armes à feu, participer à des compétitions de tirs, à la chasse et au tir à la cible, entre autres.

Ils doivent alors être accompagnés d’un adulte ayant un permis correspondant au type d'arme utilisée.

Fonctionnement en vase clos?

Le contrôleur des armes à feu a accès à tous les documents qu’ont les policiers, explique Steven Slimovitch, avocat criminaliste. Est-ce qu'il a accès à tout votre historique psychosocial? Non. Et c'est là où la situation devient beaucoup plus compliquée, estime-t-il.

Pour Francis Langlois, il est utile de se demander si, dans l’octroi du permis de possession d’arme à feu, les autorités policières, par exemple, et les autorités psychiatriques ou médicales en Colombie-Britannique, fonctionnent en silo, [ou] s'il y a échange d'informations.

La GRC est d’ailleurs intervenue à quelques reprises à la résidence de Jesse Van Rootselaar, non seulement pour la présence d’armes à feu, mais aussi pour des problèmes de santé mentale.

C'est clair qu'on a besoin de regarder nos lois sur l'accessibilité aux armes dans les résidences et ailleurs, croit pour sa part Irvin Waller, professeur émérite en criminologie à l'Université d'Ottawa.

On a besoin de beaucoup plus d'informations sur l’antécédent, en termes d'accès aux armes à feu, de santé mentale, autour de la situation de la famille, entre autres, ajoute-t-il.

M. Waller espère qu’un examen des lois actuelles permettra de mieux investir dans les actions pour prévenir les situations tragiques comme [à] Tumbler Ridge.

Souvent, ça reste lent, et il faut aller au-delà de cette reconnaissance de torts, vers des actions concrètes pour éviter une répétition.

J’aimerais beaucoup qu’il y ait une enquête du coroner pour analyser ce qui a été bien, commente M. Waller, mais aussi les possibilités que, sur le contrôle des armes à feu [et] sur la santé mentale, il y avait des actions qu’on aurait pu prendre avant pour éviter le risque d’un événement comme ça.

Avec les informations de Jason Proctor, Corentin Mittet-Magnan et de l’émission Phare Ouest

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