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Des Libanais du sud ne croient pas en la trêve et rejettent la paix avec Israël

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Dans un centre d’accueil pour déplacés, Mohammad al-Zein a peu d’espoir d’une trêve prolongée entre le Liban et Israël, qui interdit tout retour dans son village proche de la frontière.

« Cette trêve ne veut rien dire pour moi », assure à l’AFP ce jeune homme barbu de 21 ans. « Tant que nous ne sommes pas rentrés chez nous, rien ne compte ».

Son village de Ayta al-Chaab est situé derrière la « ligne jaune » de séparation établie par Israël, qui comprend une cinquantaine de villages dont l’armée israélienne interdit l’accès.

Comme plus d’un million de personnes, Mohammad al-Zein a dû fuir les frappes israéliennes dès le début de la guerre, le 2 mars, et s’est réfugié dans une école reconvertie en centre d’accueil à Saïda, la grande ville du sud.

Moins de la moitié des 600 déplacés accueillis dans cette école sont rentrés depuis l’annonce de la trêve, selon une bénévole, Nevine Hashisho.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu, qui devait expirer dimanche.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre Israël. Le conflit a fait plus de 2400 morts dans le pays, selon les autorités.

Malgré la trêve, Israël a mené des frappes et lancé un ordre d’évacuation pour un village vendredi, tandis que le Hezbollah a revendiqué des attaques contre les troupes israéliennes en territoire libanais. Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a accusé le mouvement pro-iranien de tenter de « saboter » les efforts de paix avec le Liban.

« Des menteurs »

Dans le centre, des déplacés jouent aux cartes et prennent le petit-déjeuner.

« Nous attendons voir comment la situation va évoluer pendant le cessez-le-feu, car nous ne faisons pas confiance aux Israéliens », affirme Izdihar Yassin, une femme de 58 ans qui refuse de quitter le centre d’accueil.

« Ce sont des menteurs. Ils ont tué trois personnes hier. Nous voulons que nos enfants soient en sécurité. Si les Israéliens continuent de violer le cessez-le-feu, nous resterons ici », ajoute-t-elle.

Lorsque la trêve est entrée en vigueur le 17 avril, Ahmad Choumari, 74 ans, est allé inspecter sa maison à Harouf, un village à plus de 30 km au nord de la frontière avec Israël.

Mais il n’a pas osé rester, de crainte d’une reprise des violences. Vendredi, avec la prolongation de la trêve, il a choisi de faire ses bagages.

« Nous rentrons chez nous », dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l’espoir que « que le cessez-le-feu deviendra permanent ».

Il affirme cependant son refus de toute négociation directe, « qui signifierait une reconnaissance de l’ennemi ».

« Ils nous tuent »

À Saïda, seules quelques dizaines de voitures se dirigent vers le sud, chargées de sacs et de matelas.

Dans la grande ville du sud, beaucoup répètent qu’ils sont contre la paix avec Israël.

Donald Trump a affirmé jeudi qu’il y avait une « très bonne chance » de parvenir à un accord de paix entre Israël et le Liban dès cette année.

Il a dit s’attendre à ce que M. Nétanyahou et le président libanais Joseph Aoun se rencontrent « dans les semaines à venir ».

Les deux pays, toujours en état de guerre, ont déjà tenu deux réunions au niveau d’ambassadeurs à Washington depuis le 14 avril pour ouvrir la voie à des négociations directes.

Le Hezbollah est totalement opposé à ces pourparlers et a appelé vendredi l’État libanais à s’en retirer.

« L’État sait ce qu’il fait », dit Waad Afara, 19 ans, qui travaille dans un salon de coiffure et ne semble pas contre des négociations.

« Nous voulons la paix et la sécurité dans le pays, mais nous refusons de faire la paix avec Israël », ajoute-t-elle.

Mohammad Awad, un mécanicien de 38 ans, est plus catégorique.

« Nous refusons la paix, nous refusons toute négociation avec Israël », assure-t-il : « ils nous tuent et veulent négocier avec nous ».

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