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Parmi les organismes qui reçoivent du financement de la Ville de Moncton et qui utilisent ses infrastructures, 40 % n’ont toujours pas de site web en français et 60 % ne communiquent pas dans les deux langues officielles sur leurs réseaux sociaux.
Moncton est officiellement bilingue depuis 2002. Les affaires se font en français et en anglais à l'hôtel de ville, mais le bilinguisme est moins évident à l'extérieur de ses murs.
Dans sa politique linguistique actuelle, Moncton encourage, mais n’oblige pas les organismes qu'elle finance à offrir des services dans les deux langues officielles.

Les associations de hockey de Moncton et de Lewisville n'ont toujours pas de site web en français.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
La mairesse par intérim de Moncton, Paulette Thériault, se dit préoccupée par l’absence de communications en français de la part de plusieurs organismes.
Faut dire que les médias sociaux, c’est plutôt cette partie-là pour moi que je trouve inquiétante. Tout est en anglais!, déplore-t-elle.
Hockey, baseball et YMCA en anglais
Presque toutes les associations sportives qui utilisent les infrastructures de la ville n’ont pas de site web en français et toutes leurs communications dans les réseaux sociaux sont en anglais, selon ce qu'a constaté Radio-Canada.
Que ce soit les associations de hockey de Moncton ou de Lewisville, la ringuette ou le baseball, tout se passe dans la langue de Shakespeare. Seul Soccer Codiac utilise les deux langues officielles.
Constat similaire du côté des organismes comme Moncton Headstart et le centre communautaire Peter Mackay. Même le YMCA, qui reçoit 195 000 $ par année de la municipalité, ne communique pas en français dans ses réseaux sociaux.

Paulette Thériault n'est pas prête à imposer le bilinguisme à l'extérieur de l'hôtel de ville.
Photo : Radio-Canada
C’est important le bilinguisme, mais on ne peut pas l’imposer.
La greffière de Moncton, Shelley Morton, explique que la municipalité choisit de ne pas exiger les deux langues officielles des organismes, car ils sont souvent gérés par des bénévoles.
Il serait extrêmement difficile pour ces groupes de fournir la communication au même niveau dans les deux langues officielles et malheureusement, la municipalité n’a pas les ressources nécessaires pour leur offrir un soutien à cette échelle, indique Mme Morton.

Alexandra Lebreton Pokou est la représentante du Sud-Est à la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick voudrait que la municipalité offre du financement aux organismes. Si on commence à imposer du bilinguisme sans donner un soutien à ces organismes-là, on risque de faire en sorte qu'ils vont s'éteindre, croit la représentant de l'organisme, Alexandra Lebreton Pokou.
Plus on diminue les services en français dans la région, moins la langue française a de chance de survivre.
Moncton a le pouvoir d’exiger le bilinguisme
L’expert en droit linguistique, Michel Doucet, n’est pas d’accord avec la mairesse par intérim.
Il explique que les organismes n'ont pas d’obligations en vertu de la loi sur les langues officielles, mais que Moncton pourrait émettre ses propres exigences.
La municipalité peut faire, à ce niveau-là, ce qu’elle veut. C'est elle qui contrôle sa politique linguistique. Elle pourrait mettre ça comme étant conditionnel [à du financement].

Michel Doucet, expert en droit linguistique, dit que Moncton a le pouvoir d'imposer le bilinguisme aux organismes.
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Michel Doucet constate que Moncton, même si elle se déclare la seule ville officiellement bilingue au Canada, ne prêche pas par l’exemple.
Si on veut être une municipalité bilingue, c’est important que ces organismes-là qui reçoivent du financement et qui offrent des services à la communauté soient en mesure de desservir les deux communautés dans les deux langues officielles, explique-t-il.

Le YMCA offre des cours de natation à plusieurs familles de Moncton. Des parents avouent avoir de la difficulté à obtenir des services en français. Le YMCA a reçu 195 000 $ de la ville de Moncton en 2024.
Photo : Radio-Canada
Moncton revoit actuellement sa politique linguistique, dont la dernière révision remonte à 2018. Le comité consultatif spécial sur les langues officielles doit remettre son plan d'action en avril et c'est le nouveau conseil municipal qui aura le mandat d'approuver ou non les recommandations après les prochaines élections municipales.


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