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"On ne peut pas vraiment dire qu'on est totalement surpris par ces attaques. Au mois de novembre, le président Donald Trump avait mis en garde les djihadistes nigérians, il avait même ordonné à l'armée américaine de se préparer à intervenir dans ce pays pour combattre les groupes islamistes militants", rappelle Nina Wilen, directrice du programme Afrique à l'Institut Egmont qui souligne la distance entre ces attaques et "les objectifs annoncés dans les différentes stratégies de défense des États-Unis. On pourrait penser que ce sont des attaques très symboliques pour Noël en lien avec l'idée que ce sont des chrétiens qui sont visés au Nigeria par les djihadistes même si l'on sait très bien que ce n'est pas le cas et que les terroristes attaquent sans discernement aussi bien les chrétiens que les musulmans".
Pour la chercheuse, cette intervention américaine au Nigeria pourrait ouvrir "une piste de collaboration entre Washington et les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES – Niger, Burkina Faso et Mali, NdlR) pour développer des relations plus centrées sur le contre-terrorisme. Les États-Unis et le Mali ont rouvert un canal de dialogue. Les premiers cherchent à avoir accès aux ressources minières du second qui, lui, est demandeur d'une assistance militaire."
Exécutions extrajudiciaires
Pour le nouveau président de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), l'avocat bruxellois Alexis Deswaef, "la légalité de ces attaques pose question. Il est évident que les États-Unis ne pourront pas les justifier par l'argument de la légitime défense. Il est tout aussi clair qu'il n'y a pas eu de vote au Conseil de sécurité des Nations Unies pour les autoriser". Quant à l'accord ou la collaboration des autorités nigérianes, les explications du ministre nigérian des Affaires étrangères ne convainquent pas tout à fait le président de la FIDH, comme elles ne convainquent pas Malik Samuel, analyste basé à Abuja, au Ghana, pour l'ONG Good Governance Africa. Tous les deux envisagent l'explication nigériane comme une tactique des autorités locales soucieuses d'éviter de se mettre totalement à dos les États-Unis de Donald Trump qui, eux, en ciblant un lointain champ de bataille africain mettent leurs menaces à exécution à bas coût.
Une "menace grotesque": le nouveau coup de force de Trump pour faire tomber le président MaduroLe patron de la FIDH souligne encore le risque que les exécutions extrajudiciaires, perpétrées dans de telles attaques, deviennent la norme. "On n'essaie plus d'arrêter ou de juger, on élimine directement. Quelle que soit la cruauté des actes perpétrés par les djihadistes, il y a des lois qui existent. Que ce soit au Nigeria ou dans les Caraïbes, dans la confrontation entre les États-Unis et le Venezuela, avec les attaques ciblées contre des bateaux qui seraient impliqués dans le trafic de drogue, ces exécutions deviennent la norme." L'avocat pointe encore la notion de "frappe chirurgicale" dont se prévaut le président américain. "Il ne faut pas se leurrer, ces frappes font inévitablement des victimes civiles."
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