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Seize des plus grandes entreprises canadiennes ont fait des dons aux campagnes politiques d’élus américains qui ont soutenu la fausse affirmation de Trump selon laquelle l’élection de 2020 avait été « volée », en votant contre la certification des résultats, ont établi des chercheurs.
Parmi ces entreprises figurent les géants du gaz naturel Fortis et Enbridge, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), la Banque de Montréal (BMO) et le géant de la foresterie et du papier Domtar. Brookfield, la firme d’investissement canadienne — et employeur du premier ministre Mark Carney entre 2020 et 2024 — figure également sur la liste, en raison de dons effectués par sa filiale américaine détenue en majorité, Westinghouse.
Ces entreprises ont toutes effectué leurs dons par l’intermédiaire de comités d’action politique, ou PAC, détenus par leurs filiales américaines. Parmi les élus américains ayant reçu ces fonds se trouvent le sénateur texan Ted Cruz, Jason Smith, président de la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants, et le président de la Chambre, Mike Johnson.
« Il est profondément préoccupant que des entreprises canadiennes de premier plan aient des filiales dotées de PAC qui financent les campagnes de politiciens ayant tenté d’annuler les résultats d’une élection démocratique aux États-Unis, alors que les tribunaux avaient statué que le scrutin était équitable », a déclaré Christopher Avery, directeur de Donations and Democracy, en annonçant les conclusions mardi.
Cette organisation américaine suit les entreprises étrangères dotées de filiales aux États-Unis qui ont soutenu des élus ayant voté pour annuler les résultats de l’élection de 2020, à partir des données publiques publiées par la Commission électorale fédérale américaine. Le rapport recense les dons effectués après les votes du Congrès certifiant les résultats de l’élection de 2020, les 6 et 7 janvier 2021, jusqu’au 2 mars 2026.
« Ces dons de campagne peuvent faire la différence quant à qui est élu au Congrès américain », a affirmé M. Avery. « Ces mêmes entreprises canadiennes se disent respectueuses de la démocratie et des droits de la personne, mais il suffit de regarder à qui les PAC de leurs filiales versent des dons pour que la réalité apparaisse bien différente. »
Aucune des 16 entreprises dont les filiales américaines sont dotées de PAC ayant contribué aux campagnes de ces élus n’a répondu à Donations and Democracy lorsque le groupe les a invitées à formuler des commentaires, des corrections ou des précisions concernant les conclusions, selon l’organisation.
Le rapport répertorie également des groupes de lobbying industriels dont des entreprises canadiennes sont membres et qui disposent de PAC ayant contribué aux campagnes d’élus américains ayant voté contre la certification des résultats de l’élection américaine de 2020.
Trois de ces entreprises ont répondu : Alimentation Couche-Tard/Circle K a indiqué à l’organisation que, bien qu’elle soit membre cotisant de l’Association internationale de la franchise (IFA) — dont le PAC a effectué les contributions —, elle « ne contribue pas au comité d’action politique de l’IFA ».
Entegrus Powerlines (une entreprise de services publics détenue en majorité par la municipalité de Chatham-Kent, en Ontario) et Hydro-Québec ont toutes deux été citées dans le rapport en tant que contributrices, car elles étaient membres de l’Edison Electric Institute, un groupe de lobbying américain dont le PAC a contribué aux campagnes de plusieurs des élus concernés.
Entegrus a confirmé à Donations and Democracy qu’elle n’avait pas renouvelé son adhésion au groupe de lobbying en 2026, tandis qu’Hydro-Québec a indiqué avoir eu une adhésion d’essai d’un an à l’organisation en 2024, mais ne pas l’avoir renouvelée.
Confiance en les institutions
Dans les années qui ont suivi l’élection de 2020, des chercheurs ont établi que la campagne de Trump et de ses alliés visant à discréditer les résultats, ainsi que le climat politique qu’elle a engendré, ont également touché les Canadiens. Ces répercussions comprennent une méfiance accrue des Canadiens à l’égard du vote par correspondance et de la légitimité des élections, une normalisation de la rhétorique antidémocratique au Canada alimentée par la désinformation, et une défiance croissante envers les États-Unis.
La question de l’influence des entreprises sur la politique canadienne est également préoccupante, a souligné Duff Conacher, directeur de Democracy Watch, une organisation canadienne qui milite pour une plus grande transparence gouvernementale. Les lois canadiennes sur les groupes tiers sont moins strictes que celles en vigueur aux États-Unis, car elles autorisent des dons secrets et illimités à des tiers, ainsi que des dépenses illimitées et non déclarées entre les élections.
« Tous les partis et gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux doivent de toute urgence adopter des mesures pour empêcher les sociétés multinationales étrangères ayant des filiales au Canada d’intervenir dans nos processus d’élaboration des politiques à l’échelle du pays », a-t-il déclaré. Il a ajouté que tous les partis fédéraux, en particulier le Cabinet Carney et le Parti libéral, devraient sanctionner les entreprises canadiennes qui soutiennent des élus ayant « à plusieurs reprises cautionné des affirmations dangereusement fausses niant des résultats électoraux certifiés par les tribunaux ».
« Si la démocratie est sapée lors de la prochaine élection américaine et que le résultat n’est pas respecté, cela n’affectera pas seulement le peuple des États-Unis, a conclu M. Avery. Cela aura également des répercussions profondes sur le Canada et au-delà. »
Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir, à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.


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