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À moins d’une semaine du Jour de la Terre, l’opinion des Américains sur la question de l’environnement dans leur pays est en berne, avec 65 % des répondants à un sondage Gallup qui estiment aujourd’hui que le gouvernement de Donald Trump n’en fait pas assez pour le protéger. Ce taux se rapproche de l’insatisfaction massive et record de 68 % exprimée par ces mêmes Américains sur le même sujet en 1992, l’année où les pluies acides étaient alors au cœur de toutes les préoccupations.
Après le passage du trumpisme sur les politiques environnementales depuis 15 mois, seuls 35 % considèrent que la protection de la nature est excellente ou bonne, soit une baisse de 8 points par rapport à l’an dernier et surtout le seuil le plus bas d’optimisme depuis 2001, résume le coup de sonde annuel de l’institut sur l’environnement.
Il a été lancé dans un bassin de 1000 personnes à travers les États-Unis début mars. Les résultats ont été dévoilés cette semaine.
Et ce désarroi face à la qualité de l’environnement n’est pas sur le point d’être renversé : le populiste a décidé de maintenir ses attaques contre les règlements et les instances chargées de combattre la pollution et le saccage des ressources naturelles, comme l’expose son récent projet de loi budgétaire pour l’année 2027.
En substance, la Maison-Blanche propose de réduire de 4,6 milliards de dollars le budget de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), soit une diminution de plus de 52 % par rapport à l’année en cours. Les opérations de recherche et de subvention de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) seraient également privées de 1,6 milliard, des coupes ciblant principalement les programmes d’adaptation climatique et les subventions à l’éducation.
En évoquant un budget visant à maintenir le cap sur une « politique environnementale de bon sens », le gouvernement républicain prévoit la suppression ou la réduction de programmes liés aux énergies renouvelables, à l’éolien en mer et aux sciences du climat dans plusieurs de ses ministères. Washington cherche aussi à réduire le soutien à l’efficacité énergétique.
Contaminer le monde
Le gouvernement Trump veut également imposer son idéologie environnementale au reste du monde en contraignant plusieurs pays à rompre avec leurs projets de développement durable et de réduction de leur consommation d’énergies fossiles, et ce, par l’intermédiaire du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale (GBM), rapportait cette semaine The Guardian.
« L’automne dernier, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a exigé la suppression de certains objectifs de financement climatique de la Banque mondiale et a insisté sur le fait qu’elle devait “financer toutes les sources d’énergie abordables et fiables… [avec] une approche énergétique globale incluant le financement du gaz, du pétrole et du charbon” », écrit le quotidien britannique. Les États-Unis sont le principal actionnaire de la Banque mondiale.
En février dernier, la Maison-Blanche a mis au rancart une décision scientifique clé de l’ère Obama, au fondement des politiques de la lutte contre le réchauffement climatique aux États-Unis. La « preuve de mise en danger » — c’est son nom — servait de base juridique à la réglementation fédérale sur les gaz à effet de serre (GES). Elle établissait que six d’entre eux, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote, représentent une menace pour la santé et le bien-être des populations.
Selon Donald Trump, cette mesure, qualifiée de « plus grande déréglementation de l’histoire américaine », doit mettre fin à l’« arnaque verte » imposée par les démocrates et réduire le prix de vente des véhicules à essence. Elle devrait aussi faire augmenter la consommation d’hydrocarbure en relançant la production de moteurs moins performants, se sont inquiétés plusieurs environnementalistes.
La question de l’environnement suit les lignes de fracture idéologique aux États-Unis, où près de 8 démocrates sur 10 estiment que la protection de la nature devrait l’emporter sur la croissance économique, alors que 62 % des républicains préfèrent favoriser la croissance économique au détriment de l’environnement, indique le sondage Gallup.
Les deux tiers de ces mêmes républicains ont une perception très positive de la qualité de l’environnement aujourd’hui, contre 16 % à peine chez les démocrates, et ce malgré les attaques de Donald Trump sur les programmes environnementaux. Les partisans du président ne sont aussi que 6 % à croire que le réchauffement et le dérèglement climatique sont des enjeux importants, un taux qui atteint 72 % dans le camp démocrate.


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