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La Coopérative de solidarité est le cœur économique et social de Roquemaure. Station-service, dépanneur, quincaillerie, agence de la SAQ, petit café et bureau de poste, c’est le point de rencontre du village. Et elle entend bien le rester.
En l’espace de quelques minutes, une dame passe pour acheter du matériel pour une activité à l’école, un couple vient prendre quelques provisions, tout comme un autre client. Présente pour notre entrevue, l’administratrice Karine Péladeau échange avec la plupart d’entre eux.

Karine Péladeau pose avec l'une des vieilles pompes qui seront remplacées par des équipements modernes à la Coopérative de solidarité Dépanneur de Roquemaure.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
La coopérative est née dans la controverse il y a un peu plus de dix ans pour acquérir et opérer le dépanneur du village. Un rôle dont elle s’acquitte très bien depuis, avec une vision pour l’avenir.
Au début, c'était vraiment un service de dépanneur. Mais là, on grandit, on veut se diriger tranquillement vers plus une fonction d'épicerie de quartier, qui encourage aussi les producteurs locaux.
Avec cette première aide financière de 112 500 $ du volet Commerces de proximité du Fonds régions et ruralité de Québec, elle entre dans une phase de développement. La coopérative veut tout reconstruire en neuf, à commencer par les réservoirs et les pompes à essence. Des travaux qui sont prévus l’été prochain.

Nancy Plouffe prépare des bacs pour la nourriture en vrac, dans la cuisine de la Coopérative de solidarité Dépanneur de Roquemaure.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On commence avec des équipements qui vont être transférables dans le projet. On voulait refaire les pompes à essence à neuf. On a aussi des équipements comme les congélateurs et les cuisinières, des équipements qui commencent à être désuets et qu’on veut changer, précise Karine Péladeau.
Des investissements qui servent à la population locale, mais aussi des environs, avec Gallichan qui est à moins de 10 kilomètres.
C'est sûr qu'on n’est pas sur une route principale, mais on dessert non seulement les gens du village, mais aussi ceux qui sont au camping l'été. On est aussi un des passages pour la piste de motoneige, donc l'hiver, on dessert une autre clientèle là aussi. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de stations-service qui sont sur la piste en tant que telle, croit Mme Péladeau.

La Coopérative de solidarité Dépanneur de Roquemaure offre un espace aux clients pour prendre un café et une bouchée. C'est une occasion aussi de briser l'isolement pour certains.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Un lieu de rencontre
La Coopérative de solidarité Dépanneur de Roquemaure est aussi un lieu de rencontre. L’organisme offre un service de cuisine deux jours par semaine. Les gens peuvent venir y manger un repas ou socialiser au coin café aménagé à l’arrière du commerce.
C’est aussi ce qui se rapproche le plus d’une épicerie dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres.
L’épicerie la plus proche, c’est le Tradition à Palmarolle, puis pour une plus grosse épicerie, avec plus de choix, c’est à La Sarre. C’est vraiment ici la seule place. Même chose pour les gens qui veulent un repas rapide. On ne peut pas dire : "Je vais commander une pizza et ils vont venir me la livrer". Donc, on essaie d’avoir un peu de tout, précise Karine Péladeau.

La Coopérative de solidarité Dépanneur de Roquemaure offre une sélection de produits locaux, comme ces conserves de la Champignonerie Abitibi.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Depuis deux ans, la coopérative se fait aussi un devoir de mettre de l’avant les productions locales, alors que Roquemaure est une communauté nourricière. On y retrouve par exemple les conserves de la Champignonerie Abitibi de Gallichan, le bœuf nourri à l’herbe Écobœuf de Dupuy et les Viandes à côté du Bordeleau de Clerval.
C’est une coopérative et les gens ont un sentiment d’appartenance. Ce sont vraiment les gens de la communauté qui permettent à la coopérative de continuer, résume Karine Péladeau.
Des légumes plus accessibles
À environ 10 kilomètres de distance, on retrouve la Coop La Hutte, en bordure de la rivière Duparquet, à Gallichan. Il s’agit d’une ferme maraîchère opérée par des membres travailleurs et auxiliaires. Ils produisent une trentaine de variétés de légumes en été.
Sommes octroyées par le Fonds régions et ruralité : Volet Commerces de proximité
| Garage Tony Mercier | Poularies | 150 000 $ |
| Coop de solidarité Dépanneur de Roquemaure | Roquemaure | 112 500 $ |
| Coop La Hutte | Gallichan | 84 150 $ |
| Quincaillerie Palmarolle | Palmarolle | 150 000 $ |
| Yvon Champoux | Notre-Dame-du-Nord | 150 000 $ |
| La Calvette | Landrienne | 47 750 $ |
| Dépanneur Idéal | Taschereau | 124 755 $ |
| Pièces et matériaux Abitibi | Rivière-Héva | 150 000 $ |
| Marché Tradition | Matagami | 150 000 $ |
| Rona/Pronature | Matagami | 150 000 $ |
| Épicerie G. Bergeron | Val-Paradis | 81 565 $ |
Avec l’aide de 84 150 $ qu’elle reçoit, la Coop La Hutte aménage un kiosque libre-service qui rendra ses produits plus accessibles. Les travaux ont lieu cet hiver, durant la saison morte, pour que le kiosque soit prêt à l’été.

