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La rhétorique est déjà proportionnelle à l’escalade militaire des coups réciproques, jusqu’à présent calibrés, tandis que les États-Unis et l’Iran poursuivent leurs étranges « négociations » [1]. La phrase du petit-fils de l’ayatollah Khomeini, père de la révolution islamique de 1979, Hassan Khomeini — gardien du mausolée de son grand-père — a une énorme résonnance : il a asséné, péremptoire, que la guerre états-unienne contre l’Iran avait commencé avec le coup d’État [2] – ou putsch de la CIA à travers « l’Opération Ajax [3] » – qui avait renversé le Premier ministre Mohammad Mosaddeq il y a 73 ans (méga-sic !), alors que Mossadegh était le premier ministre souverainiste qui avait nationalisé le pétrole iranien » –
Les bombardements réciproques, entrant dans un schéma "œil pour œil /dent pour dent", font comprendre que la bataille entre les États-Unis et l’Iran débouchera sur le contrôle du détroit d’Ormuz (« Le « Corridor Nord de l’Iran » et le « Corridor Sud d’Oman » qui définissent le contrôle du détroit d’Hormuz », [4]. ».
Cela n’a plus rien à voir avec l’objectif principal de Netanyahou — qui avait fait miroiter les sommets de la gloire au très influençable Trump, qui avait lui-même ignoré l’avertissement de son ancienne directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, et avait choisi de s’en tenir aux hallucinations du Mossad — car Netanyahou ne visait pas à un changement de régime médiatisé, mais à l’impuissance définitive et à la balkanisation de l’Iran (selon la version hébraïque du journal Maariv [5] grâce à une instrumentalisation des Kurdes d’Iran et d’Irak.
L’immense cortège funèbre de l’ayatollah Khamenei a rassemblé 43 millions de fidèles, principalement des jeunes et des femmes, ce qui a consolidé le gouvernement. Une nouvelle révolution souverainiste de jeunes et de femmes en Iran se retrouve-t-elle nouvellement couplée à la révolution islamique ?
Dans une interview mémorable, l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke démystifie le Memorandum d’accord (MoU) en 14 clauses comme n’ayant été qu’une « vulgaire arnaque [6] » dès lors que Trump lui-même a statué lors du récent sommet de l’OTAN à Ankara que le « MoU, c’était terminé ».
Toujours est-il qu’aujourd’hui, Trump, après avoir porté de lourds coups aux infrastructures pétrolières, pétrochimiques et électriques de l’Iran, a laissé échapper que les États-Unis allaient prendre le contrôle du détroit d’Ormuz et seraient payés « beaucoup d’argent pour cela [7] ». On estime que les revenus issus des péages et/ou des frais dans le détroit d’Ormuz, qui devraient échoir à leurs véritables contrôleurs souverains, l’Iran et Oman, s’élèveraient à 1 trillion de dollars par an. Est-ce que l’idée de Trump ne serait pas d’intervenir dans le protocole de l’accord sur la souveraineté du détroit d’Ormuz entre l’Iran et Oman pour prendre sa part ?
Les États-Unis se trouvent à 10 300 kilomètres du détroit d’Ormuz, dans les entrailles du golfe Persique, où Washington comptait 50 000 soldats militaires et 19 bases militaires, tandis que l’Iran dispose souverainement de 1 400 kilomètres de côtes dans le golfe Persique. À la suite de la rencontre entre Trump et Erdoğan lors du sommet de l’OTAN, selon Alastair Crooke, la Turkiye « va jouer un rôle plus important » au Liban, en collaboration avec son allié, le controversé président intérimaire de la Syrie, Al-Jolani/Al-Charaa, à qui Trump a pardonné à Ankara son passé « terroriste » notoire, et qui aurait dû être capturé, ce pour quoi les États-Unis promettaient une récompense de 10 millions de dollars.
Alastair Crooke sous-estime la question de l’acquisition des avions « de rêve » F-35, que la Turkiye avait déjà payés d’avance [à hauteur de 1,4 milliard de dollars], et il considère que leur valeur militaire est très exagérée dès lors qu’ils ont cessé d’être « furtifs » depuis l’invention par l’Iran d’un système radar infrarouge [rappelons qu’il s’agit d’un projet bloqué depuis qu’Erdoğan avait acquis des S400 russes, ce qui avait déclenché de nouvelles sanctions US contre la Turkiye].
Alastair Crooke définit la Turkiye comme un « pays des Frères musulmans [8] » — avec une base militaire au Qatar — et ne croit pas qu’Erdoğan remettra les systèmes défensifs russes S-400 à l’une des six pétro-monarchies arabes du golfe Persique [comme l’exige Trump]. Il critique également Erdoğan en le qualifiant de « caméléon » qui « a habilement joué avec Poutine »
La régionalisation de la bataille pour le détroit d’Ormuz (il faut prêter attention par exemple à la collision de l’Arabie saoudite avec les Yéménites d’Ansaralah), sur le point d’atteindre le détroit de Bab-el-Mandeb, force maintenant le président Erdoğan à choisir sa position entre Trump et Poutine.
Source
La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.


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