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« J'ai commencé à venir en maison des jeunes à 12 ans », raconte Novan Roy, posté au coin des rues Jacques Cartier et Portland. Lui et d'autres habitués des huit maisons de jeunes de Sherbrooke ont donné de leur temps, samedi, pour le traditionnel barrage routier au profit de ces organismes.
La maison des jeunes Azimut Nord à Sherbrooke a vu grandir Novan Roy. Il s’y est rendu fréquemment jusqu'à ses 15 ans. J'aimais ça avoir un adulte à qui parler de plein de choses, que ce soit des sujets sérieux ou non, que tu ne parlerais pas nécessairement avec tes parents, raconte le jeune.
J'y allais tous les jours de la semaine, donc j'aurais certainement eu un parcours très différent.

Novan Roy est un habitué de la maison des jeunes Azimut Nord.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Le barrage routier au profit des huit maisons des jeunes de Sherbrooke permet de récolter des fonds pour financer des activités destinées aux jeunes. Le coordonnateur de la Maison des jeunes Azimut Nord, Éric Beaudet, croit que ce genre d’endroit offre une alternative intéressante à cette clientèle. « Des fois au lieu d'aller niaiser avec tes chums qui vont prendre des mauvaises décisions ou d'aller niaiser au carrefour, tu viens à une place où il y a des choses qui te sont proposées. Il y a des projets dans ta tête qu'on va t'aider à réaliser. »
C'est un choix différent à prendre.
Plusieurs optent pour ce choix, selon Éric Beaudet, qui estime qu’environ 45 jeunes visitent son organisme lorsqu’il fait beau. Des fois on est obligés de dire : “On va aller jouer au soccer dehors, c'est trop plein”, donc c'est encore très utilisé les maisons des jeunes.

Éric Beaudet est le coordonnateur de la maison des jeunes Azimut Nord.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Ce qui est difficile, c'est de garder notre monde
Le véritable enjeu pour l’organisme n'est pas tant d'attirer les jeunes, explique Éric Beaudet, mais plutôt de retenir le personnel qui y travaille. Les salaires ont augmenté un petit peu partout. Nous autres, notre financement reste pas mal stable.
Ce qui est difficile, c'est de garder notre monde. Puis, pour les jeunes, c'est très difficile de créer un lien avec quelqu'un, puis de le voir partir, puis d'essayer de se rattacher avec quelqu'un d'autre, alors, ça, c'est vraiment essentiel, indique le coordonnateur.
Les liens qui y sont créés peuvent avoir une influence sur les jeunes, selon Novan Roy, qui vise des études en travail social au niveau collégial. C'est en partie grâce aux animateurs de la maison des jeunes qui m'ont inspiré que je veux aller dans cette branche-là, reconnaît-il.
Des bénévoles, membres, administrateurs et partenaires des huit maisons des jeunes de Sherbrooke ont également mis la main à la pâte lors de la collecte de fonds de samedi. Ils étaient présents sur 11 coins de rue de la ville.
Avec les informations de Laurence Frappier.


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