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Des centaines de manifestants pour dénoncer la hausse du prix des logements à Montréal

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« Nous sommes des locataires, tannés d’être augmentés », scande la foule réunie sur le boulevard de l’Assomption. En ce mercredi avant-midi, ils sont plus de 600 à manifester sous une chaleur accablante pour dénoncer la hausse du prix du logement au Québec. À trois mois des élections générales, ils appellent les partis politiques à adopter une approche plus sévère pour endiguer la crise du logement.

Le rassemblement est organisé par la Coalition contre le logement cher (COLOC), qui rassemble 128 groupes ralliés autour de leur préoccupation concernant la situation des locataires au Québec. Leur constat : le gouvernement a jusqu’ici échoué à s’attaquer efficacement à la crise du logement.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes, constate Loïc Goyette, président de l’Union étudiante du Québec. En ce moment, ce n’est pas possible de se payer un appartement. Les loyers sont beaucoup trop chers. » Et la situation ne semble pas s’améliorer. Selon l’Observatoire du Grand Montréal, le loyer moyen pour un logement de deux chambres dans la métropole s’élève désormais à 1920 $ par mois.

« Chaque 1er juillet est désastreux, résume Francis Dolan, porte-parole pour le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). Il y a beaucoup de locataires qui se retrouvent dans de mauvaises conditions de logement, qui doivent trouver un logement qui est souvent plus cher, trop petit pour leurs besoins ou même parfois des locataires qui se retrouvent à la rue. »

Des mesures structurantes nécessaires

Pour le représentant du RCLALQ, le gouvernement doit imposer un contrôle des loyers plus strict. « Ce qu’on s’aperçoit, c’est que beaucoup de logements sont laissés vacants volontairement par des propriétaires pour pouvoir grimper les loyers l’année suivante, explique-t-il au Devoir. À chaque fois qu’il y a des locataires qui quittent leur logement, les propriétaires en profitent pour augmenter abusivement les loyers. »

La COLOC réclame également l’augmentation du nombre de logements sociaux et l’inclusion du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. « Le logement, c’est un droit, ce n’est pas une marchandise », fait valoir Lynda Khelil, porte-parole pour la Ligue des droits et libertés.

Le Tribunal administratif du logement (TAL) est également dans la mire des manifestants. Les participants se regroupent progressivement devant ses bureaux de la rue Sherbrooke, où des militants avaient empilé divers meubles et électroménagers, sous le regard attentif d’une dizaine de policiers qui surveillaient l’entrée de l’immeuble.

« On est devant le TAL parce qu’ils sont complices avec ceux qui nous exploitent », lance Esther Côté, porte-parole du groupe Offensive Populaire. Pour Rémy Foisy, un locataire de 29 ans, le Tribunal administratif devrait notamment mettre sur pied un registre des loyers et encadrer plus sévèrement l’augmentation du loyer pour des logements vacants depuis plus d’un an.

Une crise qui touche toute la société

Personnes âgées, étudiants, familles monoparentales : personne n’est à l’abri de la crise du logement cher, remarque Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. La diversité des manifestants reflétait bien cette réalité.

Dominique Robert, locataire et écrivaine de 69 ans, se dit par exemple « scandalisé » de la spéculation dont fait l’objet le logement. Si elle dit faire partie des « chanceuses » qui habitent dans le même logement depuis plusieurs années, elle remarque que tous n’ont pas sa chance. « Les gens souffrent pour vrai, soutient-elle. Il y a une de mes amies qui a 84 ans qui a habité son logement pendant 35 ans. La maison a été vendue. Là, on lui a demandé de partir. On fait des Airbnb. »

Les jeunes sont également fortement affectés par la crise du logement, selon Loïc Goyette, de l’Union étudiante du Québec. Nouvellement arrivés sur le marché, ils sont frappés de plein fouet par la récente hausse du prix des logements. « L’enjeu, ce n’est pas tant qu’il y a des logements qui sont disponibles ou pas, c’est que ces prix-là, ce n’est pas possible [de les payer] pour la population étudiante », met-il de l’avant.

Frédéric Vachon, organisateur communautaire pour un organisme de défense des personnes à mobilité réduite, s’inquiète quant à lui du sort réservé à cette clientèle. « J’ai des membres qui sont obligés de vivre dans des CHSLD en attendant de trouver des logements qui conviennent à leurs besoins », signale-t-il. Il appelle les élus à venir en aide à tous les locataires. « Si on ne fait rien, la situation va juste continuer de s’empirer, puis on va avoir des morts sur les rues », prévient-il.

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