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Des maraîchers de Matane et Caplan délaissent les paniers de légumes pour la prochaine saison, question de souffler et de retrouver un équilibre dans leur production.
Ça vient avec plein d’avantages au niveau de l’organisation et financier, mais ça vient aussi avec un certain stress, confie Étienne Goyer, producteur maraîcher et copropriétaire du Jardin du village à Caplan.
Leur production, comme celle d'autres fermes maraîchères, est à la merci des intempéries, des nuisances et d’une météo capricieuse, ce qui s’accompagne d'une pression d’honorer les abonnements de paniers.
Dans le contexte où on est en réflexion sur la façon dont on veut travailler à la ferme, je voulais me délester de cette pression et de ce stress, ajoute Étienne Goyer.
Depuis la pandémie et jusqu’en 2023, le Jardin du Village assurait la confection et la livraison chaque semaine d'entre 280 et d'un peu plus de 300 paniers.
En 2024, les propriétaires ont diminué le nombre de paniers à 115 pour passer à une cinquantaine à l’été 2025.

Les copropriétaires du Jardin du village, Sonia Boissonneault et Étienne Goyer, sont en réflexion depuis plusieurs années pour trouver la meilleure formule pour opérer leur ferme maraîchère. (Photo d'archives)
Photo : Facebook/Jardin du village
Même son de cloche chez Les Potagers Mycobio, qui, jusqu’à présent, desservent une clientèle avec les paniers et au Marché public de La Matanie, en plus de vendre leurs produits sur les rayons de certains commerces locaux.
On s’essouffle. Malgré tout ce dynamisme, notre situation financière demeure fragile et nous laisse très peu de marge de manœuvre, écrivent les propriétaires dans une publication sur leurs réseaux sociaux.
Les défis hors de notre contrôle [comme] les changements climatiques, les maladies, les insectes et les mauvaises herbes envahissantes ont considérablement alourdi la charge de travail et les coûts de production, sans générer de revenus supplémentaires, ajoutent-ils.
Pour préserver la ferme et notre qualité de vie, nous devons réduire de façon importante notre production afin de mieux gérer ces défis, diminuer la pression et retrouver un certain équilibre.

Marie-Hélène Côté et Denis Morais sont les maraîchers derrière Les Potagers Mycobio. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Les producteurs maraîchers assurent qu’ils continueront d’être présents au Marché public de la Matanie et d’approvisionner certains commerces locaux.
Kiosque et main-d’œuvre
Le Jardin du village misera, quant à lui, sur son kiosque à la ferme, plutôt que de participer à des marchés publics pour vendre ses légumes.
Notre kiosque nous permet d’écouler toute notre production avec ou sans les abonnements de panier, parce que son approvisionnement est plus simple au niveau logistique, soutient Étienne Goyer.

Les fermes maraîchères misent de plus en plus sur la formule du kiosque à la ferme. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin
En plus de cet avantage, M. Goyer ajoute également que l’élément de la main-d’œuvre pèse dans la balance.
Pour faire des paniers, idéalement, il faut avoir au minimum une petite équipe, parce que, si tu as une mauvaise semaine à un moment donné pour des problèmes de santé, par exemple, la livraison de panier revient tous les jeudis quand même, illustre-t-il.
Je ne prévois pas avoir beaucoup de main-d’œuvre sur la ferme l’été prochain, alors je trouve ça risqué de prendre des engagements avec les paniers. On préfère se concentrer sur la mise en marché au kiosque.
Essoufflement collectif?
Comme producteur maraîcher, Étienne Goyer voit de plus en plus une diminution de l’offre chez les maraîchers de proximité.
Depuis les trois ou quatre dernières années, beaucoup de producteurs ont abandonné la production, soit qu’ils sont partis à la retraite ou qu’ils sont passés à autre chose, mais certains ont abandonné à la suite de difficultés financières ou autres, dit-il.

La production maraîchère est à la merci des intempéries, des nuisances et d’une météo capricieuse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette
Il mentionne également que quelques producteurs de la Baie-des-Chaleurs ont réduit leur superficie de production, dont lui, même si d’autres poursuivent leur expansion.
Il semble y avoir moins de producteurs et dans ceux qui restent, certains semblent mieux tirer leur épingle du jeu que d’autres. De façon générale, on sent qu’il y a un certain essoufflement, conclut Étienne Goyer.
Les fermes membres du Réseau des fermiers de famille nourrissent plus de 30 000 familles au Québec et au Nouveau-Brunswick chaque année.


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