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Près de 500 fermiers albertains se sont réunis mardi soir dans la petite municipalité d’Innisfail pour exprimer leurs préoccupations concernant un changement dans le système de traçabilité des animaux.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) souhaite amender le Règlement sur la santé des animaux pour mieux prévenir le risque d’épidémie.
Le futur règlement introduirait de nouvelles exigences relatives aux mouvements des troupeaux.
Les exploitants seraient notamment tenus de déclarer, sous sept jours, le déplacement de leur bétail d’un site à un autre, auprès d’un administrateur responsable.
La bureaucratie a détruit ma ferme
Mardi soir, les nombreux fermiers présents étaient unanimes : cette nouvelle réglementation n’est pas viable pour eux et encore moins pour les petits producteurs.
Plus de réglementations et plus de dépenses pour se conformer à ces réglementations auront un impact disproportionné sur les petits producteurs. Un grand producteur peut absorber cela, mais les petits producteurs vont ressentir le poids de cette mesure, affirme Lance Neilson, éleveur de bœufs à Stettler.
Dawn Buschert est l’une des organisatrices de cette rencontre. Elle déplore une nouvelle règle qui viendra alourdir la charge administrative qui pèse sur les agriculteurs.
J'étais maraîcher, j'avais une exploitation maraîchère de taille moyenne, et la bureaucratie a tué ma petite ferme, raconte-t-elle.

Dawn Buschert, agricultrice, est l'une des organisatrices de cette rencontre après avoir entendu beaucoup de mécontentement au sujet du nouvel amendement sur la traçabilité du bétail.
Photo : Lina Elsaadi
Elle se dit aussi préoccupée pour les fermiers qui ne sont pas à l’aise avec les outils numériques. En effet, le projet de nouvelle traçabilité prévoit une base de données en ligne que les exploitants devront tenir à jour.
J’ai parlé à un monsieur âgé avant de venir. Je lui ai dit : ''Monsieur, allez-vous pouvoir enregistrer toutes vos vaches dans un ordinateur?'' Il m'a répondu : ''Non, je ne peux pas faire ça''. Le problème, c'est que les petits exploitants agricoles n'ont ni le temps, ni les compétences, ni les outils nécessaires.
Défiance vis-à-vis d’Ottawa
Dans un communiqué du 10 janvier, l’ACIA dit vouloir écouter les préoccupations des agriculteurs au sujet de ce nouvel amendement. Elle annonce mettre en pause la modification du règlement le temps qu’elle soit mieux comprise, et que les inquiétudes soient prises en considération.
Et rappelle l’objectif de cette mesure : Une meilleure traçabilité permet de résoudre plus rapidement les cas de maladie, d'offrir une plus grande certitude aux entreprises et de renforcer la confiance dans le système d'élevage canadien à l'échelle nationale et internationale.
Linda Thurston, éleveuse de bœufs à Big Valley, voit cette régulation comme une ingérence de l’agence fédérale dans son travail.
Le bœuf de l'Alberta est reconnu comme l'un des meilleurs du monde et a une excellente réputation. Il n'y a donc aucune raison de se méfier des agriculteurs. La méfiance vient plutôt des instances officielles d'Ottawa, déclare-t-elle.
Le député fédéral de la circonscription de Yellowhead, William Stevenson, était aussi présent à cette rencontre.
Ce qui est regrettable, c'est que la plupart des gens à Ottawa vont dire que cela ne les concerne pas, donc ils s'en moquent. En tant que député rural, je dois être en mesure de faire comprendre aux autres députés qui élaborent les lois comment cela va affecter les producteurs, a-t-il défendu.
Contactée par CBC/Radio-Canada, l'ACIA n'avait pas répondu à une demande de commentaire lors de la publication de cet article.
Avec les informations de Lina Elsaadi


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