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France 21/12/2025 15:00 Actualisé le 21/12/2025 16:35
Pour enrayer la dermatose nodulaire, le gouvernement a lancé une vaste campagne de vaccination dans le Sud-Ouest, soutenue par les vétérinaires de l’armée.

Armée Française via X
La vaccination des bovins dans le Sud-Ouest doit permettre d’établir un cordon sanitaire avec le reste du pays. Photo fournie par l’armée, ce samedi 20 décembre, d’une vétérinaire vaccinant une vache.
Ils ont enfilé des combinaisons de protection, des gants et des surchaussures par-dessus leurs treillis. Les vétérinaires du service de santé des armées sont arrivés ces derniers jours dans les élevages de bovins du Sud-Ouest de la France. Leur mission : vacciner entre 600 000 et un million de vaches au plus vite, afin de contenir la progression de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie jusqu’ici absente en France.
Face à la progression de l’épidémie, le gouvernement a en effet élargi la semaine dernière la zone de vaccination obligatoire, afin d’établir un cordon sanitaire et de contenir le virus qui se propage rapidement. De premiers résultats ont pu être observés, ce samedi 20 décembre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi annoncé que près d’une vache sur cinq a déjà été vaccinée dans les dix départements concernés du Sud-Ouest.
Trois départements sont prioritaires pour la vaccination : l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. En effet, des cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été recensés récemment dans ces territoires. Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture communiqués par Sébastien Lecornu ce samedi, près de 50 % du cheptel ariégeois, qui compte plus de 70 000 bêtes, a déjà été vacciné.
Les deux autres départements, qui comptent un nombre moins important de bovins, affichent un taux de vaccination très élevé : dans l’Aude, il dépasse 70 %, tandis que les Pyrénées-Orientales peuvent se targuer d’une couverture de 100 %.
Au-delà de ces trois départements, la campagne de vaccination est moins avancée. Un peu moins de 20 % du cheptel a reçu un dose parmi les 80 000 bêtes en Haute-Garonne, près de 30 % dans les Hautes-Pyrénées où le cheptel avoisine les 90 000 bovins. Le taux tourne autour de 10 % dans le Gers et les Pyrénées atlantiques.
Attendre 21 jours avant d’être protégé
Une fois qu’un bovin a reçu le vaccin, il faut attendre 21 jours pour qu’il soit pleinement protégé. Si l’animal est exposé au virus avant ou pendant cette période, il peut donc malgré tout tomber malade. Par ailleurs, même après la vaccination d’un troupeau, certains animaux peuvent rester vulnérables. « Cela peut être dû à un problème technique lors de l’injection ou au fait que l’animal n’a pas répondu correctement au vaccin en raison de ses caractéristiques individuelles », rappelle la préfecture des Pyrénées-Orientales.
L’armée française a partagé sur son compte X plusieurs photos des opérations de vaccination menées par ses vétérinaires. En plus des vaccinations, des opérations de nettoyage et de désinsectisation sont recommandées, afin de limiter au maximum la progression du virus, qui se transmet principalement par des insectes piqueurs, comme les mouches et les taons.
Renforts vétérinaires
La lutte contre la DNC repose sur trois mesures principales : l’abattage systématique des troupeaux dès qu’un cas est détecté, la vaccination et la restriction des déplacements des bovins. Concrètement, lorsqu’un élevage est touché, tous les animaux sont abattus, et les troupeaux voisins doivent être vaccinés en urgence.
Dans le Sud-Ouest, une zone élargie de vaccination obligatoire a été mise en place. L’objectif est de vacciner l’ensemble des bovins d’ici la mi-janvier. Pour y parvenir, des renforts vétérinaires peuvent être mobilisés, venant de l’armée, de vétérinaires retraités ou même d’étudiants, a indiqué la préfecture des Pyrénées-Orientales.
Cette première avancée n’a pas suffi à apaiser la colère des éleveurs. Les syndicats ont poursuivi ce week-end leurs actions, avec notamment des barrages routiers et des déversements de fumier. Les agriculteurs craignent de perdre l’ensemble de leur troupeau si un animal tombe malade et demandent une méthode moins radicale.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vendredi qu’il s’en remettrait aux conclusions des échanges au sein du groupe de dialogue scientifique pour décider d’une éventuelle levée de l’abattage total. « N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus », a-t-il déclaré. Un nouveau rendez-vous entre syndicats et gouvernement est prévu le 5 janvier.


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