Les relations homosexuelles sont légales en Turquie, mais les personnes LGBT+ sont de plus en plus visées par les autorités turques, au premier rang desquelles le président turc Recep Tayyp Erdogan qui les qualifie de «pervers» et de membres d'un «mouvement déviant». Des experts des droits fondamentaux nommés par l'ONU ont dénoncé mardi une «répression sévère» des organisations LGBT+, affirmant que leur lutte était injustement contrainte.
La Turquie a récemment engagé une campagne répressive, multipliant les descentes dans des bars et discothèques pour homosexuels ainsi qu'aux domiciles de militants et membres de la communauté.
Dans l'actualité: En Turquie, la répression des LGBT franchit un nouveau cap«La Turquie doit cesser le harcèlement de défenseurs des droits humains et d'organisations LGBTI et leur assurer un environnement sûr et propice dans lequel ils peuvent exercer leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association, et continuer leur travail légitime sans craindre une arrestation, des intimidations, la stigmatisation ou la criminalisation», ont appelé ces experts des Nations unies dans un communiqué. Bien que mandatés par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ils ne parlent pas au nom de l'organisation.
Plus de 160 personnes visées par des mesures judiciaires
Au nom de son opération «Ma famille est en sécurité», la Turquie a fermé le 30 septembre le site en ligne et les comptes sur les réseaux sociaux de T24, un important média d'information indépendant, l'accusant de «propagande LGBT».
«Nous sommes préoccupés par le fait que des enquêtes invoqueraient, selon certaines informations, des infractions liées à l''obscénité', la 'moralité' et la prostitution, ainsi que par des communiqués officiels décrivant des associations comme des promotrices de la cause 'LGBT et de l'immoralité' et présentant les personnes LGBTI comme une menace aux familles», ont ajouté les experts.
Lire également: Une cinquantaine de personnes arrêtées à la marche des fiertés à IstanbulIls ont exigé l'arrêt de l'opération «Ma famille est en sécurité», évoquant des mesures judiciaires contre plus de 160 personnes, mais aussi 20 associations et entreprises. Les experts réclament «la libération immédiate des personnes détenues uniquement pour leur travail légitime en faveur des droits humains». Ces spécialistes ont également affirmé être en contact avec le gouvernement turc à ce sujet.


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