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« Des fermes risquent de disparaître » : pourquoi ces agriculteurs ont bloqué un rond-point de l’A84

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Ce samedi 7 novembre 2026, la Confédération paysanne appelait à une mobilisation au rond-point de Guilberville (Manche), engendrant des difficultés de circulation.

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Des banderoles ont été apposées sur le pont de l'échangeur 40 de l'A84.

Des banderoles ont été apposées sur le pont de l’échangeur 40 de l’A84. ©Jean-François TORCHIO

Par Rédaction La Presse de la Manche Publié le 7 nov. 2026 à 17h18

Tarte normande sous le bras, François et Gilles marchent sur le bas-côté de la D974 pour rejoindre le rassemblement organisé ce samedi 7 novembre 2026 au rond-point de Guilberville (Manche). « Nous sommes les Ami-e-s de la Confédération paysanne, on est là pour les soutenir, pour un nouveau modèle agricole, pour le revenu paysan et pour le respect du vivant », énumèrent les comparses.

Depuis 10 heures, le rond-point de l’échangeur 40 de l’A84 accueille, à l’appel de la Confédération paysanne, un rassemblement organisé sous la forme « d’un banquet normand avec une kermesse paysanne ». À la mi-journée, un peu plus de 80 personnes, de tous âges, étaient réunies dans une ambiance familiale et bon enfant. Cette manifestation entraîne d’importantes perturbations de circulation. Une vingtaine de membres des forces de l’ordre sont présents et des déviations ont été mises en place.

Néanmoins, les banderoles disposées sur le pont incitant les automobilistes à klaxonner pour soutenir le mouvement « fonctionnent à merveille », juge un manifestant, se réjouissant à chaque coup du klaxon des nombreux véhicules qui passent ce samedi midi. Outre le traditionnel barbecue, des animations sont également proposées comme des courses de brouettes le long du rond-point.

Une kermesse sur fond de crise

Mais derrière cette apparente convivialité se cachent des revendications sérieuses et profondément enracinées.

« C’était important pour nous de nous rassembler ce samedi, de nous intégrer à ce mouvement national qui dure depuis quelques semaines et de créer cette convergence des luttes », indique Nassima Sabir, l’une des porte-parole de la Confédération paysanne de la Manche.

Nos revendications sont multiples et connues depuis longtemps, c’est aussi pour cela que la colère gronde de plus en plus fort !

Cette maraîchère de Guilberville revient sur les conséquences de cet été 2026 : « On a eu un été particulièrement compliqué avec la sécheresse et les canicules à répétition. La réponse gouvernementale n’est pas du tout à la hauteur de nos attentes ».

L’adhérente pointe le fonds de réarmement agricole du plan CASI (Climat, adaptation, sécheresse, incendies), dont l’enveloppe départementale est annoncée à 2,7 millions d’euros. « C’est vraiment un pansement trop petit ! »

Les difficultés d’approvisionnement en fourrage sont l’une des préoccupations du moment : « Il y a beaucoup d’éleveurs qui sont déjà en pénurie. C’est très grave, ce sont des fermes qui risquent de disparaître. Et à côté de ça, on a des politiques publiques qui incitent à nourrir les méthaniseurs avec ces mêmes fourrages avec le prix du biogaz qui est plus intéressant ! »

La Confédération paysanne a réuni un peu plus de 80 personnes, samedi midi, sur le rond-point de Guilberville, paralysant la circulation. Des courses de brouette ont été organisés le long du giratoire.

La Confédération paysanne a réuni un peu plus de 80 personnes, samedi midi, sur le rond-point de Guilberville (Manche), paralysant la circulation. Des courses de brouettes ont été organisées le long du giratoire. ©Jean-François TORCHIO

S’adapter au changement climatique

La Confédération paysanne défend un modèle agricole tourné vers l’agroécologie pour faire face au changement climatique. « On sait depuis des années que ce genre de situation, comme l’été que l’on vient de passer, va arriver de plus en plus souvent. Le Giec l’explique très bien. C’est aussi ces années d’inaction climatique que l’on veut dénoncer », poursuit la maraîchère.

Sur sa propre exploitation, elle a initié des pratiques visant à mieux préserver la ressource en eau : des couvertures au sol pour limiter l’évaporation, « on a adopté un modèle résilient », assure la jeune femme qui récupère l’eau de pluie et arrose en micro-irrigation au goutte-à-goutte.

Toutes les exploitations ne peuvent pas évoluer seules, il faut les aider à modifier leur système.

La Confédération paysanne s’oppose fermement au projet européen dit « Omnibus pesticides », qui prévoit de modifier les règles encadrant l’autorisation de certains produits phytosanitaires. « Après les lois Duplomb 1 et 2, la commission européenne veut réintroduire des pesticides interdits et sans limite de temps », rage la porte-parole. « On repart dans une bataille contre une pure folie ! »

Pour en revenir à cette mobilisation, « on voulait aussi mettre en avant cette forme de solidarité, avec chaque paysan qui vient avec du fromage ou des produits différents », témoigne Nassima Sabir. « On est dans un contexte où on essaye de nous monter les uns contre les autres. Nous, on veut montrer que l’on est soudé, car on est tous dans le même bateau. »

De notre correspondant Jean-François TORCHIO

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