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Derrière la bataille des salaires, la lutte autour de la rémunération de l’IA

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Publié le 17 août 2026 à 20:11. / Modifié le 17 août 2026 à 20:14. 2 min. de lecture

C’est un rituel. Chaque année, fin août, Travail.Suisse lance la saison des négociations salariales. Pour 2026, le syndicat a revendiqué, ce lundi, une augmentation générale de 2%. «Vous n’y pensez pas?» s’est tout de suite indignée l’Union patronale suisse. Coupant la poire en deux, l’organisation concède une hausse de 1%, alors que le KOF, l’un des plus grands instituts de prévisions économiques du pays, escompte une progression finale de 1,2%.

Magnifique incarnation du partenariat social helvétique, l’exercice peut prêter à sourire. Alors que l’IA commence seulement à bouleverser le monde du travail, il est plus nécessaire que jamais. Les progrès que font miroiter ces technologies sont en effet substantiels. Reste à savoir qui va en récolter les fruits, car cette révolution va exacerber la concurrence que capital et travail se livrent lorsqu’il s’agit de rémunérer les gains de productivité obtenus.

Lire aussi: Les gains de productivité au centre du bras de fer sur les salaires

Des gains de productivité âprement disputés

Les entreprises et les employés suisses ne sont pas les seuls paramètres de cette équation. Si, dans un premier temps, de nombreuses personnes sont devenues plus efficaces en utilisant ChatGPT ou d’autres modèles concurrents, beaucoup se voient désormais limitées dans leur latitude à recourir à ces nouveaux outils en raison de leurs coûts, qui ont explosé. Pourquoi? Parce que les créateurs de ces intelligences artificielles, qui ont levé et emprunté des milliards, doivent monétiser leurs innovations. Dit autrement: les dirigeants d’OpenAI, d’Anthropic ou de X.AI veulent, c’est somme toute assez logique, empocher une partie de la valeur ajoutée qu’ils permettent de créer.

Les grandes entreprises ne rencontreront probablement pas de grosses difficultés à absorber ces augmentations de coûts. Il en va tout autrement des PME – certaines d’entre elles semblent d’ailleurs déjà se tourner vers des solutions chinoises bien moins coûteuses pour contourner cet écueil. A ceux qui s’inquiètent de la protection des données et des informations livrées à ces intelligences made in China, on peut rétorquer que les Etats-Unis ne sont plus depuis longtemps le partenaire fiable fantasmé. Et on se réjouira au moins d’une forme de concurrence qui pourrait permettre aux sociétés suisses de véritablement regagner en productivité.

Se posera ensuite la question de la répartition de ces bénéfices entre employés et actionnaires. Pour ce faire, on peut compter sur les syndicats pour veiller au grain et sur le patronat pour défendre ses intérêts. En notant que si les salaires réels des Suisses ont connu un passage à vide, ils sont repartis à la hausse depuis deux ans.

Lire aussi: La classe moyenne n’existe vraiment plus
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