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La Ville de Rivière-du-Loup et la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup demandent officiellement à la vérificatrice générale du Québec, Christine Roy, d’enquêter sur ce qu'elles considèrent comme « un cas grave de mauvaise gestion et d’utilisation inappropriée des ressources publiques » dans le cadre du déménagement du port d’attache de la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon vers Cacouna.
On ne demande pas une révision de la décision politique. On est ailleurs dans le travail avec la vérificatrice générale du Québec, on est dans un principe d’examen indépendant, explique la directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, Claudette Migneault.
L’argumentaire se résume en quatre points, étayés dans une lettre de cinq pages adressée à la vérificatrice générale du Québec et signée par le maire Mario Bastille et la PDG de la chambre de commerce, Claudette Migneault.
Le premier concerne une planification qualifiée de défaillante par la Ville et la chambre de commerce. Elles citent en exemple l’abandon de l’implantation d’installations temporaires au quai de Cacouna par la Société des traversiers du Québec, dont la facture s’élevait à 34 millions de dollars.
Ces infrastructures devaient permettre au NM Saaremaa I d’accoster au port de Gros-Cacouna en 2028. Le service de traverse demeurera finalement à Rivière-du-Loup jusqu’à la fin du chantier, prévue en 2031.
Un manque de transparence dénoncé
Au cours des derniers mois, tant la Ville de Rivière-du-Loup que la chambre de commerce ont aussi dénoncé une opacité décisionnelle et un manque de transparence dans ce dossier. Il s’agit du deuxième point de leur argumentaire, qui cible principalement la Société des traversiers du Québec (STQ) et la Société québécoise des infrastructures (SQI).
Comment se fait-il que les seuls documents auxquels on a accès soient caviardés? Dans d’autres projets d’infrastructures au Québec, dont le troisième lien, on voit que les études sont rendues publiques, renchérit Mme Migneault. On a payé des études, mais on ne peut pas y avoir accès. On s’est fait dire que le NM Trans-Saint-Laurent était en fin de vie. Finalement, on va le garder jusqu’en 2031. Je pourrais vous revenir avec plein d'exemples comme ça.
La Ville de Rivière-du-Loup et la chambre de commerce soulignent que l’Autorité des marchés publics a ouvert une enquête sur un contrat de gré à gré accordé par la SQI pour des travaux de caractérisation du fond marin, dans le cadre du projet de nouveau terminal portuaire à Cacouna.
Dans leur lettre conjointe de demande d’enquête, elles rappellent finalement que la STQ avait fait l’objet d’un rapport du vérificateur général pour l’année 2014-2015, qui avait formulé une douzaine de recommandations en lien avec sa gouvernance et l’organisation de ses services. Selon la Ville et la chambre de commerce, les mêmes problèmes persistent.
On faisait état d'un certain nombre de préoccupations à l'égard de cette société d'État. Force est d'avouer que, dix ans plus tard, on est encore avec des constats similaires, ou très près de ce qui avait été énoncé, déplore Mme Migneault.
La ministre Amélie Dionne défend son gouvernement
La Société des traversiers du Québec n’a pas souhaité commenter la démarche de la Ville de Rivière-du-Loup et de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup.
En entrevue à l’émission Info-réveil mardi matin, la ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent, Amélie Dionne, n’a pas souhaité commenter la demande d’enquête adressée par Rivière-du-Loup et la chambre de commerce. On a vraiment un problème de niveau d’eau à Rivière-du-Loup. Si on veut assurer la permanence de la traverse pour les années à venir, je pense que c’était la meilleure décision, a-t-elle dit.
Elle a défendu la position du gouvernement du Québec et la décision du conseil des ministres. Je tiens à réitérer que le cheminement du dossier a été réalisé conformément aux directives de gestion des projets majeurs d’infrastructures, ajoute Amélie Dionne.
Une copie de la lettre de demande d’enquête adressée à la vérificatrice générale du Québec a aussi été envoyée à plusieurs élus, dont les deux candidats à la chefferie de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette et Bernard Drainville, de même qu’au chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, et au chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard.


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