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Le 26 juillet 2026, l’usine agro-alimentaire DENKY a été inaugurée en grande pompe dans l’arrondissement de Bangou, en présence du ministre du Commerce Magloire Mbarga Atangana. Beau tableau. Sauf qu’au moment de poser la plaque inaugurale, la promotrice Lisette Claudia Tame a fait un choix qui ne passe pas : elle y a fait figurer le nom du chef Bandenkop, alors qu’un litige foncier actif oppose ce groupement à celui de Bangou sur le terrain même de l’entreprise.
Le couac est survenu dès le début de la cérémonie. Le présentateur situe le site dans Bandenkop. Les notables de Bangou réagissent immédiatement : « ici, c’est Bangou », lancent-ils. Un silence. Le maître de cérémonie reprend, plus prudemment. Dans son discours, Lisette Claudia Tame elle-même appelle à « définitivement faire taire cette polémique qui concerne l’emplacement de cette société ». Des mots d’apaisement. Trois hectares du territoire disputé ont été octroyés à DENKY, sur un espace revendiqué à la fois par le quartier Dengou, côté Bandenkop, et le quartier Mbété, côté Bangou.
Elle demande à tout le monde d’apaiser le débat, et elle grave le nom de Bandenkop dans le marbre. Franchement.
Ce geste, discret en apparence, est une prise de position dans un conflit foncier dont elle connaît l’existence. Une promotrice qui construit « sur le sol de ses ancêtres » n’ignore pas les contours du litige. Faire figurer un seul des deux groupements sur la plaque officielle, en présence de deux ministres et de représentants des institutions, c’est peser dans un débat territorial qu’elle prétendait vouloir dépasser.
Un projet solide, la crédibilité de Lisette Claudia Tame entamée
L’entreprise, elle, est réelle. DENKY prévoit de transformer chaque année 500 tonnes de maïs, 5 000 tonnes de sucre, 300 tonnes de plantain et de pommes de terre, 200 tonnes de fruits et autant de viande de porc. Elle devra générer 150 emplois directs et 200 indirects, sur 5 000 m² de lignes de production. C’est la troisième usine du groupe META INVEST S.A., dirigé par Lisette Claudia Tame. Le projet a de la consistance.
Mais deux points restent flous. Le coût financier de l’investissement n’a pas été communiqué. Et l’usine n’est pas encore raccordée au réseau SOCADEL, ce qui pourrait, si la situation dure, alourdir sensiblement les charges d’exploitation.
On ne sait pas encore comment ce litige foncier évoluera. Ce qui est sûr, c’est que la façon dont il a été géré le jour de l’inauguration a dit quelque chose sur la méthode de la promotrice. Et pas forcément ce qu’elle voulait dire.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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