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La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) procède jusqu’à la fin du mois d’octobre à l’abattage de plusieurs milliers d’arbres au Parc national du Lac-Témiscouata. C’est que plusieurs arbres ont été ravagés par des insectes ou des maladies et menaceraient la sécurité des usagers.
C’est dangereux parce qu’ils pourraient tomber sur les sites de campement, justifie la responsable de la conservation au parc national, Nadine Ringgenberg.

Les abattages ont lieu près du camping de l’Anse-à-William. Sur les 81 sites de camping touchés, une cinquantaine seront des coupes totales.
Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix
On est en milieu forestier, composé principalement de sapin baumier. Quand les sapins baumiers arrivent à maturité, ils ont entre 30 et 40 ans. Ils arrivent en fin de vie. Et en plus de ça, il y a la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui est entrée dedans, qui est en train de faire dépérir les arbres.

Nadine Ringgenberg est responsable de la conservation au parc national du Lac-Témiscouata.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Le nombre d’arbres qui seront abattus est difficile à quantifier, selon Mme Ringgenberg, puisqu’ils sont de différentes tailles et parfois de petite circonférence. Elle estime toutefois qu’il pourrait y en avoir entre 10 000 et 15 000.
Le projet, dont le coût est estimé à 50 000 dollars, se fait en collaboration avec la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, notamment puisque le site a un potentiel archéologique.

Les rubans roses indiquent les arbres qui doivent être préservés.
Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix
Après la coupe, le reboisement
La Sépaq travaille aussi avec un groupe de chercheurs universitaires pour optimiser non seulement la sélection des arbres coupés, mais aussi ceux qui devront être plantés.
En effet, du reboisement sera effectué au printemps avec différentes essences d’arbres plus résilientes aux changements climatiques, précise le chef de services et spécialiste en conservation pour la Sépaq, René Charest. Ces espèces-là vont retrouver des conditions gagnantes dans 10, 20, 30, 40, 50 ans.

La Sépaq en vient à la conclusion qu'elle doit intervenir pour assurer la régénération adéquate de la forêt, soutient René Charest.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Sorbier d’Amérique, pin blanc, chêne rouge, érable à sucre : ce sont quelques essences d’arbres qui seront plantés pour remplacer le paysage dénudé.
On observe, au cours des dernières années, un risque qui grandit avec des arbres dangereux en lien avec les changements climatiques; les périodes de sécheresse, les espèces envahissantes, énumère René Charest.
Celui qui a parcouru la province pour visiter les parcs nationaux constate que c’est une réalité qui n’est pas seulement propre au Témiscouata. Des abattages ont également eu lieu au parc national du Mont-Orford et à celui des Îles-de-Boucherville.
Si on veut maintenir des forêts en santé, on a à intervenir. On pourrait appeler ça “jardiner nos forêts”.

Le Groupement forestier du Témiscouata est situé dans la petite municipalité d'Auclair, près du parc national du Lac-Témiscouata.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Qu’adviendra-t-il du bois coupé?
Le Groupement forestier de Témiscouata récupère le bois et le vend ensuite aux scieries et usines forestières locales.
Dans tous les cas, on essaie de donner une seconde vie à ce bois-là, faire en sorte qu’on puisse soit l’utiliser pour les pâtes et papiers, soit le réutiliser pour le bois d'œuvre, indique M. Charest, rappelant que plusieurs entreprises forestières se trouvent à proximité du parc.


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