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L'Association des municipalités rurales de l'Alberta (RMA) presse le gouvernement provincial de rétablir la chasse réglementée au grizzli, une espèce considérée comme menacée et dont la chasse sportive est interdite depuis 2006.
Cette demande, formulée dans une motion adoptée fin mars par les membres de la RMA, fait suite à une augmentation signalée des interactions négatives entre les humains et les ours dans le sud de la province.
À mesure que la population augmente, les collectivités du sud de l’Alberta ont constaté une hausse significative des interactions entre les humains et les ours, peut-on lire dans la déclaration du comté de Cardston accompagnant la motion.
Proposition pour une chasse réglementée
Cette motion (nouvelle fenêtre) (en anglais), proposée par le comté de Cardston à la fin mars, stipule que la RMA préconisera auprès du gouvernement provincial la mise en œuvre d’une chasse au grizzli réglementée et administrée par un système de tirage au sort.
Elle demande également la fin du Plan de rétablissement du grizzli (nouvelle fenêtre) (en anglais), en vigueur depuis 2008, au profit d’un plan de gestion.
Impact sur les communautés locales
Avec la croissance de la population, les communautés du sud de l’Alberta ont constaté une augmentation significative des interactions entre humains et ours, peut-on lire dans la déclaration du comté de Cardston.

En 2010, la province a classé le grizzli parmi les espèces menacées.
Photo : Radio-Canada / Amir Said
Le même communiqué ajoute que des résidents et des employés municipaux ont signalé des ours s’approchant des habitations, pénétrant dans des dépendances ou s’en prenant au bétail.
Un porte-parole du comté de Cardston n'a pas répondu à notre demande de commentaires avant la publication.
Enjeux de sécurité publique
La présidente de la RMA, Kara Westerlund, a indiqué à CBC/Radio-Canada que la multiplication des signalements d'activité des ours avait incontestablement exacerbé les problèmes de sécurité pour les habitants des zones rurales de certaines municipalités, en particulier le long du versant est des Rocheuses.
L’an dernier, le nombre élevé de rencontres avait conduit Parcs Alberta à émettre un avertissement général pour la région de Kananaskis, une première depuis 2016.
Modalités de la résolution et gestion provinciale
La résolution propose que le nombre de permis de chasse soit déterminé annuellement sur la base des données démographiques, des tendances des conflits et des résultats des saisons précédentes.

Les grizzlis ont un faible taux de reproduction. Les adultes commencent généralement à se reproduire entre cinq et huit ans, et les femelles ont ensuite une portée tous les trois à cinq ans, ce qui contribue à leur statut d'espèce menacée en Alberta.
Photo : Radio-Canada / Amir Said
Elle réclame aussi un programme de financement dédié à la recherche sur le grizzli, à la prévention des conflits et à des initiatives de sécurité communautaire.
Interrogé sur l’éventualité d’une chasse, le ministère des Forêts et des Parcs n’y a pas répondu directement, affirmant se concentrer sur la protection de la sécurité publique et de la faune en continuant à gérer les grizzlis de manière responsable.
Le ministère a rappelé que, depuis le moratoire de 2006 et le plan de rétablissement de 2020, la plupart des zones ont connu des augmentations de population, rendant cruciales la prévention et l’éducation.
Un nouveau réseau de gestion des ours problématiques
En 2024, la province a mis en place un réseau de professionnels de la gestion de la faune, permettant aux chasseurs qualifiés d'abattre, au cas par cas, les grizzlis jugés problématiques, tout en précisant que ce programme ne devait pas être considéré comme une chasse au grizzli.
Toutefois, tout comme pour la chasse sportive, l'intervenant peut conserver la viande, la peau et toutes les autres parties de l'animal, à l'exception de la vésicule biliaire.
Un seul ours a été tué dans ce cadre à ce jour.
La RMA souhaite que sa proposition de chasse vienne élargir ce programme existant.
Données démographiques et statistiques de mortalité
Le manque de données démographiques récentes complique le débat. La dernière étude provinciale remonte à 2018, estimant alors la population entre 865 et 973 individus.

Le comté de Cardston indique que les habitants s'inquiètent de la multiplication des signalements d'incidents entre les humains et les ours.
Photo : Radio-Canada / Amir Said
Selon la province, 18 grizzlis ont été tués par l'homme l'an dernier : 7 étaient jugés problématiques, 7 chassés selon les droits issus des traités, 3 heurtés par des véhicules et 1 abattu en légitime défense.
Le comté de Cardston cite une étude de 2016 identifiant 172 grizzlys dans le sud-ouest, une région considérée comme ayant la plus forte densité de population de grizzlis de la province.
Vers une approche de coexistence
Jeff Bectell, coordinateur du programme carnivores et communautés de la réserve de biosphère de Waterton, a souligné que le contrôle létal faisait partie de la coexistence avec les grands carnivores, mais qu’il devait s’appuyer sur la science et s’inscrire dans une approche globale.
Si nous ne sommes jamais disposés à nous débarrasser d'un ours à problèmes, cela ne mènera probablement pas à la durabilité dont nous avons besoin, a-t-il déclaré.
La RMA, qui représente plus de 60 comtés et districts municipaux, espère ouvrir le dialogue avec la province pour trouver des solutions, la chasse n’étant qu’une des pistes envisagées pour gérer une population en expansion.
D'après un article d'Amir Said (nouvelle fenêtre)


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