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Des collectionneurs qui n’ont pas oublié les Jaros de la Beauce

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« Bienvenue dans la maison des Jaros », s'exclame Gilles Lacombe, en amorçant la visite de son petit musée personnel installé chez lui en hommage à une équipe pas comme les autres, les Jaros de la Beauce.

De septembre 1975 à décembre 1976, la seule équipe canadienne de la Ligue nord-américaine de hockey a marqué les esprits avec son alignement de durs à cuire et son attaque dévastatrice, inspirant en partie le film culte Slap Shot.

Photo d'équipe de hcokey d'époque. Les joueurs sont alignés sur la glace, vêtus de leur uniforme orange, blanc et noir des Jaros de la Beauce.

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Une photo d'équipe des Jaros de la Beauce

Photo : Gracieuseté

Gilets, rondelles, photos, programmes, billets d’antan; l’homme de Beauceville, tout comme plusieurs autres Beaucerons, n’est pas prêt d'oublier l’équipe mythique de hockey professionnelle formée il y a 50 ans cette année.

J’avais mes billets de saison, c’était une équipe spectaculaire, du hockey professionnel, on a été chanceux, se remémore Gilles Lacombe.

Une peinture où l'on voit deux joueurs de hockey et un gardien de but.

Peintre amateur, Gilles Lacombe a recréé avec son pinceau des scènes importantes de l’histoire de l’équipe. Ici, une partie entre les Jaros de la Beauce et les Nordiques du Maine.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

En 1975, il y avait alors trois clubs professionnels au Québec, les Canadiens de Montréal, les Nordiques de Québec et les Jaros de la Beauce. On a fini qu’on les a oubliés, mais c’est revenu au début des années 2000, relate le passionné.

J’ai repris la passion des Jaros, j’ai fait des achats, j’ai complété ma collection comme ça, je voulais que ça reste pour les gens de la Beauce, explique-t-il.

Un cartable de cartes de hockey.

Gilles Lacombe a créé des cartes de hockey aux couleurs des Jaros de la Beauce.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Une tradition qui se poursuit

Gilles Lacombe et Anthony Poulin se réunissent fréquemment pour partager leurs dernières trouvailles. Les deux collectionneurs sont issus de deux générations de partisans des Jaros.

J’ai 25 ans, je suis passionné de hockey, des [ligues] mineures, j’en mange des bonnes anecdotes, explique Anthony Poulin, en montrant une photo de la deuxième saison de l’équipe.

Deux hommes tiennent une photo en noir et blanc.

Une photo montrant le premier trio de la deuxième saison des Jaros avec au centre le joueur étoile de l’équipe Joe Hardy.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

C’est une des plus belles histoires du hockey. Une équipe avec des hauts, des bas, des moments forts, des moments tristes, on a des pointeurs, des "toughs". Je pense à toute l'histoire du hockey professionnel et je ne trouve rien qui rivalise avec la saga des Jaros et tout ça en un an et demi.

Deux gilets précieux

Les deux hommes montrent fièrement deux gilets originaux de la première saison, dont celui de Joe Hardy.

Il n’en reste que deux, lance Gilles Lacombe au sujet de la première mouture des gilets. Au cours de la première saison, les Jaros avaient changé d’uniforme pour une version plus semblable aux couleurs des Flyers de Philadelphie de la Ligue nationale de hockey.

Deux gilets de hockey orange, brun et blanc.

Les deux seuls gilets originaux des Jaros de la Beauce trouvés jusqu’à présent.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Les chandails étaient tellement endommagés par le sang qu'ils ont dû les remplacer, soutient Anthony Poulin. Le style de jeu des Jaros était d’ailleurs fortement inspiré par celui des Flyers de Philadelphie qui venait de remporter deux coupes Stanley consécutives.

Ils ont optimisé les deux facettes du hockey qui primait à l'époque, l’attaque et les toughs. Sur 13 attaquants, il y en avait 6 pour se défendre et le reste était là pour faire des points, relate le passionné.

La formule a bien moussé la popularité de l'équipe. Les partisans de l’époque me disent qu’il y avait tellement de gens aux matchs qu’ils s’assoyaient dans les marches de l’aréna, souligne Anthony Poulin.

Des joueurs de hockey se bagarrent derrière la zone des buts.

Le match d'ouverture des Jaros débute avec une bagarre générale laissant les spectateurs stupéfaits.

Photo : Société historique Sartigan, BAnQ

Souvenir d’enfance

Mon père avait ses billets de saison, c’était sacré, on allait à toutes les games, se rappelle l’auteur-compositeur-interprète Éric Maheu. De doux souvenirs pour le bassiste de Kaïn et de La Chicane dont le père est parti hâtivement.

50 ans plus tard, les souvenirs d'enfance des parties locales sont encore marqués dans la mémoire du Saint-Georgeois nostalgique. Je me rappelle de la senteur de l’aréna, les bagarres dans les estrades, ça me faisait peur, mais il y avait quelque chose que j’aimais là-dedans.

Le musicien garde une petite collection d’objets de l’équipe de son enfance, comme des rondelles, des sous-verre et des programmes. En spectacle dans sa région natale, il en profite toujours pour faire un clin d'œil à son équipe préférée et sa fierté d’être beauceron.

Quand c’est le temps du rappel, je sors mon gilet des Jaros. À chaque fois, les yeux se sont allumés dans la salle.

Un homme avec sa basse sur scène pendant un spectacle.

Éric Maheu porte fièrement son gilet des Jaros de la Beauce lors des rappels de ses spectacles avec ses groupes dans la région.

Photo : Courtoisie: Jonathan Roy Photographe

Il promet d’ailleurs de sortir à nouveau son gilet orange cet été au Festival western de Saint-Victor.

Le shérif des estrades

Le gilet orange qui faisait voir rouge dans les gradins où les bagarres entre spectateurs étaient nombreuses. On m’avait demandé si je ne pouvais pas être shérif dans les estrades pour watcher les bagarreurs, ça brassait trop, lance Daniel Lebreux.

Pour le résident de Saint-Georges passionné de hockey, son histoire avec les Jaros s’est poursuivie même après leur départ. Son équipe de ligue de garage s’est retrouvé avec en main, le gilet blanc de l’équipe de Joe Hardy.

Un homme montre une photo d'une équipe de hockey.

Le capitaine Daniel Lebreux et son équipe du garage Texaco avec les gilets des Jaros de la Beauce.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Bien qu’un nouveau logo était en place, celui d’un garage Texaco, le gilet venait avec la philosophie des Jaros se rappelle Daniel Lebreux. Ça se battait, ça montait dans les estrades, comme les Jaros, relate-t-il.

Le Beauceron se rappelle même avoir perdu les services de son gardien de but suspendu dans une ligue de garage pour la durée des séries éliminatoires.

Les Jaros, du hockey de leur époque, une époque révolue, mais qui n’a pas été oubliée en Beauce.

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