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Une centaine de livreurs de colis sont en grève depuis vendredi, à Saskatoon en raison, de conditions de travail qualifiées de dangereuses. Ils sont considérés comme étant des travailleurs autonomes employés par Dragonfly, un des principaux sous-traitants qu’utilise l'entreprise Amazon pour livrer ses colis.
Le point de rupture pour Dhrumit Desai, un des livreurs, est survenu lorsqu’il s’est blessé au travail. Pendant une livraison, il a été mordu par un chien. Lorsqu'il a appelé son superviseur pour l'en avertir, ce dernier lui aurait dit de terminer ses livraisons avant de se rendre à l'hôpital.
Dhrumit Desai avait encore 20 colis à livrer. Le jour suivant, il était de retour au travail, n'ayant pas accès aux indemnités d'accident du travail. Aux yeux de la loi, Dhrumit Desai et ses collègues ne sont pas considérés comme des employés.
Ils n'ont pas non plus accès aux autres indemnités prévues par la loi. Ainsi, ces travailleurs indépendants doivent utiliser leurs propres véhicules et couvrir les couts liés à la livraison, comme l'essence, l'assurance et les réparations du véhicule.
Les livreurs doivent aussi payer des frais de remorquage de leur poche, si leur véhicule tombe en panne et ils doivent payer, si un colis est volé après la livraison.
Une compensation qui diminue
Sharon Chakal Wilson a commencé à faire des livraisons de colis il y a bientôt un an. À ses débuts, le taux de compensation représentait un peu moins de 2 $ pour 2,2 kg.
Depuis son arrivée, la compensation financière des livreurs diminue. Les grévistes ont appris qu'il y a une autre baisse prévue à partir du 14 mai. Le tarif atteindra 1,34 $ pour 2,2 kg.
Pendant ce temps, le prix de l'essence à la pompe a augmenté.
Selon l'Association canadienne des automobilistes, le litre d'essence coûtait en moyenne 1,34 $/L l'an dernier. Lundi, la moyenne était de 1,84 $/L. Le taux d'inflation, lui, a augmenté de 2,39 %, selon la Banque du Canada.
Une retenue de 15 % s'ajoute aussi aux frais engagés par les livreurs, soit des frais d'agence. Cette retenue est prélevée sur leur salaire. Certains d'entre eux affirment ne pas réussir à gagner le salaire minimum.
Dans un communiqué, l'entreprise Dragonfly a affirmé que sa priorité est d'assurer la continuité du service pour les consommateurs et les livreurs et qu'elle n'était pas responsable des conditions de travail.
Dragonfly n'emploie pas directement de livreurs. Nous travaillons en collaboration avec des entreprises de livraison indépendantes qui sont chargées du recrutement, de la planification des horaires et de la rémunération des livreurs, ainsi que de la gestion de leurs pratiques quotidiennes en matière d'emploi, conformément aux lois et réglementations en vigueur, écrit l'entreprise. Nous reconnaissons le rôle important que jouent les livreurs dans l'écosystème de la livraison et nous restons en dialogue avec nos partenaires de livraison afin de mieux comprendre la situation.
Guriqbal Singh admet que, officiellement, il travaille pour un sous-traitant.
Cependant, chaque fois qu’on nous embauche, c’est Dragonfly qui nous envoie un courriel, pas le sous-traitant. Et chaque fois qu’on nous licencie, c’est Dragonfly qui nous envoie un courriel, pas le sous-traitant, dit-il.
Il ajoute que, sur les factures, le nom du sous-traitant n'apparaît pas. C'est Dragonfly qui nous paie.
Depuis le début de leur grève, la moitié des livreurs ont perdu leur emploi, affirme Guriqbal Singh.
Changer la loi pour inclure les travailleurs indépendants
La présidente de la Fédération syndicale de la Saskatchewan (SFL), Lori Johb, soutient les livreurs de colis et souligne leur courage.
La SFL veut modifier la Loi sur l'emploi de la Saskatchewan (The Saskatchewan Employment Act) et surtout la définition du terme travailleur pour que les travailleurs indépendants qui font du travail à la demande bénéficient des mêmes avantages que les autres.
Ainsi, ils auraient droit à un salaire minimum et aux protections garanties par la loi.
Pour nous, un travailleur est un travailleur, un point, c’est tout. Si l’on travaille pour un salaire, cela implique tous les droits qui y sont associés, affirme Lori Johb.
Cette situation n'est pas unique à Saskatoon, affirme la présidente de la SFL. Partout au Canada, les travailleurs à la demande adhèrent à des syndicats.
Avec les informations d'Aishwarya Dudha


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