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Des heures et des heures pour se préparer à un débat électoral

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Les débats s’enchaînent depuis quelques jours dans cette campagne électorale provinciale. Il s’agit d’un moment crucial pour les chefs de partis et les candidats, qui tentent de rejoindre le plus d’électeurs possible.

À quoi ressemble la préparation pour participer à ce genre d’événements?

Cinq candidats du Saguenay–Lac-Saint-Jean nous ont ouvert leurs portes pendant une période de préparation. Ils s’entendent tous pour dire que plusieurs heures y sont consacrées et qu’il s’agit d’une période importante de documentation.

Une préparation en pleine nuit

Chez le candidat libéral dans Roberval, Serge Bergeron, les journées débutent dès 3 h. Il prend ce temps pour faire des lectures.

Je me lève tôt, la nuit, parce que c’est tranquille. Je peux lire, je peux faire des recherches. Le jour, je ne peux pas faire ça, je suis occupé à faire campagne, a expliqué Serge Bergeron.

Un homme et une femme lisent des documents dans un grand bureau.

Le candidat Serge Bergeron est seul avec son attachée Hélène Gaudreault lorsqu’il se prépare sa participation aux différents débats.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Sa table de cuisine est pleine de documents. C’est son repère pour la préparation aux débats. Chaque pile de feuilles représente un thème où des informations bien précises sur la circonscription.

Il utilise aussi son ordinateur. C’est là qu’il retrouve une panoplie d’informations sur les promesses et les lignes de son parti.

Il y a une application sur laquelle on a les annonces du jour. Il y a également ce qu'on appelle le jeu de cartes. Il doit avoir à peu près 125 cartes sur différents sujets, comme l’économie, la famille, la jeunesse et tout ça. Donc, on va chercher dans ces cartes-là de l'information du parti et qui est toujours mise à jour au fur et à mesure que les annonces se font durant la campagne.

Apprendre à couper la parole

En arrivant dans les bureaux des solidaires à Chicoutimi, on aperçoit rapidement un grand tableau où sont indiqués tous les débats à l’agenda ainsi que les thèmes qui seront abordés.

Jeanne Palardy regarde un tableau.

La candidate solidaire Jeanne Palardy avoue passer beaucoup d’heures à préparer ses débats.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Un outil fort utile pour l’équipe de Jeanne Palardy. Elle avoue qu’une partie de sa préparation se fait chez elle, seule, en pyjama. Par contre, elle tient à la portion qui se fait en groupe. Cela lui permet d’échanger des idées, mais aussi de pratiquer certains aspects d’un débat.

Moi, couper la parole, ce n'est pas nécessairement quelque chose qui est dans mes habitudes. J'essaye de rester très respectueuse dans mes échanges, sauf que là, dans un contexte de débat, il faut savoir le faire, il faut savoir parler au bon moment, puis s'incruster finalement dans une conversation. Ça, on l'a pratiqué avec mon directeur de campagne, a-t-elle raconté.

L’animateur et les questions

Dans le local électoral de la candidate péquiste dans Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, ça grouille de bénévoles. Ça rentre, ça sort. Certains font aussi des appels.

Dans une petite salle au fond du local, la députée sortante discute avec deux membres de son équipe. Elle ne s’en cache d’ailleurs pas, une partie de la préparation est faite par des bénévoles.

Marie-Karlynn Laflamme discute avec ses bénévoles.

La candidate péquiste Marie-Karlynn Laflamme peut compter sur toute une équipe de bénévoles pour l’aider à préparer ses débats.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Il faut vraiment que je redonne beaucoup de crédit à mon équipe parce que c'est elle qui fait un premier jet. Ce sont eux qui font justement le travail d'aller chercher toutes les orientations du parti sur un sujet donné. Puis, ensuite, on en discute ensemble pour voir comment est-ce qu'on intègre ça avec nos enjeux régionaux, a mentionné Marie-Karlynn Laflamme.

Elle prend aussi en considération l'identité de l’animateur du débat lorsqu’elle le prépare afin d’anticiper certaines questions.

Souvent, on s'en parle, on se dit, bien moi je l'ai déjà entendu, par exemple, il tourne les questions de bord pour sortir des affaires ou bien d'habitude, il est très pointu.

Le cahier d’étude à Yan

À Jonquière, le caquiste Yannick Gagnon n’est jamais bien loin de son cahier d’étude. Son équipe y glisse chaque annonce de la cheffe Christine Fréchette avec les détails.

L’objectif lors de sa préparation? Régionaliser les annonces.

Un cahier mauve où il est indiqué cahier d'étude Yan.

Le député sortant dans Jonquière, Yannick Gagnon, possède un cahier d'étude qui regroupe plusieurs informations sur les engagements de son parti.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

En ce moment, l'ensemble des partis, nos chefs, sont aux quatre coins du Québec, font de grandes annonces avec des chiffres astronomiques parce qu'ils sont vraiment sur la scène nationale. Alors, après ça, c'est de prendre cette nouvelle-là, que ce soit en santé, en éducation, pour les familles, et de la ramener localement. Qu’est-ce que ça peut changer pour nous? a expliqué le député sortant.

Un homme en chemise bleu qui lit des informations dans un cahier.

Le caquiste Yannick Gagnon a passé près de 10 heures à préparer le débat régional qui se déroulera sur les ondes de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Les simulations font aussi partie de l’horaire.

J'aurai trois personnes de grande notoriété politique qui feront une simulation. Je serai au lutrin et puis, pendant deux heures, ils s'amuseront à jouer à l'adversaire politique. Donc ça, ça arrive aussi où les personnes vont se prendre pour d'autres partis.

Beaucoup de lecture

Rencontrée dans un restaurant de Saguenay, la conservatrice Catherine Morissette faisait des lectures sur différents sujets. Pour elle, c’est la clé de sa préparation.

Je suis vraiment meilleure quand je lis et quand j'entends, que quand je débats, que quand je fais des simulations. On a donc changé de direction, a-t-elle précisé.

Chronomètre à la main, la candidate dans Dubuc s’assure aussi de tenter de livrer son message dans un temps donné.

Ça ne demande jamais assez de préparation, ça, c’est clair, a lancé Catherine Morissette.

Une femme sur son ordinateur dans un café.

La candidate conservatrice dans Dubuc, Catherine Morissette, lit beaucoup de documents pour se sentir prête pour les débats.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Bien qu’elle consacre beaucoup de temps à la documentation, elle martèle qu’être sur le terrain demeure une priorité.

Il y a le terrain, c’est quand même là que tu vas chercher ta base et le plus de votes. C’est une décision ambivalente un peu pour le temps qu’on met [dans un débat] et ce que ça rapporte. La préparation c’est excessivement important, il faut que ça prenne de la place, mais il faut aussi se garder du temps pour aller sur le terrain, a mentionné Mme Morissette.

Ces cinq candidats croiseront le fer dans le cadre du grand débat régional présenté jeudi midi en direct sur Radio-Canada.ca/Saguenay-Lac-Saint-Jean (nouvelle fenêtre), l’application RC Info et la chaîne YouTube Radio-Canada Information (nouvelle fenêtre). L’événement se déroulera au Théâtre C à Chicoutimi.

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