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Des organismes veulent plus de mesures contre la violence conjugale

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Des militantes rassemblées à Victoria ont rendu hommage, mercredi, à Laura Gover, morte il y a quelques jours à Saanich, et dont l'ex-conjoint est accusé de meurtre au second degré. À l’unisson, des représentantes d'organismes demandent aux gouvernements « d’en faire plus » dans la lutte contre la violence conjugale.

Comment une telle chose a-t-elle pu se reproduire? Quand est-ce que la violence contre les femmes cessera-t-elle? Que faudra-t-il pour y parvenir? Que faut-il changer?, dit avec émotion Marlene Goley, du Cridge Centre for the Family, à Victoria.

À ses côtés, Liza Scott est formelle : des changements systémiques doivent avoir lieu et la violence conjugale doit être considérée comme une urgence publique où la prise au sérieux des premiers signes de violence est la clé.

La peur est une information. Lorsque les femmes disent craindre pour leur vie, c'est l'un des indicateurs les plus forts que quelque chose ne va pas. Cela doit être considéré comme une nécessité d'agir.

Nous ne pouvons pas continuer à réagir uniquement après que des femmes ont été tuées. Nous ne pouvons pas continuer à nous demander pourquoi, alors que les signes avant-coureurs sont déjà là, ajoute Liza Scott, de la Cowichan Woman Against Violence Society.

Depuis août 2024, selon l’organisme Battered Women’s Support Services de Vancouver, 45 femmes ont été tuées en Colombie-Britannique.

L'ex-mari de Laura Gover a été accusé de meurtre au second degré. Le dossier judiciaire que Radio-Canada a pu consulter porte la désignation K. Selon le Service des poursuites de la Colombie-Britannique, ce marquage indique qu’il s’agit d’un cas présumé de violence entre partenaires intimes. Aucune des accusations n'a cependant été prouvée en cour.

Des changements demandés

Les organisatrices de l'événement demandent également aux autorités politiques qu'il y ait une évaluation des risques systématique et que la protection des victimes soit renforcée.

L'évaluation des risques sans obligation devient performative. Des obligations sans échéances sont reportées, et des femmes meurent dans cet intervalle, précise Angela Marie MacDougall, de l’organisme Battered Women’s Support Services.

Elle croit également que les liens entre la justice criminelle et le système juridique familial doivent être renforcés pour prioriser la sécurité des mères victimes de violence.

Angela Marie MacDougall précise que ce sont justement ces brèches qui permettent encore aux féminicides de perdurer.

Les demandes des organismes rassemblés à Victoria

  • Évaluation des risques uniformisée 
  • Création de groupes de travail municipaux sur la violence basée sur le genre 
  • Financement pour les services de première ligne de lutte contre la violence
  • Campagne de prévention à long terme à l’échelle provinciale
  • Nomination d'un responsable provincial de la violence fondée sur le genre

Plus de travail à faire, selon David Eby

Appelé à réagir, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a souligné le travail réalisé par son gouvernement en ce qui concerne la lutte contre la violence conjugale.

Le gouvernement s’est engagé à mettre en place les recommandations publiées cet automne par la procureure générale de la province pour éliminer les barrières systémiques qui empêchent les victimes d'obtenir justice.

Je sais que nous pouvons en faire davantage, et nous continuerons certainement à rechercher des occasions et à collaborer avec ces associations pour assurer la sécurité des femmes dans toute la Colombie-Britannique.

Le premier ministre a ajouté que le travail doit continuer et que plusieurs réformes du Code criminel sont actuellement étudiées par Ottawa.

En décembre dernier, le gouvernement fédéral a présenté une proposition de révision du Code concernant la violence conjugale. Si ce projet de loi est adopté aux Communes, il prévoit la création d’une nouvelle infraction autonome pour le contrôle coercitif au sein d'une relation intime.

Avec des informations de Katie DeRosa et de Wildinette Paul

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