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Des citoyens de Rouyn-Noranda se sont rassemblés vendredi devant les bureaux du député Daniel Bernard au centre-ville afin d’exprimer leur déception au lendemain de l'adoption du projet de loi 11 à Québec.
Cette mesure concède à Glencore les délais que celle-ci demandait pour la réduction des émissions de contaminants de la Fonderie Horne.
L’autorisation ministérielle est prolongée jusqu’en 2033 et la compagnie dispose de deux ans de plus pour atteindre la cible de 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air (ng/m3).
Toutes deux citoyennes de Rouyn-Noranda, Véronique Doucet et Juliette Lemieux disent osciller entre découragement et désir de poursuivre la mobilisation.
Je n’ai plus aucune énergie. Je suis ici en ce moment et je ne bouge pas trop parce que je n’ai plus d’énergie à donner. Je suis complètement abasourdie, lance Juliette Lemieux, une artiste en arts visuels.

Des citoyens de Rouyn-Noranda se sont rassemblés devant les bureaux du député Daniel Bernard vendredi pour exprimer leur déception au lendemain de l'adoption du projet de loi 11.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Ça vient me chercher dans mes tripes, renchérit Véronique Doucet. Je pense que l’humanité a perdu son sens si la santé de nos enfants et notre santé n’est pas le plus important. Je ne sais pas où on s’en va.
Refusant le statu quo, Juliette Lemieux entend faire fi de sa fatigue et puiser dans ses ressources afin de poursuivre la mobilisation.
On ne va jamais l’accepter. Peut-être que ça va plus rentrer dans l’inconscient des gens. Mais je pense qu'on est une gang à vouloir continuer à militer et à être là dans les moments où c’est nécessaire. C’est malheureux, parce que ces moments-là deviennent de plus en plus fréquents, soutient-elle.
Je n’ai que 21 ans et je suis décidée à être ici toute ma vie, alors autant être là pour me battre pour mon endroit.
Jeudi, le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Daniel Bernard, indiquait que Glencore s'était engagée à présenter sous peu un plan détaillé de ses investissements, évalués à près de 300 millions de dollars.

Isabelle Fortin-Rondeau, co-porte-parole de Mères au front Rouyn-Noranda.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Pour Isabelle Fortin-Rondeau, de Mères au front Rouyn-Noranda, il en faudra davantage pour regagner la confiance de la population.
« Ce serait la moindre des choses, parce que clairement, on a joué dans le scénario où il y avait supposément une entente sur cinq ans avec des cibles, avec des plans, puis finalement, après coup, ils nous disent : Bon, le projet Aeris, ça ne se peut plus », mentionne-t-elle.
« Donc oui, peut-être que présenter un plan, c'est la première étape, mais après ça, c’est de le réaliser et de respecter leur engagement. À partir de ce moment-là, peut-être qu’on aura confiance. Je pense que les actions parlent beaucoup plus que les paroles », assène Mme Fortin-Rondeau.


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