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Malgré la défaite du Parti conservateur lors des élections générales de 2025, des partisans conservateurs au Manitoba affirment qu'ils apprécient le chef du parti, Pierre Poilievre, et qu'ils respectent les changements qu’il a faits à la suite de la déception. Plusieurs ont tenu à lui manifester leur soutien à l'aube du congrès national du parti qui aura lieu à Calgary.
La constitution du parti dicte que lorsque le parti ne prend pas le pouvoir à la suite d'élections générales et que le chef n’indique pas son intention de démissionner, le parti doit tenir un vote de confiance envers le chef.

Sean Kopytko fera le déplacement à Calgary pour assister à un congrès du Parti conservateur pour la première fois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Graham Sceviour-Fraehlich
Sean Kopytko, membre du parti qui compte voter pour garder Pierre Poilievre en poste, participera pour la première fois à un tel congrès. Il se dit inspiré par la performance de son parti lors des élections qui ont eu lieu en avril dernier.
Le parti a ajouté 24 circonscriptions à son répertoire et a remporté 41,3 % du vote populaire, soit le meilleur pourcentage dans l'histoire moderne du parti.
Je pense qu’il devrait rester comme chef, affirme Sean Kopytko, qui est membre du Club conservateur de l’Université du Manitoba. On a gagné des sièges dans des parties du pays que je n’ai jamais pensé (atteignables).

Shola Agboola, ancien candidat conservateur dans la circonscription winnipégoise de Saint-Boniface—Saint-Vital, estime que Pierre Poilievre continue de créer de l'enthousiasme pour le parti. (Photo d'archives)
Photo : Shola Agboola
Sean Kopytko n’est pas le seul membre manitobain qui participe pour la première fois au congrès, dit Shola Agboola. Ce dernier est un ancien candidat conservateur qui s’est présenté dans la circonscription de Saint-Boniface–Saint-Vital lors des élections de 2021 et 2025.
Il remarque un taux d'intérêt chez les membres de sa circonscription de s’inscrire pour voter sur l'avenir du chef par rapport au dernier congrès du parti qui a eu lieu à Québec, en 2023. Au total, neuf délégués de la circonscription de plus se présenteront à Calgary pour voter, selon Shola Agboola.
M. Poilievre a insufflé une nouvelle énergie et un nouvel enthousiasme au parti, et c'est pourquoi je suis convaincu qu'il est toujours l'homme de la situation, a-t-il affirmé.
Selon lui, les messages de Pierre Poilievre concernant le coût de la vie attirent l’attention du public.
À plusieurs reprises, le chef conservateur a critiqué les gouvernements libéraux de Justin Trudeau et du premier ministre actuel Mark Carney, indiquant qu’ils rendent plus coûteuse la vie des Canadiens.
Un signe de maturité
Toutefois, Pierre Poilievre a récemment promis de coopérer avec Mark Carney dans un contexte de tensions économiques et politiques internationales.
Dorothy Dobbi, une ancienne députée conservatrice, compte également se déplacer pour soutenir Pierre Poilievre. Elle dit apprécier ce changement d’approche.
Elle salue le ton raisonnable qu’a adopté le chef depuis sa défaite.
Perdre une élection est une très grande leçon de vie et je pense que cela a été bénéfique pour Pierre, a-t-elle soutenu.
D'après Dorothy Dobbi, les Canadiens sont fatigués de voir des chicanes entre le premier ministre et le chef de l’opposition, même si le débat intense fait partie de la vie politique.
Apprendre à diminuer ces remarques est un signe de maturité, et je constate que c'est ce qui se passe, ce qui est une bonne chose à mes yeux, a-t-elle affirmé.
Une division importante
Selon un sondage publié par la firme Abacus le 18 janvier, 72 % des répondants qui se sont identifiés comme des électeurs conservateurs voteraient pour garder Pierre Poilievre à son poste.
Par contre, parmi les 1850 répondants, seuls 35 % voudraient qu’il continue en tant que chef.
Le sondage a été réalisé entre le 9 et 14 janvier chez un échantillon aléatoire de panélistes canadiens à partir d'un ensemble de panels partenaires basés sur la plateforme d'échange Lucid.
Je le trouve grossier et arrogant

Le chroniqueur politique centriste du journal le Brandon Sun dit qu'il pourrait voter pour le Parti conservateur, mais seulement s'il était dirigé par un chef qu'il trouve plus modéré et respectueux.
Photo : Gracieusité de Deveryn Ross
Deveryn Ross, chroniqueur politique du journal le Brandon Sun, fait partie des électeurs qui pourraient voter pour les conservateurs, mais qui se retrouvent hors de la base partisane de Pierre Poilievre est .
Cet expert en communications politiques dit avoir travaillé pour cinq différents partis et avoir voté pour le Parti conservateur lors de deux des quatre dernières élections.
Il se dit cependant opposé à l’idée de voter pour un parti dirigé par Pierre Poilievre.
Je le trouve grossier et arrogant, affirme-t-il, regrettant sa négativité constante.
Ce centriste craint que de bas taux d’approbation du chef mènera à un gouvernement majoritaire pour les libéraux, qui sont au pouvoir depuis 2015.
Pour lui, une telle dominance de la part d’un parti risque d’avoir des répercussions nocives pour le pays. Il craint par exemple que cette situation puisse motiver davantage les partisans de la séparation albertaine.
Un calcul politique

Le politologue Frédéric Boily estime que le défi de Pierre Poilievre sera de rassembler les conservateurs des différentes régions du pays. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pour le professeur au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily, la grande base partisane conservatrice devrait permettre à Pierre Poilievre de garder son poste. Il estime que Pierre Poilievre aura par la suite le devoir d’attirer davantage des électeurs plus centristes et modérés, ainsi que ceux de l’est du pays.
Il a ses appuis solides dans l'Ouest, mais cela [seul] ne permet pas d’arriver au pouvoir, a-t-il affirmé, rappelant que les libéraux contrôlent 70 sièges ontariens dans la Chambre des communes, soit 19 de plus que leurs rivaux conservateurs.
Le congrès se tiendra au cours de la même fin de semaine que celui du Parti progressiste-conservateur ontarien. Frédéric Boily se demande s’il ne s’agit pas d’un calcul politique pour éviter que les divisions ne paraissent de manière trop forte sur la place publique.
Contacté, le Parti conservateur n'avait pas fourni de commentaire sur ces propos au moment de la rédaction.
Le leadership de Pierre Poilievre fera l'objet d'un vote de confiance au congrès du Parti conservateur du Canada samedi soir


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