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L'avocat belge Bernard Maingain et son confrère congolais Hervé Diakiese ont déposé une plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) ce 10 juillet 2026 pour crimes contre l'humanité en République démocratique du Congo (RDC). Une plainte portée par des parents de victimes, des survivants de torture et de détention arbitraire mais aussi des associations katangaises qui mettent en avant la répression systémique opérée contre leurs membres.
Pour cette plainte à la CPI, les avocats ont documenté onze massacres qui se sont déroulés sous la présidence de Félix Tshisekedi et qui ont fait plus de 2 000 morts sur toute l'étendue du territoire congolais, de l'assassinat de jeunes membres d'un parti politique (Unafec) ou d'étudiants à Lubumbashi, au massacre d'un groupe mystico-religieux à Goma ou, encore, "l'assaut planifié des forces de sécurité à la prison de Makala à Kinshasa qui a fait plus de 2 000 morts. "Tout est documenté. Images, vidéos, témoignages multiples", explique Maître Bernard Maingain, soutenu par Igor Muteb Sakaumin, un Katangais victime d'un enlèvement transfrontalier. "Dès mon arrestation en Zambie par des Congolais sous les ordres du général John Tshibangu, J'ai été transféré à Kinshasa. Personne ne savait où je me trouvais", confie-t-il avant d'expliquer qu'il se trouvait dans la prison de Makala, le 2 septembre 2024, lors du massacre qui, selon les autorités auraient fait 129 morts. Un chiffre qui ne correspond en rien aux images diffusées en direct par des détenus et des militaires qui filmaient des amas de corps chargés à la sauvette par des militaires dans des camions. "Il y a eu quatre camions, explique M. Muteb, de très nombreux autres corps ont été enfouis sous le bâtiment 11. je les ai vus de mes yeux."
Multiples vidéos
Maître Diakiese, avocat congolais inscrit aux Barreaux de Matadi et de Paris, insiste, lui, sur le poids des discours de haine lancés à surtout l'égard des Katangais. "De nombreux discours, tenus par des responsables du parti présidentiel, par des pasteurs, mais aussi par le président de la République lui-même, sont des messages à l'attention des membres de l'ethnie présidentielle, les Kasaïens. On entend notamment un bourgmestre déclarer : les Baluiba (ethnie du président de la République originaire du Kasaï, NdlR) n'ont pas le pouvoir, ils sont le pouvoir. Ce qui signifie qu'on ne peut leur retirer ce pouvoir. D'autres appellent à la mobilisation des Kasaïens". Certains orateurs zélés n'hésitent pas à appeler au meurtre de tous ceux qui oseraient s'opposer au pouvoir du président Tshisekedi.
La plainte doit désormais être examinée par les services du Procureur de l'institution qui devra décider si celle-ci est recevable.
Le parallèle philippin
"J'insiste, tout est documenté", poursuit M. Maingain, qui insiste aussi sur le temps long de cette justice internationale. Sans préjuger de la décision du procureur, les avocats ont produit un tableau comparatif entre les faits documentés contre Félix Tshisekedi et les actes perpétrés par Rodrigo Duterte, ancien président philippin arrêté le 11 mars 2025 chez lui, à Manille, par les services de la CPI. Le 23 avril 2026, la chambre préliminaire de la CPI a confirmé à l'unanimité les charges contre l'ancien chef d'État philippin.
"Félix Tshisekedi avait annoncé lui-même sa dérive autoritaire le 25 mai 2023 à Mbuji Mayi"Les parallèles entre les actes reprochés aux deux présidents sont étonnants. Les deux hommes ont assis leur pouvoir grâce à une milice privée armée qui bénéficie d'une impunité totale. Tshisekedi, comme Duterte, est pointé pour sa responsabilité directe dans la mort de milliers de Congolais victimes d'une répression qui cherche à asseoir le pouvoir d'un clan sur la prédation des richesses de la République démocratique du Congo.
Mobil du crime
il y a un an, pratiquement jour pour jour, Me Maingain déposait en Belgique une plainte pour le pillage des richesses du Katanga par le clan présidentiel. Neuf membres de la famille Tshisekedi sont cités dans ce dossier déposé au parquet fédéral de Bruxelles. "L'enquête suit son cours. La justice belge fait un travail remarquable", lance Me Maingain. Pour l'avocat, la plainte bruxelloise de l'été 2025 et la démarche à la CPI sont intimement liées.
"Pour asseoir la prédation, il faut des organes répressifs", explique-t-il, en insistant sur de prochaines démarches qui vont venir gonfler la plainte à la CPI. Notamment pour les massacres perpétrés contre la communauté Banyamulenge des Hauts Plateaux du Sud-Kivu ou sur les dérives instrumentalisées de la milice Codeco dans la province de l'Ituri. Un travail "d'encerclement" des dérives du pouvoir congolais.
"Félix Tshisekedi doit rester 52 ans au pouvoir"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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