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Les données d'état civil compilées par l'Insee sont formelles, et éclairantes : chaque année, c'est le 3 janvier qui se révèle être la date la « plus meurtrière » du calendrier. Mais on meurt moins le week-end qu'en semaine, ce qui pourrait atténuer ce record cette année.
J. C. - Aujourd'hui à 08:00 - Temps de lecture :
Faites attention samedi... Selon l'Insee, c'est immuable : on meurt plus l'hiver que l'été, mais surtout la mortalité du 3 janvier est supérieure à celle de tous les autres jours du calendrier, selon les chiffres 2004-2023 de l'état-civil. Et ce, quel que soit le jour de la semaine concerné. En 2023, quelque 639 300 personnes sont décédées en France. Beaucoup moins qu’en 2022, année marquée par cinq vagues de Covid successives et plusieurs canicules. Mais bien plus que sur la période 2004-2023, vieillissement de la population oblige.
En 2024, la mortalité est d'ailleurs repartie à la hausse : 643 200 décès (+0,3%). Pour 2025, les données s'arrêtent en août mais confirment la hausse. Janvier 2025, marqué par une grippe très virulente, dépasse largement les 70 000 morts - une première - soit 6000 de plus qu'un an plus tôt. Et ces décès n'ont rien de régulier. Si, sur 20 ans, un peu plus de 1600 personnes meurent chaque jour (1764 pour la seule année 2024), en hiver ce chiffre grimpe autour de 1800 : « Les mois d'hiver ont été les plus meurtriers, avec une surmortalité de +9 % en décembre, +14 % en janvier, +12 % en février et +6 % en mars », note l'Insee, qui évoque comme principale explication la circulation des virus saisonniers.
Année après année, on meurt nettement plus le 3 janvier que n'importe quel autre jour. Photo d'illustration Sipa
Plus étonnant est ce pic, invariable, le 3 janvier : toujours sur la même période de 20 ans, un « excès de mortalité » de près de 20% est systématiquement observé par rapport à la moyenne annuelle, avec plus de 1900 morts - plus de 2000 ces dernières années. Mais pourquoi ? L'insee avance des raisons très « personnelles », présentées comme volontaires : « Le désir de passer ces fêtes avec des proches, ainsi que celui d'atteindre une nouvelle année pourrait retarder la survenue du décès des personnes en fin de vie et expliquer en partie ce pic », détaille l'agence statistique.
On meurt moins le week-end
Plus prosaïquement, l'Insee liste parmi d'autres explications, que « cette période correspond à une reprise des opérations chirurgicales programmées » après la trêve des confiseurs. Les conséquences des excès des fêtes de fin d'année et des nombreux déplacements au retour des congés peuvent aussi participer à ce surcroît de mortalité.
Reste qu'en 2026, les chiffres pourraient être « meilleurs » : selon les mêmes chiffres d'état civil, l'Insee constate que le mardi est le jour le plus mortifère de la semaine, à l'opposé du samedi (-1%) et du dimanche (-3%), jours qui enregistrent le moins de décès.
Or le 3 janvier 2026 tombera un samedi... et un dimanche en 2027. Mais pas de quoi compenser l'excès de 20% observé à cette date. A noter que les plus de 30 ans - chez qui les décès restent rares, et souvent accidentels - meurent au contraire beaucoup plus le week-end que le reste de la semaine.
On meurt aussi plus... le jour de son anniversaire !
C'est établi : on meurt plus le mardi (+1,2%) que le samedi (-1%) et surtout le dimanche (-2,7%). Les décès sont aussi moins fréquents les jours fériés.
Plus surprenant : le risque de mourir le jour de... son propre anniversaire est beaucoup plus élevé que n'importe quel autre jour dans l'année. De 1994 à 2023, la moyenne des décès ce jour-là était supérieure de 6 % à la moyenne de la période. Le risque augmente légèrement plus pour les hommes (+7 %, contre +6 % pour les femmes) et fortement pour les jeunes et les adultes de 18 à 39 ans (+21 %).
Mais cela reste vrai quelle que soit la tranche d'âge : le « surrirsque » est de 29% chez les centenaires ! Et cela s'observe aussi à l'étranger. Avec plusieurs hypothèses : accidents de la route, chutes et accidents cardiovasculaires sont plus fréquents ce jour-là en Suisse comme aux Etats-Unis, ce qui pourrait s’expliquer par des excès (alcool, fatigue due à la fête…). Au Japon, on constate également une hausse des suicides ce jour-là.
L'été moins meurtrier, malgré les canicules
Et l'été, alors ? On y meurt (beaucoup) moins. C'est même le 15 août que « tombe » traditionnellement le jour le moins meurtrier de l'année, avec une moyenne de 1450 décès entre 2004 et 2023. « Les mois d'été (juin, juillet, août et septembre) ont été les moins meurtriers, avec une sous-mortalité de -8 % ou -9 % par rapport à l'ensemble de la période, ce qui s'explique notamment par une moindre circulation des virus saisonniers », note l'Insee.
Cette saisonnalité est aussi vraie pour les personnes âgées qui, malgré les canicules (des épisodes souvent assez courts), meurent moins l'été que l'hiver. À l'inverse, les plus jeunes (1-17 ans) connaissent une surmortalité en juillet (+11 %) et les 18-29 ans en juin (+3 %), juillet (+7 %) et août (+6 %) contre 1 % des décès de l'ensemble de la population. Mais ces derniers chiffres sont peu significatifs : dans ces tranches d'âge, les décès restent peu fréquents.


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