Novembre 2018. Le prix de l’essence s’élève et la colère enfle. Partout dans l’Hexagone, dans les préfectures, les sous-préfectures, les cantons, les chefs-lieux, sur ces ronds-points installés à la lisière de ces zones d’activités commerciales où s’entassent de grandes enseignes dans des magasins en tôle, les gens se réunissent, échangent, organisent des barrages filtrants. Le gilet jaune est sorti de la boîte à gants pour devenir le symbole d’une révolte, une bannière portée par ceux qui se sentent délaissés, toisés, et même méprisés par les habitants des métropoles et, plus encore, par le pouvoir politique et économique parisien dont Emmanuel Macron est l’incarnation la plus visée.
Le Gers, département rural du Sud-Ouest, emblématique de ce que l’on nomme «les fractures françaises», n’échappe pas à cette contestation, héritière des jacqueries médiévales. Pour Alexandre Arlin, cette période inflammable est un baptême du feu. «Je me suis engagé à La République en marche [le nom du parti présidentiel à l’époque, ndlr] en 2018. Au cours de la première réunion publique à laquelle je participais, des Gilets jaunes sont venus avec des casseroles. Nous avons dû faire barrière avec notre corps pour les empêcher de rentrer dans la salle», se remémore le Gersois de 31 ans. «C’est révélateur d’un problème, toujours actuel: en France, les gens qui ne sont pas d’accord entre eux ne s’écoutent plus», soupire celui qui travaille dans la communication et dans l’IA générative.


4 week_ago
46




















.jpg)






French (CA)