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Pendant deux jours, les amateurs d'art ont pu admirer de près le détail des coups de pinceau, puis prendre du recul afin de mieux saisir la perspective d'oeuvres signées par certains des artistes les plus illustres du pays.
Calgary est la première étape d'un périple qui les mènera à Toronto le 18 novembre, jour de la vente aux enchères d'une sélection d'œuvres majeures organisée par le commissaire-priseur David Heffel.
Plusieurs de ces œuvres ont été confiées par des collectionneurs de partout au pays, dont un certain nombre de l’Est du Canada. Elles sont d’abord transportées par camion jusqu’à Calgary, dit David Heffel.
Deux de ces œuvres ont été réalisées par Lawren Harris, le seul membre du Groupe des Sept parmi les artistes présentés à Calgary.
Mount Leah, Maligne Lake et Cathedral Mountain from the Opabin, des huiles sur panneau estimées entre 250 000 $ et 350 000 $, sont des témoignages de la fascination du peintre ontarien pour les Rocheuses canadiennes.
Norm Ederle est spécialement venu voir Mount Leah, Maligne Lake, car il a été guide pendant une dizaine d'années à Maligne Lake.

Norm Ederle a profité de l’exposition pour voir de près Mount Leah, Maligne Lake de Lawren Harris, un endroit où il a travaillé en tant que guide des décennies après le passage du peintre.
Photo : Radio-Canada / Nick Brizuela
En regardant l'œuvre de Harris, on constate qu'il a représenté le mont Leah avec beaucoup de précision. La baie au premier plan, les couloirs d'avalanche, la crête de la montagne et même les formations entre les deux sont presque identiques à ce qu'on peut voir sur place, raconte-t-il.
Les paysages des Rocheuses occupent une place extrêmement emblématique dans l’œuvre de Lawren Harris, confie pour sa part le commissaire-priseur. Selon lui, le peintre disait ressentir une forme d'euphorie lorsqu'il gravissait les montagnes.
Les œuvres dont les estimations dépassent le million de dollars sont celles d'Emily Carr et de Jean Paul Riopelle.
La toile Alert Bay d'Emily Carr, datée de 1912, illustre merveilleusement l’influence des nouvelles techniques picturales qui se développaient alors en Europe et qu’Emily Carr a été l’une des premières à introduire au Canada.

Emily Carr, une peintre solitaire, s’est beaucoup inspirée du quotidien des Autochtones.
Photo : Fournie par David Heffel
Inspirée par la vie des peuples autochtones de la côte nord-ouest, la peintre a représenté dans Alert Bay une scène quotidienne dans l'un des nombreux villages qu'elle a visités entre 1907 et 1913. La toile porte aussi l'influence du fauvisme, découvert lors de son séjour en Bretagne, en France.
Évaluée entre 1,5 et 2 millions de dollars, Brumaire de Jean Paul Riopelle est la pièce maîtresse de cette exposition qui a pris fin dimanche. Pour moi, cette palette évoque l’automne, peut-être les premières traces de neige de la saison. La palette elle-même est tout simplement saisissante. Elle vibre, partage David Heffel.
Il ajoute que les œuvres du début des années 1950 de Jean Paul Riopelle sont très prisées par les amateurs d'art, notamment celles réalisées en 1953, comme Brumaire.
C’est une période de la carrière de Riopelle où les coulures sont présentes, où il travaille au couteau à palette et adopte une composition qui couvre toute la surface, comme le faisait également Jackson Pollock. Il n’y a pas de bordure ni de point focal précis dans cette œuvre, mais l’influence du paysage demeure très présente, décrit-il.
Les œuvrespoursuivront leur tournée à Vancouver puis à Montréal, avant d'arriver à Toronto, où les visiteurs céderont la place aux collectionneurs.
Avec des informations de Nick Brizuella


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