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Des défenseurs et des experts mettent en garde contre le danger de diaboliser tout un groupe sur la base des actes d'une seule personne transgenre, à la suite de la tuerie dans une école à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
Selon le Projet pour la prévention de la violence, mené par un groupe de chercheurs indépendants du Minnesota qui étudie les tueries de masse dans le monde, il est faux d'affirmer que ces tueries sont disproportionnellement causées par des personnes transgenres.
Selon leur base de données concernant les tueries de masse, 97,5 % des tireurs sont des hommes, 2 % sont des femmes, et 0,5 % sont des personnes trans.
De plus, selon le Gun Violence Archive, moins de 0,1 % des tueries de masse aux États-Unis de 2013 à 2025 ont été perpétrées par des personnes transgenres.
Statistique Canada, de son côté, estime qu'environ 0,3 % de la population est transgenre.
Aaron Devor, titulaire de la Chaire d'études transgenres à l'Université de Victoria, prévient que de présenter un groupe comme violent sur la base des actions d'un individu ou d'un petit nombre d'individus est dangereux.
Il ajoute que cela peut conduire à une restriction des droits de la personne, ce qui est déjà le cas aux États-Unis et, dans une moindre mesure, ici au Canada, où l'Alberta a limité l'accès des jeunes aux procédures d'affirmation de genre.
La police a indiqué que la tireuse de Tumbler Ridge était une femme de 18 ans qui avait commencé sa transition il y a 6 ans – ce qui, selon M. Devor, n'est qu'un détail concernant cette adolescente et fait l'objet d'une attention disproportionnée.
Le cofondateur du Projet pour la prévention de la violence James Densley explique pour sa part que le discours dans les médias sociaux mettant en cause les personnes transgenres est troublant.
Quand un tireur est transgenre, ce fait devient l’histoire, surtout dans les médias sociaux, indique le spécialiste. Alors que, lorsque le tireur est un homme, leur identité n’est pas spécifiée, car elle est ordinaire.
Il s’ensuit une asymétrie de couverture qui fait que le public se souvient des cas exceptionnels justement parce qu’ils étaient exceptionnels, ajoute James Densley.

La professeure Florence Ashley soutient que l'identité de genre ne doit pas être le cœur du récit.
Photo : Radio-Canada
Florence Ashley, professeure adjointe à la Faculté de droit de l'Université de l’Alberta et militante pour les droits des personnes transgenres, soutient que, sans nécessairement cacher l’information sur l’identité de genre du tireur, cette dernière ne doit pas être au cœur du récit.
Dans une situation où l'on ne comprend pas vraiment les motivations de la suspecte, quand on ne donne pas beaucoup d’informations, le public va mettre l’accent sur ça, et cela apporte une attention malsaine envers les communautés trans dans un contexte politique déjà assez difficile.
Selon le Projet pour la prévention de la violence, 70 % des tireurs de masse avaient un passé connu de traumatismes vécus au cours de leur enfance, comme des abus, de la négligence ou une famille dysfonctionnelle.
D'après la psychologue légiste et cofondatrice du Projet pour la prévention de la violence Jillian Peterson, les problèmes de santé mentale sont rarement la motivation exclusive des tireurs de masse.
Dans une étude publiée en 2021, la chercheuse et ses collègues ont analysé l’ensemble des données de 172 tireurs de masse pour des signes de psychose, des éléments de schizophrénie et autres troubles de l’humeur.
Bien que les troubles de santé mentale et les troubles psychotiques soient surreprésentés parmi les tireurs de masse étudiés, l’étude a conclu que la majorité d’entre eux étaient motivés par d’autres facteurs, comme les conflits interpersonnels, les problèmes relationnels et le désir d’assurer leur renommée.
Avec les informations de Kevin Maimann (nouvelle fenêtre) et de La Presse canadienne


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