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Des hockeyeurs anglophones de l’Outaouais face à l’inconnu pour la prochaine saison

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Des hockeyeurs anglophones pourraient devoir faire une croix sur une place au sein des Sénateurs de l’Outaouais, le nom que porteront les équipes AAA de la région dès l’automne prochain.

Adolescents et parents ont appris dans les dernières semaines que tous les joueurs qui seront membres de ces équipes élites devront être inscrits au programme sport-études de la polyvalente Nicolas-Gatineau en 2026-2027. Résultat, des élèves qui fréquentent une école privée ou anglophone devraient changer d’établissement.

Cette décision ne relève pas de Hockey Outaouais, assure le président de l’association régionale, Pierre Montreuil. C’est le ministère de l’Éducation, dit-il.

Un homme pose devant le logo de Hockey Outaouais.

Le président de Hockey Outaouais, Pierre Montreuil

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

C’est eux qui donnent les guides là-dessus. C’est eux qui font les règlements. La polyvalente doit [les] suivre.

De son côté, le Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD) indique que ce n’est pas une règle qui a été modifiée.

C’est un changement de pratique. La règle existait déjà. Elle aurait dû être appliquée dans les dernières années, ce qui n’a pas été fait, explique la directrice, Manon Dufour.

Manon Dufour lors d'une conférence de presse.

La directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs, Manon Dufour (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Ce que confirme le gouvernement du Québec.

Les organismes sportifs affiliés doivent accepter seulement les élèves-athlètes de groupes fermés qui fréquentent une école Sport-études reconnue. [Cette règle] a été précisée afin d’éviter que des élèves d’une autre école, et dont l’encadrement n’est pas adapté en conséquence, prennent part au volet sportif d’un programme Sport-études en s’absentant sur leurs heures de classe, indique le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) dans une réponse écrite envoyée à Radio-Canada.

Aucun sport-études en anglais

En ce moment, aucune école anglophone de l’Outaouais n’offre un programme sport-études.

Selon le directeur général de la Commission scolaire Western Québec, George Singfield, des joueurs anglophones pouvaient s’entraîner dans le passé avec leurs coéquipiers francophones du programme sport-études. Ils rejoignaient leur équipe après avoir quitté leur classe en début d’après-midi à l’école D’Arcy-McGee ou Philemon-Wright.

La polyvalente Nicolas-Gatineau était très accommodante avec ça, avance M. Singfield. Il s’inquiète maintenant du sort de ces élèves et de ceux qui espèrent rejoindre les équipes AAA dès la fin de l’été.

Un homme pose dans son bureau.

Le directeur général de la Commission scolaire Western Québec, George Singfield

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Si rien ne change, les joueurs en question pourraient devoir étudier en français l’an prochain, déménager en Ontario ou tout simplement jouer au Québec à un niveau inférieur. Des parents dont les enfants sont concernés par la situation n’ont pas voulu accorder d’entrevues, disant craindre des représailles.

Radio-Canada a demandé au ministère de l’Éducation si des changements seront apportés sous peu afin de refléter la réalité régionale de l’Outaouais. Sa réponse? La balle se trouve dans le camp de la Commission scolaire Western Québec (WQSB).

Les écoles anglophones ont la possibilité de mettre sur pied leur propre programme sport-études. Une telle mesure permettrait aux élèves athlètes d’intégrer la structure de hockey de niveau AAA, explique le MEQ. De l’accompagnement a été offert au réseau anglophone de la région de l’Outaouais afin de les soutenir dans cette démarche, ajoute-t-il.

Un entraîneur surveille une séance d'entraînement.

Francis Wathier, ancien joueur des Olympiques de Gatineau, sera responsable des programmes sport-études dès l'automne prochain en Outaouais. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté de Francis Wathier

Le temps commence à manquer

Un programme sport-études a déjà existé à Philemon-Wright. Mais on l'a suspendu. On avait de la difficulté à trouver assez d'élèves, explique M. Singfield.

Ce dernier dit qu’il faut au moins 25 élèves pour obtenir une demande de reconnaissance du ministère.

Ce n’est pas nécessairement des athlètes qui proviennent du même sport. On pourrait avoir des nageurs et des élèves qui font du hockey. Mais nous n’avons pas ce nombre en ce moment. Alors, c’est ça le défi.

La Commission scolaire Western Québec dit que, même si elle voulait mettre sur pied un programme en vue de la prochaine rentrée, le temps commence à manquer. La date limite pour une inscription a été fixée au 10 avril.

Un sac de sport arborant le logo de l'Intrépide de l'Outaouais.

Les programmes du sport-études existent sous le nom de l'Intrépide de l'Outaouais jusqu'à l'automne prochain. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

George Singfield suggère une solution intermédiaire à Québec. Il aimerait que le gouvernement accorde une dérogation aux élèves anglophones en vue de la prochaine année scolaire. Une telle décision donnerait à son équipe le temps d’analyser et de préparer une éventuelle demande pour un programme sport-études.

Collaboration entre anglophones et francophones

La WQSB obtient un coup de main à ce chapitre de la part de la CSSD.

De notre côté, c’est vraiment de continuer à collaborer, à voir comment on peut innover avec Western Québec, de voir quel modèle ça pourra prendre dans le futur, confirme Manon Dufour.

C’est sûr que nos travaux ne sont pas terminés. Ce qu’on souhaiterait avoir, c’est une année de transition pour les élèves athlètes anglophones [...] Il y a encore des discussions à avoir. On verra ce qui en sera. On sera évidemment partenaire.

Ils sont sur la même page que nous, tient à souligner George Singfield en parlant de la CSSD. Ils veulent une solution.

Des fois, des gens pensent que c’est une façon d’exclure les anglophones. Je ne vois pas ça comme ça dans ce cas-ci. Il y a des règles en place.

Des personnes présentent des chandails de hockey aux couleurs des Sénateurs d'Ottawa.

Les Sénateurs d’Ottawa ont annoncé un nouveau partenariat avec Hockey Outaouais. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

Hockey Outaouais promet, pour sa part, de se battre pour les hockeyeurs anglophones.

Nous, on veut les avoir. Il y a des joueurs talentueux. La langue, c’est une barrière des fois que je trouve que ça n’a pas sa place. On va les accueillir avec plaisir, affirme Pierre Montreuil en français.

Nous allons tenter de trouver une solution avec le gouvernement, ajoute-t-il.

Une réunion au sujet de la prochaine saison est prévue notamment avec les parents, mardi soir. La question du sort des joueurs anglophones sera abordée à nouveau.

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