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Les autorités sanitaires recommandent désormais de réaliser un test diagnostic en cas de fièvre et douleur inexpliquées, même sans notion de voyage dans une zone d’endémie.
Passer la publicité Passer la publicitéUne « priorité de santé publique », qui le sera de plus en plus à la faveur du réchauffement climatique : la surveillance des maladies autrefois jugées tropicales que sont la dengue, Zika et le chikungunya se fait chaque année de plus en plus sévère à l’approche de l’été. Passées, comme l’an dernier, en « surveillance renforcée » début mai et jusqu’à fin novembre, les autorités sanitaires viennent d’y ajouter un cran supplémentaire : « Face à un tableau clinique évocateur (...) il est essentiel d’évoquer ces diagnostics et prescrire les examens biologiques préconisés, et ce, y compris en l’absence de voyage en zone à risque », préconisait vendredi la Direction générale de la santé (DGS). L’an dernier, il s’agissait d’« évoquer » le diagnostic (et si besoin prescrire un test) lorsque les symptômes étaient « associés à un antécédent de séjour (date de retour inférieure à 15 jours) en zone de circulation du virus ou de la notion d’un cas dans l’entourage ».
Pourquoi une telle vigilance ? Parce que le moustique tigre, vecteur de dengue, Zika et chikungunya, est désormais installé dans la quasi-totalité de la métropole. Les autorités sanitaires craignent donc que ces virus ne s’y installent durablement et circulent de façon importante. Ce n’est pas encore le cas, et la survenue de cas autochtones (c’est-à-dire, des infections contractées en métropole) « est très souvent liée à une absence de diagnostic, une sous-déclaration ou à une déclaration tardive des cas », ceux importés (c’est-à-dire contractés ailleurs que sur le territoire) permettant l’infection des moustiques locaux. Chaque foyer d’arbovirose identifié doit faire l’objet de mesures pour éviter que le virus en cause ne se propage, à commencer par une démoustication locale.
«Un nombre important de cas importés »
« Le début de la saison 2026 est marqué par un nombre important de cas importés de dengue et de chikungunya en France métropolitaine, augmentant le risque d’apparition de cas autochtones », précise la DGS : on compte environ 500 cas confirmés de dengue et 50 cas confirmés de chikungunya importés en France hexagonale depuis le début de l’année. C’est certes moins qu’à la même époque en 2025 (au 20 mai, 1 275 cas importés de dengue et 950 de chikungunya), mais des épidémies très importantes sévissaient alors, aux Antilles pour la première, à la Réunion pour le second.
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En pratique, les soignants doivent penser à ces arboviroses « devant tout syndrome fébrile et algique, en l’absence d’autre signe d’appel infectieux ET sans autre diagnostic y compris SANS la notion de séjour en zone de circulation des virus », indique le DGS urgent diffusé vendredi. Les principaux symptômes de ces maladies ne sont pas très spécifiques : une fièvre d’apparition brutale, des douleurs musculaires et/ou articulaires, des maux de tête, et des éruptions cutanées.
Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique est fait par prélèvement sanguin, en fonction de la date de début des symptômes : l’analyse est menée par RT-PCR (pour rechercher la présence des virus eux-mêmes) jusqu’à 5 jours après le début des signes ; au-delà de 7 jours, on recherche la trace des anticorps développés par le patient (IgG et IgM spécifiques) avec un prélèvement de confirmation au moins 10 jours après le premier ; si l’analyse est faite entre 5 et 7 jours après le début des symptômes, les deux techniques doivent être utilisées en parallèle. La DGS précise que « la technique PCR est disponible au sein de l’ensemble des laboratoires publics et privés du territoire », mais que « les analyses sérologiques sont à réaliser au CNR des arbovirus Marseille ».
Chaque cas confirmé doit être déclaré « via le Portail de signalement des évènements sanitaires indésirables» (PSIG) » . Les soignants doivent par ailleurs transmettre à l’Agence régionale de santé dont ils dépendent des informations nominatives sur leurs patients diagnostiqués, et ce « au plus tôt pour permettre à l’ARS de mettre en œuvre des investigations et des mesures de lutte antivectorielle adaptées pour limiter le risque de propagation, et de rappeler les messages de prévention auprès des patients infectés ».


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