Le kiosque libre-service est aménagé à l'entrée de la Coop La Hutte. Il permettra aux gens de s'approvisionner en produits maraîchers durant toute la saison.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Quand tu vas arriver à la Coop La Hutte l’année prochaine en juillet, il n’y aura pas de vendeur dans le kiosque, ça va être en libre-service. Ça veut dire que les prix seront affichés et tu vas pouvoir te servir. Il va y avoir un mode d’emploi pour te guider. Puis pour le paiement final, soit qu’il y aura une petite caisse ou, sinon, tu vas pouvoir payer avec ta carte, explique Antoine Boissé-Gadoury, un membre travailleur actif de la Coop La Hutte.
On était ouvert juste deux heures par semaine à la Coop, mais là on va être ouvert sept jours sur sept, puis peut-être pas 24 heures sur 24, mais peut-être au moins 10 ou 12 heures par jour.
La Coop La Hutte pourra ainsi économiser un salaire. Elle pourra aussi plus facilement écouler ses produits, d’autant plus qu’elle n’organisera pas le marché public de Duparquet l’été prochain. Sinon, les gens peuvent toujours s’abonner au service de paniers de légumes hebdomadaires.

Le futur kiosque libre-service de la Coop La Hutte de Gallichan est construit par les Compagnons de Charpente de La Motte. La charpente est en bois massif.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On est plus spécialisés dans la culture en champs, mais on s’est acheté deux petites serres non chauffées cette année. Les consommateurs aiment la tomate, le poivron et le concombre. Ce sont des cultures chaudes, ça nous prenait des serres. Et probablement que, cette année, on aura aussi de la fraise. Ça nous prend un produit d’appel pour attirer le monde au kiosque, estime M. Boissé-Gadoury.
De l’essence à Poularies
À mi-chemin entre Taschereau, Palmarolle et Macamic, on retrouve la municipalité de Poularies et ses 660 habitants. Au cœur du village se trouve le Garage Tony Mercier. Le commerce a été fondé en 1958 par le grand-père de Tony Mercier, qui l’a racheté de son père il y a 14 ans.

Tony Mercier derrière la caisse du Garage Tony Mercier, à Poularies.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
En plus d’offrir le service de mécanique générale, le Garage Tony Mercier est la seule station-service du coin.
Je voulais renouveler ma station d’essence, remplacer ma distributrice et mes réservoirs. Quand j’ai vu qu’il y avait un programme de subventions qui s’offrait, j’ai décidé d’aller de l’avant. Mes installations avaient 30 ans, j’étais encore correct pour les normes, mais je voulais le faire avant d’y être obligé, explique Tony Mercier.
La subvention de 150 000 $ a vraiment été la bougie d’allumage du projet, qui s’est réalisé au cours de l’automne.
C’est quand même majeur, parce qu’on parle de changer le réservoir, ce qui est un très gros projet. La subvention, c’est ce qui m’a donné le coup de pouce, la tape dans le dos pour aller de l’avant, au lieu d’attendre encore trois ou quatre ans, affirme le propriétaire.

Le Garage Tony Mercier a profité de l'aide financière de Québec pour moderniser les équipements de sa station-service.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Selon lui, il s’agit d’un investissement crucial pour sa communauté.
C'est la vitalité de notre paroisse. Si t’as pas de station-service, si t'as pas de dépanneur, t'as rien. Le village se voit mourir. Je suis assez attaché à ma paroisse, puis je trouvais que c'était vraiment important de garder ce service-là.
La station-service dessert tout le secteur de Poularies, mais aussi de Sainte-Germaine-Boulé, Destor, Macamic, Taschereau et Palmarolle.

La modernisation de la station-service du Garage Tony Mercier à Poularies profitera à tous les usagers de la route qui passent par le village.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On a du monde d’un peu partout. On est quand même centralisés. On a beaucoup de gens qui passent aussi en motoneige. On est bien situés au niveau du sentier de motoneige, donc on reçoit beaucoup de touristes en hiver, conclut Tony Mercier.


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