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Afin de réduire les perturbations acoustiques provoquées par les navires sur les épaulards résidents du Sud, plus de 70 compagnies de transport maritime s’engagent à se déplacer différemment au mois de mars dans le détroit de Haro, qui sépare l’île de Vancouver de l’État de Washington.
Ce ralentissement volontaire des navires ou leur détournement complet font partie du programme ECHO (Amélioration de l’habitat et de l'observation des cétacés), dirigé par l’Administration portuaire Vancouver-Fraser.
Cela fait 12 ans que nous menons ce programme, mais c'est la 10e saison où nous demandons aux navires de ralentir pour les mammifères marins, explique Melanie Knight, responsable du programme ECHO à l'Administration portuaire.
Les organisations de transport maritime qui prennent part au programme le font de manière volontaire, sans sanction pour les navires qui décident de naviguer à la vitesse normale, précise Melanie Knight.
Le but de la démarche est de mieux protéger les épaulards résidents du Sud qui dépendent d’écholocalisations pour chasser, communiquer et s'accoupler, ce qui est notamment le cas en mars lorsque ces mammifères se déplacent dans la région.
Aller plus loin
Hussein Alidina, spécialiste en chef pour la conservation marine au Fonds mondial pour la nature, affirme que les épaulards résidents du Sud sont plus nombreux et présents dans la mer de Salish en mars. Il s'agit donc d'un bon moment pour mener ce type d’initiative.
Le programme ECHO est coordonné avec des partenaires fédéraux, des communautés autochtones, l’industrie du transport maritime et des organisations environnementales.
Hussein Alidina fait partie d’un groupe de travail consultatif du programme ECHO depuis les 10 dernières années. Il constate qu’il y a eu une réduction importante du bruit, mesuré en décibels.
Ces actions ne sont pas suffisantes pour le rétablissement de cette population.
Il reste encore du chemin à parcourir pour parvenir à la réduction du bruit dont nous avons besoin pour que la population puisse réellement se rétablir et se nourrir, estime le spécialiste en conservation marine, malgré ces efforts.
Les réductions nécessaires dans un système écologiquement sûr pour ces épaulards sont bien plus élevées que 1 ou 2 décibels par saison.
Il manque encore l'adoption de mesures qui vont au-delà de la réduction de la vitesse, précise Hussein Alidina. Il faut que les navires soient moins bruyants.
La vie d’un navire peut être de 30 à 60 ans, estime Hussein Alidina, mais il espère que, à long terme, des bateaux plus silencieux seront conçus et deviendront une référence.
S’il y a un grand mouvement pour concevoir des navires plus silencieux, je crois que c’est très important d’avoir ces navires plus silencieux, maintenant comme un standard dont nous avons besoin.
Avant les navires, la plus grande menace à la survie des épaulards est la disponibilité de leur nourriture, le saumon chinook, une espèce du secteur qui a été épuisée. Le développement industriel et les contaminants environnementaux menacent aussi la vie des épaulards résidents du Sud, mentionne le spécialiste.
Il est important de noter qu’il y a seulement 74 épaulards résidents du Sud sur la planète, souligne Hussein Alidina.
Les projections démontrent que, si les choses continuent comme ça, cette population disparaîtra dans le siècle à venir, affirme-t-il.
L’extinction de cette population ne sera pas seulement une perte pour l’environnement, mais pour plusieurs cultures et peuples, conclut Hussein Alidina.
Avec les informations d'Amelia John


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