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Si la puissance des incendies n’atteint pas celle de la saison 2023, qui avait été dévastatrice, de nouveaux records pourraient tout de même être battus cette année, notamment à cause de faibles précipitations dans une partie du pays.

Le feu de forêt de French Bar Creek au nord ouest de Cache Creek, en Colombie-Britannique (Canada), le 17 juillet 2026. Le feu de forêt de French Bar Creek au nord ouest de Cache Creek, en Colombie-Britannique (Canada), le 17 juillet 2026.

Avec près de 900 incendies actifs en date du lundi 20 juillet, et déjà plus de 3 millions d’hectares ravagés par les flammes, soit une superficie équivalente à celle de la Belgique, le Canada est confronté à une nouvelle saison des feux de forêt décrite comme « l’une des plus intenses de l’histoire » par le premier ministre, Mark Carney.

Depuis le début de l’été, les incendies ont d’ores et déjà touché la quasi-totalité des provinces et territoires canadiens. Les plus importants, situés en Ontario, ont imposé l’évacuation d’une dizaine de localités et ont répandu d’épais nuages de fumée, jusqu’à vers la côte est des Etats-Unis.

Si les précipitations des derniers jours ont permis de réduire légèrement la cadence de propagation des flammes, plus de 200 feux restaient, lundi, hors de contrôle à travers le pays. Plus de 5 000 pompiers et 300 camions-citernes sont mobilisés pour les combattre, ainsi que l’armée canadienne.

Renforts internationaux

Samedi, les Etats-Unis et la France ont également envoyé des « ressources » afin de « faire face à la charge de travail importante » dans le nord-ouest du Québec, selon les autorités locales.

En dépit de ces importants moyens, il est « irréaliste de penser que l’on aurait assez de pompiers pour éteindre tous ces feux », dont la plupart, situés dans des zones reculées, sont inaccessibles par la route, a déclaré à l’Agence France-Presse Yves Bergeron, professeur au Centre d’étude de la forêt de l’université du Québec à Montréal. « L’important » est de « protéger les villages, les infrastructures », précise le professeur, qui craint de nouvelles évacuations de zones habitées.

Avec ses 270 millions d’hectares, qui composent 28 % de la zone boréale mondiale, la forêt boréale canadienne est naturellement touchée par des feux de foudre qui se répandent rapidement par les cimes, rendant leur contrôle peu aisé.

« Contrairement aux forêts californiennes, où l’on peut intervenir de façon préventive en faisant de l’éclaircie [opération d’entretien et de nettoyage des arbres], on ne peut agir sur les forêts boréales, très fermées », affirme Yves Bergeron.

Le risque de nouvelles évacuations

Ces arbres, qui ont « besoin de perturbation naturelle comme les incendies », selon le ministère de l’environnement canadien sur son site, souffrent néanmoins des feux très intenses à répétition, qui les empêchent de se régénérer.

Chaque année, entre 0,5 % et 1 % de la forêt canadienne brûle, précise Yves Bergeron. Et les vagues de chaleur, les faibles précipitations et les sécheresses contribuent à l’intensification de ces violentes saisons des incendies. « Il y a une vraie inquiétude que la forêt devienne moins résiliente avec les changements climatiques », souligne-t-il.

Si la puissance des incendies n’atteint pas celle de la dévastatrice saison 2023, durant laquelle 18 millions d’hectares étaient partis en fumée, la saison actuelle pourrait néanmoins battre de nouveaux records, notamment à cause des faibles précipitations prévues dans le nord et l’ouest du pays. En outre, la présence de feux plus au sud, à proximité de localités, pourrait imposer aux autorités canadiennes d’ordonner de nouvelles évacuations, comme ce lundi, en Ontario.

« A l’avenir, il faudra agir sur la prévention, en évitant par exemple que les villages soient entourés de forêts » déclare Yves Bergeron, en préconisant une adaptation humaine à ces incendies qui risquent de s’intensifier d’année en année.

Le Monde avec AFP