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Plus de 1500 étudiants, professeurs et groupes du milieu de l’enseignement supérieur ont signé une lettre ouverte et exhortent le gouvernement du Québec à augmenter le nombre et le montant des bourses de recherche. Une revendication de longue date du Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de l'Université de Sherbrooke (REMDUS).
Tel que rapporté par Radio-Canada le 10 mars dernier, le nombre de demandes de bourses au Fonds de recherche du Québec (FRQ) a fortement augmenté depuis 2022, passant de 4500 à 6900. Par contre, le nombre de récipiendaires est resté sensiblement le même, faute d’argent disponible.
Lors du dernier concours du FRQ, près de deux personnes sur trois ont vu leur demande de bourse refusée. Un manque de soutien financier que déplore le directeur des affaires politiques et externes au REMDUS, Marc-Olivier Jacob. Seulement 30 % des bourses ont été octroyées alors qu’il y a deux ans, c’était 48 %, souligne-t-il.

Marc-Olivier Jacob. directeur des affaires politiques et externes au REMDUS.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Il y a un doctorant sur deux qui abandonne, avance M. Jacob qui dresse un lien direct entre le manque d’appui financier et le décrochage de certains étudiants des cycles supérieurs.
Une indexation réclamée
Le montant des bourses a été revu à la hausse par le gouvernement, pour les faire passer de 17 500 à 20 000 dollars pour les étudiants à la maitrise et de 21 000 à 25 000 dollars pour ceux au doctorat. Une hausse jugée insuffisante par les signataires de la lettre ouverte.
Surtout avec la hausse du coût de la vie, souligne le psychoéducateur et ancien boursier du FRQ, Rémi Paré-Beauchemin. ll y a la crise du logement, mais il y a aussi l’insécurité alimentaire chez les étudiants, ajoute-t-il. Il faut vraiment ajuster les bourses.
Les (dépenses pour les) besoins de base augmentent très rapidement. Les bourses devraient pouvoir suivre le coût de la vie.
M. Paré-Beauchemin rappelle d’ailleurs que les bourses ne sont pas utiles qu’aux individus récipiendaires, mais à toute la collectivité. Les personnes étudiantes en recherche contribuent directement à réaliser des projets qui ont réellement des retombées pour la société

Rémi Paré-Beauchemin, psychoéducateur et ancien boursier du FRQ,
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Afin d'améliorer les conditions de vie des étudiants, l’Union étudiante du Québec réclame une hausse du montant des bourses et une indexation pour les prochaines années. On estime que Québec devrait injecter 65 millions de plus. Ça permettrait de créer 595 nouvelles bourses, mentionne Marc-Olivier Jacob du REMDUS.
Bishop’s favorable à une bonification
Le vice-principal associé par intérim à l’Université Bishop’s, Matthew Peros, se dit favorable aux revendications étudiantes. Je comprends parfaitement la position des étudiants, dit-il. C’est quelque chose qu’on soutient, mais en même temps, il y a des enjeux budgétaires

Matthew Peros, vice-principal associé par intérim à l’Université Bishop’s,
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
M. Peros explique que son université tente aussi d’améliorer le soutien financier offert aux étudiants par ses propres programmes. On peut faire plus aussi à Bishop's, croit-il.
Si possible, l'idéal serait d'augmenter le montant de chaque bourse et leur nombre.
Le vice-principal constate que certains étudiants ont de la difficulté à terminer leur parcours dans une période de temps qui est appropriée. Si un étudiant a besoin d'occuper un autre emploi, c’est difficile pour lui, souligne-t-il. C’est quelque chose que toutes les universités constatent.
Un retard comparativement au fédéral
Le REMDUS demande à ce que le programme de bourses du gouvernement du Québec soit comparable à celui du fédéral. Le gouvernement du Canada offre annuellement 15 000 $ de plus que le FRQ aux étudiants au doctorat.

Campus principal de l'Université de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
On le sait que le contexte économique ne favorise pas ce genre de dépenses, mais tout au long de l’année, quand on a rencontré les titulaires de charges publics, on a insisté pour dire que ce sont des investissements, souligne Marc-Olivier Jacob du REMDUS.
Ce sont des personnes étudiantes qui vont faire des projets en recherche, qui vont innover. C’est vraiment des investissements sur le long terme. On garde espoir malgré le contexte actuel
La ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, qui a rencontré récemment les représentants de l’Union étudiante du Québec dit partager l’objectif de retenir les talents au Québec et d’assurer le parcours de recherche des étudiants.
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