NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Il faut choisir quelques mots. Des mots, comme l’a fait dire Luc Plamondon à Céline, qui sonnent, qui résonnent et qui cognent et qui, plus important encore, donnent un sens. Que penser du millésime 2026 de nos partis politiques ? Chacun son avis, mais, en attente du slogan de la CAQ (ex-CAQ ?), je ne suis pas mécontent.
Les slogans de campagnes électorales peuvent être géniaux ou médiocres — parfois à dessein — et nous en disent énormément sur ce que les stratèges des partis pensent de la position de leur formation sur l’échiquier politique. C’est un appel, parfois un aveu, souvent un acte d’accusation contre les adversaires.
Rassembler. Réparer. Bâtir. Le slogan libéral est un aveu. Ils ne savaient pas exactement quoi nous dire, alors ils ont fait steak-blé d’Inde-patate. Lorsque tous les partis d’opposition pourraient reprendre votre slogan, comme c’est le cas ici, c’est que vous ne savez pas correctement vous distinguer des autres. Entendez-moi bien, ce n’est pas complètement nul. Le PLQ souhaite rassembler tous les fédéralistes, estime que la CAQ a brisé le Québec (comme les autres partis d’ailleurs, ce que je juge excessif), et peut pointer vers des leaders libéraux qui ont « bâti » : Robert Bourassa pour la Baie-James et Lesage/Lévesque pour la nationalisation de l’électricité. (Notez, je ne cite pas le Plan Nord de Jean Charest, ce serait cruel.)
Il y avait d’autres façons de se distinguer. « Les seuls vrais fédéralistes » auraient un fond de vérité, et le chef, Charles Milliard, avait naguère testé cet argument. Mais voilà, il n’attire pas suffisamment le vote nationaliste francophone. On se souvient que, sentant venir la défaite, Robert Bourassa, en 1976, et Jean Charest, en 1998, avaient modifié leur slogan en fin de campagne pour imposer le « Non au séparatisme ». Cette option est toujours disponible. Je leur donne C+.
C’est possible. La mouture 2022 de Québec solidaire nous avait proposé de « Changer d’ère », sous un portrait de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois qu’on pensait calqué sur les murales staliniennes et maoïstes. La livraison 2026 atterrit sur le plancher des vaches. Les thèmes visent le portefeuille des électeurs, pas le grand soir, et le slogan frappe exactement sur le talon d’Achille solidaire : l’incrédulité des électeurs quant à leurs propositions. L’idée phare du parti de créer des Costco publics est, à mon avis, défendable, mais elle se heurte à un refus général de même considérer l’idée comme digne de discussion. Les responsables solidaires (qui, le saviez-vous, ne sont pas des chefs ?) veulent donc convaincre leur cible électorale que leur programme est crédible, qu’il est même possible qu’ils conservent la plupart de leurs sièges actuels. Le slogan est par nature défensif, mais cela reflète précisément la situation dans laquelle les solidaires se trouvent. Je leur donne B+.
Oser pour vrai. Le chef conservateur, Éric Duhaime, a bâti sa réputation sur l’audace. Contre les syndicats, contre l’État construit par les baby-boomers, pour l’insertion du privé dans l’État, pour l’exploitation de notre gaz naturel (il ne semble cependant plus parler de pétrole), j’en passe, et des bien meilleures. Duhaime mise donc sur sa force. Personne ne doute qu’au pouvoir, on verrait ce qu’on verrait. Dans la course à celui qui virera le plus de fonctionnaires, et que les stratèges pensent payante dans plusieurs secteurs de l’électorat, il gagne la palme du plus déterminé. (Je me retiens de lui décerner le prix Elon Musk, ce serait inconvenant.) Les mots « pour vrai » visent à accuser ses adversaires d’être des faux, des tièdes, des pleutres. Le slogan n’est pas génial, mais il fonctionne. Je lui donne A.
Le choix de la confiance. Le slogan du Parti québécois cette année rappelle non seulement celui de Lucien Bouchard de 1998 (« J’ai confiance »), mais aussi celui de Jacques Parizeau de 1994. S’étant engagé à tenir un référendum dans les 18 mois qui suivaient, le chef péquiste avait évacué le futur pays de son slogan, tourné plutôt vers la critique de la gestion libérale précédente. « Une autre façon de gouverner », disait-il. Tous ses adversaires se chargeraient bien d’imposer quotidiennement le thème référendaire.
Paul Saint-Pierre-Plamondon (PSPP) avait ce printemps utilisé l’expression « Choisir l’espoir » pour définir son appel aux électeurs. La référence au futur pays y était, y compris l’acte de foi nécessaire pour s’engager dans la démarche. Prenant la température de l’eau, et la trouvant quasi glaciale, il s’est replié sur un slogan qui constitue pour l’essentiel une mise en accusation de ses principaux adversaires. La CAQ d’abord, François Legault ayant spectaculairement rompu son lien de confiance — pourtant à l’origine extrêmement fort — avec l’électeur. Charles Milliard et les libéraux, indignes de confiance sur la question de la langue, de la laïcité et, je m’excuse de le rappeler, de la distribution des brownies. Le slogan est aussi un rappel. Chacun sait que PSPP est un homme têtu. Lorsqu’il prend un engagement, il le tient jusqu’au bout, même lorsqu’on souhaiterait qu’il change d’avis. La confiance lui sied bien. Je lui donne aussi un A.
Pas de vagues. Non, ce n’est pas le slogan choisi par la CAQ. Au moment où ces lignes étaient écrites, on attendait toujours le fruit des cogitations de « L’équipe Christine Fréchette ». Mais je le leur suggère. Quelles sont les grandes qualités de Mme Fréchette ? Elle est forte de ce qu’elle n’est pas. Elle n’est surtout pas François Legault. Elle ne veut pas casser l’État comme Éric Duhaime. Elle ne veut pas casser le pays comme PSPP. Elle ne veut pas casser les lois identitaires comme Charles Milliard. Avec elle, pas de gros soubresaut, pas de risque, seulement une gestion compétente des affaires courantes. Dans un monde anxiogène, une valeur refuge. Dommage que le slogan « Continuons » ne soit pas disponible, c’était celui de la CAQ en 2022 et il leur a donné une récolte record de députés. J’ai aussi pensé au slogan « Responsable », mais il serait trop facilement détourné pour accuser la première ministre d’être responsable des nombreux gâchis dont elle a hérité (auxquelles elle a participé ? Je pense à l’augmentation de l’immigration). Il y aurait aussi « Ça va bien aller ». Mais j’avoue que j’hésite.


6 day_ago
12


























.jpg)






French (CA)