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Le gouvernement du Québec a déposé un budget, mercredi, avec peu d'annonces précises pour le Bas-Saint-Laurent. Les réactions des représentants régionaux se veulent plutôt négatives. Ils dénoncent notamment l'absence de progrès pour des projets d’infrastructures.
Le prolongement de l’autoroute 20, le réaménagement de la route 293 et la réfection de l’hôpital de Rimouski n’ont pas encore progressé dans le Plan québécois des infrastructures (PQI).
Ces projets font donc du surplace, puisque le PQI établit la liste des travaux qui recevront du financement pour passer l'étape de conception.
La députée indépendante de Rimouski, Maïté Blanchette-Vézina, critique un immobilisme qui se répète depuis des années. Je dirais qu'il y a peu de choses pour la région du Bas-Saint-Laurent. C'est du réchauffé, à mon avis.
L’autoroute 20, on n’en parle pas, je pense que ça fait plus de 40 ans [que ça dure], lance-t-elle.

Guy Caron, maire de Rimouski, en entrevue lors d'une émission radio. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Le maire de Rimouski, Guy Caron, partage cette déception et argue que la réalisation des études pour l'autoroute 20 est une demande qui fait consensus au Bas-Saint-Laurent , a-t-il affirmé au micro d'Info-réveil.
Si les études ne sont pas financées, il n'y a aucune chance que l’autoroute 20 soit prolongée d’ici 2035.
Ce n’est pas un budget qui va passer à l'histoire, a indiqué de son côté Bruno Paradis, le président de la Table régionale des élus municipaux de la région. Reste qu’il y a des éléments qu’on avait demandés qui se retrouvent dans le budget et d’autres éléments pour lesquels on n’a pas de réponse.
Québec a par ailleurs confirmé les fonds pour la reconstruction du pont Arthur-Bergeron dans la Mitis. Le projet passe officiellement de la planification à la réalisation dans le PQI. Les travaux sur cette infrastructure sont toutefois déjà commencés.
La ministre régionale du Bas-Saint-Laurent, Amélie Dionne, n'a pas accepté d'entrevue à Radio-Canada jeudi matin pour revenir sur le budget de la veille.

Québec a débloqué des fonds pour l'industrie forestière. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Des représentants forestiers restent sur leur faim
Québec a débloqué plus de 300 millions de dollars pour l’industrie forestière. Le milieu traverse une période difficile avec, entre autres, des droits de douane de près de 45 % aux États-Unis.
Cependant, Québec n’offre pas de mesure propre aux propriétaires de boisés privés, déplore Michel Lepage, le président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent. C’est décevant.
Oui, il y a des mesures pour l’industrie, indique Michel Lepage, qui espère que cela pourra indirectement profiter aux 9000 propriétaires privés qu’il représente. Il s’agit essentiellement de personnes qui détiennent des lots boisés, mais qui l’utilisent comme source d’investissement et de travail.

Luc Lavoie souligne qu'une partie des mesures d'aide pour l'industrie forestière avaient été annoncées en février. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Pour sa part, la section régionale de la Fédération des groupements forestiers espérait aussi que Québec offre davantage d'aide aux entreprises forestières.
C’est pas assez, on aurait pu avoir plus, mais il y a un répit effectivement, résume Luc Lavoie, le conseiller stratégique pour le Bas-Saint-Laurent.
Considérant l’état actuel de l’industrie au sens large [...] il n’y a pas beaucoup de nouvelles annonces qui apportent de l’air.
Luc Lavoie salue cependant l'arrivée d'un nouveau fonds de 180 millions $ pour la sylviculture. Cependant, il note que plusieurs mesures du budget ont été annoncées lors de la « mini-réforme » du régime forestier.

« De bonnes nouvelles, il y en a peu. Je dirais que c’est quasiment normal quand on regarde l’état des finances publiques», affirme Michel Lagacé.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, estime lui aussi que l'aide aux entreprises forestières est incomplète. Il n'y a pas suffisamment de mesures, notamment pour les plus petites entreprises. Ces gens-là sont laissés sur la voie d’attente.
C’est un budget pour plaire aux agences de notation, analyse-t-il. Je peux comprendre. Mais, ça ne vient pas répondre aux besoins des gens de la MRC.
De son côté, le maire de Rimouski qualifie les investissements dans l'industrie de prometteurs pour la région.

Il n'y a plus beaucoup d'activité à l'aéroport de Mont-Joli. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Quelques millions pour les aéroports
Concernant les aéroports régionaux, Guy Caron met un point positif en lumière. Québec débloque 18 millions de dollars en 2026-27 pour faciliter l’accès au transport aérien régional.
Il faudra encore attendre pour savoir où sera investi cet argent, mais je pense que c’est prometteur et que ça nous permet d’espérer pour le transport aérien régional, estime l'élu rimouskois.
L’aéroport de Mont-Joli, par exemple, n’offre plus de ligne directe avec les grands centres.
Pas l'argent demandé pour la traverse de Rimouski
Le promoteur de la traverse Rimouski-Forestville, Louis-Olivier Carré, avait demandé 9 millions de dollars à Québec pour la relance du lien interrives. Toutefois, cet argent n’apparaît pas dans le budget.

Louis-Olivier Carré est le président-directeur général des Industries Rilec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Il ne semble pas y avoir d’investissement au niveau des infrastructures portuaires, a indiqué l’entrepreneur, en ajoutant qu’il y a peut-être d’autres avenues possibles pour aller chercher du financement.
L’entrepreneur assure que la traverse devrait être de retour cet été, avec ou sans les sommes demandées à Québec.
Le maire de Rimouski, Guy Caron, estime aussi qu’il devrait y avoir des options pour aller chercher du financement même si rien n’est annoncé dans le budget. Il y a toujours une possibilité qu’il y ait des sommes hors programmes.
Les musées auraient voulu davantage
Québec a aussi bonifié l’aide aux institutions muséales de cinq millions de dollars. C’est positif, mais ça reste encore trop peu, selon Martin Roussy, le porte-parole des musées régionaux de l’Est-du-Québec.
C’est comme si on donnait un seau à quelqu’un dont le bateau est en train de couler. [...] On reste à flot, mais la fuite est encore là, affirme M. Roussy. Il revendique notamment une meilleure équité entre le financement des musées des régions éloignées et ceux des grands centres.

Le ministre des Finances, Eric Girard, arrive au Salon rouge pour déposer son budget, le 18 mars 2026.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Du côté de la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup, on déplore l’absence de mesures pour réduire les taxes et les impôts des entreprises privées. On voit un budget qui contrôle les dépenses, mais qui stimule peu l'économie, déplore la présidente Claudette Migneault.
Elle salue toutefois la bonification du crédit d’impôt pour les médias. Mercredi, Québec a annoncé 75 millions de dollars sur cinq ans pour assurer la pérennité de l’écosystème médiatique québécois.
Avec les informations de Michel-Félix Tremblay, de Véronique Duval et d'Isabelle Damphousse


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