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International 21/08/2026 12:17 Actualisé le 21/08/2026 13:32
Le président américain a menacé quiconque commerçant avec l’Iran « d’énormes conséquences économiques ». Des menaces qui témoignent de sa frustration après six mois de conflit.
« Aujourd’hui, j’annonce l’OPÉRATION ÉCONOMIQUE LA PLUS DÉVASTATRICE JAMAIS MENÉE CONTRE UN PAYS ! » Cette annonce tonitruante de Donald Trump mercredi 19 août sur Truth Social a déclenché une nouvelle phase de l’affrontement avec l’Iran, appelant à « une guerre économique et un isolement d’une ampleur sans précédent » contre Téhéran.
Après six mois de conflit, d’innombrables raids aériens et un blocus maritime de grande ampleur, les États-Unis n’ont toujours pas obtenu ce qu’ils recherchaient, c’est-à-dire détruire l’Iran comme l’a clamé de manière grandiloquante et à de nombreuses reprises Donald Trump. Le républicain est tout simplement dans l’impasse, lui qui promettait pourtant de ne pas s’engager dans une guerre sans fin.
Cet enlisement pousse le président américain à changer de stratégie, et à passer de la pression militaire à la pression économique. C’est secrétaire américain au Trésor, Mike Bessent, qui l’a expliqué auprès du média américain CNBC. « Si nous exerçons une pression économique maximale, cela signifie qu’il n’y aura probablement pas de reprise des hostilités à grande échelle », a-t-il affirmé jeudi 20 août. « Pour l’instant », a-t-il jugé bon d’insister.
« Nous sommes en quelque sorte dans une nouvelle phase où l’outil le plus efficace que nous ayons est la pression économique que nous pouvons leur imposer », a complété jeudi le vice-président JD Vance, invité d’un podcast conservateur. En sous-texte, il reconnait que les frappes américaines depuis la fin février n’ont pas fait plier l’Iran et que la force armée ne fonctionne tout simplement pas.
Et l’Iran ne s’y trompe pas, se voyant bien en position de supériorité. « Il vaut mieux mettre fin à la guerre maintenant, alors que nous sommes en position de force et dans la dignité, que le monde entier reconnaît notre victoire et souligne que les Etats-Unis ont attaqué nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures en violation de toutes les règles, et qu’ils sont détestés à travers le monde », a déclaré président iranien Massoud Pezeshkian lors d’une rencontre avec des médecins ce vendredi 21 août.
« Soit avec nous, soit contre nous »
Pour mettre en œuvre son « D-Day économique », tel qu’il le décrit, le président américain compte mettre une pression maximale sur le reste de la communauté internationale pour isoler l’Iran. « Aujourd’hui, j’annonce également que TOUT pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses organismes publics à fournir une aide quelconque à l’Iran s’exposera lui-même à d’ÉNORMES conséquences économiques », a prévenu Donald Trump sur Truth Social.
« Vous êtes soit avec nous, soit contre nous », a résumé Scott Bessent, affirmant qu’il tiendrait une conférence de presse lundi pour « parler précisément de ce que nous allons faire ».
Cette pression semble avoir déjà fonctionné avec un partenaire économique majeur de l’Iran, les Émirats arabes unis, qui ont annoncé dans la foulée de la menace américaine suspendre jusqu’à nouvel ordre « tous les échanges commerciaux et les transactions financières » avec Téhéran.
Des leviers limités contre la Chine
Mais le message de Donald Trump est aussi destiné à la Chine, partenaire commercial indispensable pour Téhéran. 90 % des exportations de pétrole brut de l’Iran sont à destination de Pékin, selon les données de Vortexa Analytics citées dans un article de Reuters.
Sur CNBC, Mike Bessent a ainsi appelé Pékin à « se mettre au diapason ». Mais les leviers d’actions semblent limités pour que Washington puisse imposer sa volonté à son rival. « Toute initiative majeure des États-Unis à l’encontre de la Chine risquerait également de provoquer des mesures de rétorsion de la part de Pékin », explique CNN.
« Je doute que Trump soit prêt à prendre le risque de déclencher une guerre économique avec la Chine en ce moment », complète auprès du New York Times Edward Fishman, chercheur au Council on Foreign Relations, un think tank américain.
La réaction désinvolte de Pékin aux propos de Donald Trump va dans ce sens. La Chine s’est contentée d’affirmer ce vendredi 21 août que « les sanctions et les pressions ne permettront pas de résoudre le problème », tout en appelant « les parties concernées à prendre des mesures responsables ».
Une guerre toujours plus impopulaire
Les autorités iraniennes semblent aussi avoir compris les tergiversations américaines, et en profitent pour continuer à provoquer Washington. « Le prétendu “D-Day économique” n’est qu’une diversion destinée à masquer la crise que traversent les États-Unis eux-mêmes : une dette sans précédent et des charges d’intérêts en forte hausse », a écrit sur X le ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dénonçant le « terrorisme économique américain ».
Car si la pression économique sur l'Iran est bien réelle, celle qui pèse sur Donald Trump dans son propre pays ne l'est pas moins. Le prix du plein d’essence reste toujours très élevé. Le coût considérable de cette guerre se fait ressentir, que ce soit en termes de munitions mais aussi dans l’épuisement des soldats engagés au front, en témoignent les révélations sur les conditions de vie sur le porte-avions Abraham Lincoln, déployé plus de huit mois.
De quoi rendre ce conflit toujours plus impopulaire dans l’opinion publique américaine, même chez les électeurs républicains. Une très mauvaise nouvelle pour Donald Trump à trois mois des élections de mi-mandat indispensables pour garder sa majorité au Congrès.


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