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Dernière consultation en vue du remplacement du barrage-pont Témiscamingue

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Le barrage‑pont Témiscamingue, qui relie la Ville de Témiscaming à l’Ontario en enjambant la rivière des Outaouais, sera reconstruit entre 2027 et 2030. Des études sont menées depuis 2018 pour évaluer les impacts possibles du projet.

Le public peut maintenant plonger dans le rapport provisoire d’évaluation environnementale mis en ligne par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. Des commentaires peuvent être laissés dans le cadre de cette dernière consultation publique sur le site web de l'Agence.

Le rapport conclut que le projet n’est pas susceptible de causer des effets environnementaux négatifs importants, à condition de respecter les mesures d’atténuation et de suivi. Une consultation publique a eu lieu au printemps 2023 lors du dépôt du résumé de l'étude d'impact environnemental.

19 mètres plus loin

Le promoteur, Services publics et Approvisionnement Canada, propose de construire un nouveau barrage-pont et ensuite, de détruire le barrage-pont actuel.

Le nouveau pont serait situé à 19 mètres en aval de la structure existante, c’est-à-dire qu’il serait reconstruit un peu plus au sud. Deux voies routières seront aménagées, en plus d’un trottoir pour piétons et motoneiges.

Le schéma illustre en mauve le nouveau barrage-pont projeté par rapport à l'actuel.

Le schéma illustre en mauve le nouveau barrage-pont projeté par rapport à l'actuel.

Photo : Capture d'écran du document de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada

Le barrage-pont ne produit pas d’hydroélectricité, mais il contribue à la rétention d’eau nécessaire aux installations hydroélectriques situées en aval, rappelle le rapport.

Sa construction s'étendra sur 30 mois et sa durée de vie prévue est de 75 ans.

Le barrage permettrait de faire face aux changements climatiques en gérant les débits supplémentaires et les précipitations. Le remplacement des poutrelles en bois utilisées dans le barrage-pont existant par des vannes mécanisées s’ouvrant par le bas permettrait de mieux réagir aux événements climatiques particuliers, selon le rapport.

Route menant vers un pont en réfection avec de nombreux cônes et pancartes.

Le pont assure la liaison routière entre la 63 en Ontario et la 101 au Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Quatre options ont été étudiées pour le remplacement de l’infrastructure, dont la construction en amont, en aval (celle privilégiée), la reconstruction partielle ou la construction complète au même endroit. Le scénario choisi est celui qui respecterait davantage l’échéancier et le budget, en plus d’offrir une meilleure durée de vie.

Les Premières Nations concernées par le remplacement de l’infrastructure ont été consultées sur plusieurs aspects environnementaux et historiques.

Impacts pour les poissons

Des répercussions sur l’habitat du poisson sont inévitables dans tous les scénarios, mais le degré d'impact est variable.

Avec le scénario de remplacement en aval privilégié par le promoteur Services publics et Approvisionnement Canada, la perte permanente dans les frayères serait beaucoup plus importante que l’option en amont, surtout pour l’esturgeon jaune.

Des mesures atténuantes seront mises en place pour offrir d’autres possibilités aux poissons.

Les Premières Nations de Kebaowek, de Wolf Lake et de Timiskaming ne consentent pas à l’option de remplacement en aval avec un batardeau en empierrement, car ce dernier serait construit dans une frayère utilisée entre autres par l’esturgeon jaune, une espèce à forte valeur culturelle, et pourrait entraîner des impacts sur leurs droits et leur volonté de veiller à la gestion des terres et de leurs ressources, écrit-on dans le rapport.

Une entrée de l'entreprise forestière RYAM (Rayonier) à Témiscaming.

L'entrée de l'entreprise forestière RYAM (Rayonier) à Témiscaming est située tout juste à côté du barrage-pont. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Le promoteur dit s’être engagé à limiter l’empiétement dans la frayère. Selon lui, le projet n’entraînerait pas de barrière supplémentaire aux déplacements de l’esturgeon jaune et la passe à poisson, si elle est réalisée, pourrait même lui permettre de se déplacer de l’aval vers l’amont du barrage-pont.

Les Premières Nations consultées avaient d’ailleurs voté en 2023 pour la reconstruction en amont du barrage-pont plutôt qu’en aval.

En ce qui concerne la mise en place d’une passe à poissons, quelques scénarios sont toujours à l’étude, dont une passe multiespèces pour le libre passage du poisson ou le maintien d’aucune passe, qui protégerait partiellement contre les espèces exotiques envahissantes, mais ne rétablirait pas le passage.

Les commentaires du public sont acceptés jusqu’au 19 mars.

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