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Des matières de plus en plus revalorisées à l’écocentre de Rimouski

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De plus en plus de matières évitent l'enfouissement chaque année à l'écocentre de Rimouski. En 2025, plus de 80 % des matières reçues ont été valorisées, contre 70 % il y a 10 ans, selon les données de la Ville de Rimouski.

Plus de 6600 des 8300 tonnes de matières ont donc été valorisées l'an dernier.

Au Québec, la moyenne de matières reçues dans les écocentres qui sont valorisées est d'environ 75 %, selon le plus récent bilan de la gestion des matières résiduelles de Recyc-Québec.

À Rimouski, le nombre de visites effectuées à l'écocentre a lui aussi grimpé en flèche dans les dernières années. L'écocentre a enregistré environ 43 500 visites en 2025, soit 10 000 de plus qu'en 2015.

La population est en croissance. Les gens sont de plus en plus conscientisés. Donc, tout ça aide à l'achalandage de l'écocentre, estime le contremaître aux matières résiduelles à la Ville de Rimouski, Yannick Desbiens.

Une bonbonne de propane à l'écocentre de Rimouski.

La Ville de Rimouski encourage fortement les citoyens à déposer leurs vieilles bonbonnes de propane à l'écocentre, puisque leur collecte par camion à ordures peut poser un danger d'explosion.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il ajoute que la liste des matières pouvant être récupérées s'est considérablement allongée. Elle va des ampoules fluocompactes aux résidus de construction, comme le bois ou les bardeaux d'asphalte, en passant par les pneus, les objets électroniques, les sièges d'auto pour enfants et les matelas.

D'année en année, pour le recyclage et la valorisation, il y a eu beaucoup de débouchés. [...] Il y a tout le temps des ajouts.

Il précise que des recycleurs comme GoRecycle, qui récupère entre autres les réfrigérateurs, viennent chercher les matières déposées à l'écocentre pour les valoriser.

Yannick Desbiens à l'écocentre de Rimouski.

Le contremaître aux matières résiduelles à la Ville de Rimouski, Yannick Desbiens

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Yannick Desbiens ajoute que, pour le moment, il n'est pas permis aux citoyens de se servir dans les matériaux déposés sur place. Seules les portes et fenêtres peuvent l'être.

Le contremaître souligne qu'à son avis, il est particulièrement important que les batteries, comme les batteries de véhicule ou celles qui sont rechargeables ou au lithium, soient apportées à l'écocentre plutôt que jetées à la poubelle ou au bac bleu.

Je pense que c'est un élément assez important qu'il faut ramener aussi parce que ça cause bien des problèmes dans des centres de tri et autres, ajoute Yannick Desbiens.

Détourner le plus de matières possible de l'enfouissement

Le conseiller en environnement à la Ville de Rimouski, Mathieu Geneau, croit lui aussi que la conscientisation des citoyens explique en grande partie l'augmentation de la proportion de matériaux valorisés à l'écocentre.

La pandémie aussi a eu son influence, puisque les gens ont eu le temps de faire le ménage à la maison et ils voulaient se débarrasser de certaines choses. Donc, ils ont découvert l'écocentre [...] pour pouvoir trier leurs matières, poursuit-il.

Mathieu Geneau à l'écocentre de Rimouski

Le conseiller en environnement à la Ville de Rimouski, Mathieu Geneau

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il s'en réjouit, puisqu'il s'agit d'une autre façon, en plus du recyclage et du compostage, de réduire la quantité de matières envoyées à l'enfouissement.

Cela permet, ajoute Mathieu Geneau, de réduire les coûts d'exploitation du lieu d'enfouissement technique (LET) pour la Ville. C'est très cher, alors que de valoriser les matières, souvent, ça coûte moins cher, lance-t-il.

Surtout, le fait d'enfouir moins de déchets permet de prolonger la durée de vie du lieu d'enfouissement et d'éviter d'avoir à en ouvrir un nouveau sur le territoire de la ville.

On désengorge notre lieu d'enfouissement. [...] On pense qu'il lui reste environ 60 à 80 années [de vie]. C'est long, mais ce n'est pas long non plus. Alors, il faut y penser.

Le conseiller en environnement estime que la Ville peut encore accroître la proportion de matières qui échappent à l'enfouissement.

Le lieu d'enfouissement technique de Rimouski.

Les matières valorisées à l'écocentre sont détournées de l'enfouissement.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Selon lui, l'arrivée du compostage, en 2013, a considérablement aidé à réduire la quantité de déchets envoyée au LET.

Il y a une dizaine d'années, on enfouissait à peu près 35 000 tonnes par année. On est rendus à 29 000 tonnes, ajoute Mathieu Geneau.

Des matériaux de construction à revaloriser davantage

Le conseiller en environnement admet toutefois qu'il y a place à l'amélioration en ce qui concerne la récupération des matériaux de construction.

Il y a beaucoup de choses qui rentrent au lieu d'enfouissement qui ont rapport à la construction. Il y a beaucoup de choses qui restent encore à faire [pour les valoriser].

Il affirme que des améliorations pourraient être faites en ce qui a trait au tri à la source des matières issues de la construction, de la rénovation ou de la démolition. Le bois, entre autres, pourrait être mieux récupéré, estime-t-il.

Mathieu Geneau souligne par contre que certains matériaux ne trouvent que peu de débouchés auprès des recycleurs.

De trouver des gens qui font la valorisation de ces matières-là, il y en a peu [au Québec]. Alors, il y a des coûts assez faramineux à débourser pour pouvoir valoriser quand c'est possible de le faire, mais ça se développe de plus en plus. On ose croire que, dans un avenir assez rapproché, on va être capables de faire mieux encore, conclut-il.

Des morceaux de bois sont posés en piles à l'écocentre de Rimouski.

Le bois peut être récupéré à l'écocentre de Rimouski, mais il pourrait être davantage revalorisé, estime Mathieu Geneau.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La quasi-totalité des visiteurs, soit 90 %, qui fréquentent l'écocentre sont des citoyens, alors que 10 % sont des représentants d'institutions, de commerces et d'industries.

Le lieu d'enfouissement technique de Rimouski a été ouvert en 2005 et l'écocentre en 2007. La collecte des matières compostables a été mise sur pied en 2013.

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