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Jusqu’au 31 décembre, le Musée du patrimoine d'Arvida présente l’exposition Présence sensible de l’artiste interdisciplinaire Sophie Lebeuf. À travers une série de photographies enrichies de bauxite et de coke, le parcours propose une immersion sensorielle dans l’héritage industriel d'Arvida.
À travers sa lentille, Sophie Lebeuf veut capter les empreintes des générations antérieures sur leur lieu de travail.
On dirait que toutes les choses nous racontent les générations qui ont passé, ont laissé une trace et une partie de leur identité. Et, on le ressent, exprime la photographe, qui est aussi propriétaire de la Galerie 5 dans l'arrondissement de Jonquière.
Pour réaliser sa série de clichés, l’artiste a eu accès à des lieux qui ont façonné la région. En avril dernier, elle a notamment pu pénétrer, avant sa fermeture, dans la dernière salle de cuves précuites de fabrication d’aluminium à l’usine Arvida de Rio Tinto.

De son expérience sur le terrain, Sophie Lebeuf en est ressortie avec une sélection de 39 photographies qui font partie de l’exposition.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
D’autres photographies ont été prises dans les installations portuaires de Port-Alfred de la compagnie. J'ai même eu la chance de monter à bord de l'un de leurs bateaux pour prendre le déchargement en photo. J'ai vraiment été chanceuse, raconte l’artiste qui expose ses créations pour la première fois dans un musée.
Sophie Lebeuf a sélectionné 39 de ses photographies pour l’exposition. 17 d’entre elles sont exposées la fin de semaine au Musée du patrimoine d’Arvida et 22, en semaine, à l’Espace communauté Rio Tinto.
Des fragments de territoire
Sophie Lebeuf s’amuse à dire qu’elle brouille les frontières entre la photo, le dessin et la peinture. Les œuvres exposées ont été travaillées, entre autres, avec la bauxite et la coke, une façon d’unir la matière au lieu et d’offrir des fragments de territoire.
Je me sers de la photographie comme étant un outil et qui devient un peu le canevas de base et puis je la travaille ensuite avec la même technique que je travaille sur toile, explique-t-elle.

Pour réaliser sa série de clichés, l’artiste a eu accès à des lieux qui ont façonné la région.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Il en résulte des œuvres monumentales dans lesquelles sont recréés l'atmosphère et la luminosité des lieux marqués par l’industrie de l’aluminium.
Les flous sont faits à la main par-dessus les photos. Les rehauts sont tous retravaillés avec la bauxite et le coke, et tout le côté atmosphérique est travaillé à la main. [...] Je trouve que le traitement renforce l'œuvre et le langage. Je rehausse avec la matière qui habite déjà la photo.
Lorsqu'ils regardent, les visiteurs se posent la question : "Je suis en avant de quoi?".
Chaque œuvre nécessite une quarantaine d’heures de travail avant d’être complétée, précise-t-elle.
On voit très bien les madriers et les ceintures, je les ai toutes retravaillées au complet. On voit, quand on s'approche, les insertions, poursuit-elle en pointant une œuvre qui représente la destruction d’une des salles de cuves.
L’artiste, qui développe cette technique de façon autodidacte depuis plus de 20 ans, ne veut pas dévoiler davantage son processus pour en préserver l’anonymat.
Une bande sonore a même été créée par l’artiste innu Uauietilu Robertson Laforge pour rehausser l’atmosphère. Je lui ai fourni quelques sons et il s'est amusé à les amplifier. Il en a créé d'autres à partir d'objets en aluminium qu'il a enregistrés, mentionne Mme Lebeuf.
Entrée gratuite
Pour faire découvrir l’exposition, le Musée du patrimoine d’Arvida a décidé d’ouvrir gratuitement ses portes aux visiteurs d’ici la fin de l’année.
Ça nous donne une belle visibilité. Ça fait découvrir aussi Arvida, mais sous un autre angle. Arvida, ce n'est pas que de l'architecture, de l'urbanisme et de l'industrie, mais c'est aussi du cœur, du vivant, de l’art, explique la directrice générale, Marianne Salesse-Côté.

Marianne Salesse-Côté est directrice générale du Musée du patrimoine d'Arvida.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Je suis fière de le présenter ici, parce que c'est une équipe exceptionnelle et c'est un lieu, je trouve, qui se marie vraiment bien avec les œuvres, mentionne de son côté Sophie Lebeuf.
Le vernissage de Présence sensible a eu lieu le 18 septembre.


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