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Des citoyens demandent que les centres de consommation supervisée soient intégrés aux hôpitaux

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Exaspérées par la cohabitation difficile avec les services de consommation supervisée (SCS) dans leurs quartiers, des associations de résidents et de commerçants du Village et du Quartier chinois entendent profiter des élections provinciales pour demander que les services des organismes Spectre de rue et Cactus soient intégrés au réseau de la santé et relocalisés dans des établissements hospitaliers.

Membre du conseil d’administration de l’Association citoyenne du Village de Montréal (ACVMTL), Christelle Perrine est propriétaire de la boulangerie Pain à tartine, de la rue Ontario Est, en face des locaux de Spectre de rue, qui gère depuis 2017 un site de consommation supervisée. Régulièrement, elle est témoin d’attroupements devant l’immeuble et dans les rues adjacentes, de personnes qui s’injectent de la drogue dans l’espace public et d’escarmouches.

Au cours des deux dernières années, la situation s’est détériorée, dit-elle. Des vitrines de commerce ont volé en éclats. Plusieurs cambriolages et méfaits ont été commis. Au mois de mai, une de ses employées a été blessée lorsqu’un individu a refusé de quitter la boutique après avoir eu un « comportement inacceptable » à l’égard du personnel, relate-t-elle.

« Dans Ville-Marie, comme dans Hochelaga, on est aux prises avec une grosse concentration de services dans peu d’endroits. Avec l’augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance et en situation de toxicomanie, la pression est très forte », dit-elle.

Des services intégrés à Santé Québec ?

Elle ne montre pas du doigt Spectre de rue, mais déplore l’absence d’imputabilité des autorités. « La notion de responsabilité est fragmentée. On ne sait plus qui est responsable de quoi. » Selon elle, l’implantation du service en 2017 a été faite sans tenir compte du quartier environnant et de la présence d’une école à proximité. Il ne s’agit pas du syndrome du « pas dans ma cour », ajoute-t-elle. Le Centre-Sud est un quartier bienveillant, accueillant et inclusif, mais les enjeux de toxicomanie se sont intensifiés et le nombre de vendeurs de drogue a grimpé, souligne-t-elle.

Excédés, les commerçants et citoyens du Village ont fait parvenir une lettre aux candidats aux élections dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, dans laquelle ils demandent que les SCS soient intégrés au réseau de Santé Québec et offerts uniquement dans les hôpitaux. « Les personnes aux prises avec une dépendance ont souvent besoin, à la fois, de soins médicaux, psychiatriques et sociaux, de traitement des dépendances et d’aide au logement. Un service isolé ne suffit pas », écrivent-ils.

Christelle Perrine suggère que le SCS de Spectre de rue déménage à l’hôpital Notre-Dame, sur la rue Sherbrooke.

La lettre a été signée par l’ACVMTL et le Collectif Ontario pour un quartier familial, sécuritaire et inclusif, mais également par l’Association des résidents du Quartier chinois (ARQC). Le SCS de Cactus n’est pas situé dans le périmètre du Quartier chinois, mais les répercussions de sa présence à proximité sont visibles dans le quartier, soutient Yvan Michaud, président de l’ARQC. « Ce sont des vases communicants. »

Il croit lui aussi que les SCS devraient être pris en charge par le système de santé dans un cadre hospitalier. « On a confié à des groupes communautaires comme Spectre de rue et Cactus un mandat extraordinaire, mais pour nous, ce mandat relève de la Santé publique, explique-t-il. Les organismes ne peuvent pas être tenus responsables nécessairement de ce qui se passe dans la rue. C’est ça le problème. »

Un « plan de cohabitation » réclamé

Les citoyens et commerçants demandent aussi Santé Québec de publier, d’ici le 1er avril 2027, un bilan « indépendant » des activités de Cactus et de Spectre de rue depuis 2017. Ils estiment aussi que Québec devrait rembourser la Ville de Montréal pour les dépenses qu’elle doit assumer en matière de propreté et de sécurité en lien avec les SCS.

Finalement, les citoyens et commerçants pressent Santé Québec et la Ville d’élaborer un « plan public de cohabitation » pour chacun des SCS en collaboration avec un comité de vigie qui réunirait citoyens, commerçants et organismes concernés.

La question des SCS risque d’être au menu du débat organisé par l’ACVMTL, qui aura lieu mercredi prochain entre les candidats à l’élection dans Sainte-Marie–Saint-Jacques.

Jointe par Le Devoir, Julie Reversé, directrice générale de Cactus Montréal, ne croit pas qu’il soit approprié ni nécessaire de loger les SCS en milieu hospitalier. L’organisme collabore déjà avec le CHUM, souligne-t-elle. Et récemment, le Service de police de la Ville de Montréal a augmenté les patrouilles aux abords du SCS, dit-elle.

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